Analyse : B’ il a dit…

B’il a dit et redit des tas choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. La Mauritanian Airlines International ( M.A.I) a, semble-t-il, selon une source interne au sein de la boîte, déjà coûté pas moins de 75 millions de dollars au contribuable mauritanien.

ely_hassena_mai_dgLa MAI continue tout de même de voler, de faire voler et envoler le président de la République, le premier voyageur du pays, le premier volant, pour rester dans le gérondif, et, au passage, faire voler en éclats les maigres ressources de la Nation. Si en tout cas, les appareils de la MAI essaient de voler très haut, son administration, quant à elle opte pour les basses altitudes.

Elle vole très bas, hélas, tellement bas qu’elle refuse de croire aux droits des employés, en matière de liberté syndicale. Brahim Ould Seyidi, Seydou Ba et cinq autres employés de la direction technique se sont vus exiler par une affectation lointaine puisque, tout simplement, ils ont soutenu le pestiféré candidat de la CGTM, au sein de la boîte, Moulay Zein.

La MAI est dirigée, aujourd’hui, par celui qui fut ministre de la pêche dans le premier gouvernement putschiste, août 2008. On s’en souvient, le très ambitieux Hassenna, qui, le 24 janvier 2009, lui, et son homologue sud africain ont signé, à Prétoria, rapportait l’agence mauritanienne d’informations, dans ce qu’elle rapportait et rapporte, toujours, ‘’une convention d‘investissement aux termes de laquelle le groupe Salene Fishing Limited, appartenant à des privés sud africains, investira 120 millions de dollars pour l‘implantation d‘une usine de traitement de poisson à Nouakchott.’’

Dans ce qu’il a présenté comme ‘’un bond qualitatif de coopération entre la Mauritanie et l’Afrique du Sud,’’ convention vise l‘établissement d‘une usine de conserve de poisson au niveau de la capitale composée d‘un quai pour accueillir les navires et d‘un certain nombre d‘unités industrielles pour la conservation du poisson et leurs huiles et des unités de fabrique de la farine de poisson et des huiles. Il n’allait pas s’arrêter là, tout de même, Hassenna. Il a même dit ce qu’en disait le document officiel de la convention qui, selon lui, ‘’spécifie que cette usine doit offrir des opportunités d’emploi pour quelque 1700 femmes mauritaniennes’’.

L’usine en question, le quai, le poisson, sa farine et ses huiles, l’emploi pour 1700 femmes, tout cela n’a jamais dépassé les dires de l’ancien ministre des pêches et de l’économie maritime. Tout cela ne verra jamais le jour. Ni la nuit. Il ne verra strictement rien du tout. Et le bond en avant de la coopération entre l’Afrique du Sud et notre pays, allait se négocier en arrière. Un bond à reculons. Depuis lors, l’ancien ministre préfère le bond dans les airs. C’est, sans doute, à ce titre que le président lui a confié la direction général de la MAI.

Pas de poissons, ni farine, ni huile. Et, l’emploi des femmes mauritaniennes, on lui préfère désormais, à l’époque des bonds dans les airs, la cooptation de pilotes étrangers. Etrangers, mais proches, tout de même, du Mali voisin. Plus proche que les sud-africains, certes, mais plus loin, quand même, que les pilotes nationaux mis en chômage. Keita Hamidou Léo, commandant de bord et son compatriote, maliens, Tall Brahim, commandant de bord, également, attendent, ici, en Mauritanie, la signature de leur contrat d’embauche. C’est une question de formalité. Ils attendent l’arrivée de l’instructeur marocain, Mengouchi Mohamed, qui prendra en charge leur instruction.

Entre temps, la MAI pourrait bien continuer à dédire le président de la République. Lui qui a dit, dans ce qu’il a dit, pour justifier son putsch contre Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, que ce dernier ne cessait, tout au long de son règne, d’opérer des voyages inutiles et coûteux.

B’il a dit et redit des tas choses. B’il a dira et redira des tas d’autres choses. Hammada Ould Bouchraya, on en a beaucoup parlé ces derniers jours. Hammada est devenu célèbre, depuis quelques temps, chez nous. Mais, il était déjà célèbre. Tellement célèbre que son défunt frère Hmeïda Ould Bouchraya allait donner son nom à son fiston. Le jeune Hammada Ould Hmeyda Ould Bouchraya. On s’en souvient. Enfin la police mauritanienne, en charge de la lutte contre le trafic de la drogue, s’en souvient.

La Guardia Civil Espagnole, aussi, s’en souvient. C’était, en 2007, un élément de la Guardia Civil Espagnole, a pris contact avec ce jeune Hammada, neveu de Hammada, le vrai, le Consul, l’homme d’affaires, très en vogue en Mauritanie. L’infiltré de la Guardia Civil s’était présenté, au jeune, sous une fausse identité ; celle d’un dealer, peut-être, ou un trafiquant de drogue, qui espère en acquérir. Le jeune disposait visiblement de la bonne marchandise : La cocaïne.

Avec un autre jeune partenaire mauritanien, complice dans cette affaire, les deux ont été appréhendés par l’élément infiltré de la Guardia Civil et remis à la police mauritanienne. Pris en flagrant délit, il ne sera jamais devant une quelconque juridiction. Il sera, à la stupéfaction de la Guardia Civil et les autorités diplomatiques espagnoles en Mauritanie, mais à la satisfaction de quelque personnalité sécuritaire agissante, libéré. Son complice, aussi.

B’il a dit et redit des tas choses. B’il a dira et redira des tas d’autres choses. Sur l’affaire Aziz/Bouamatou, on n’entend pas beaucoup les voix de la majorité présidentielle. On cherche la paix avec Aziz et on n’espère pas perdre les largesses de la part de Bouamatou, murmure un éminent membre de la majorité. Contrairement aux affaires qui ont opposé Aziz à ses ennemis de circonstance, seuls les soutiens de Bouamatou sont visibles. Sur la toile, sur les forums sociaux, facebook.com et autres, des groupes de sympathisants se forment autour d’appellations du genre ‘’ On est tous Bouamatou’’, ‘’Libérez Debagh’’…etc.

En dehors de quelques pseudonymes, qui commentent les articles de presse repris sur Cridem.org et autres anonymes, sur les forums sociaux, aucune identité affirmée ne souhaite, visiblement, défendre le président de la République. On ne s’affiche pas vraiment du côté du pouvoir. On ne le déclare pas tout de même à haute voix. C’est comme si le combat mené par Aziz s’assimile, aux yeux de sa majorité, à une affaire personnelle. Pourtant, la BCM, en tant qu’institution s’est alignée en faveur de celui qu’elle considère l’homme fort du pays.

Tijani Ben Houssein, de Star-Oil, seul, a réagi à l’accusation d’opportunisme exprimée par Bouamatou dans son communiqué. La guerre entre les deux cousins continue. Les jours à venir verraient, pensent certains analystes, des manifestations plus exprimées, plus ouvertes de la part de la part de la majorité. On verra bien d’ici-là.

B‘…

Source : RMI Biladi (Mauritanie)

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