Avis de coup de vent…

C’est fait. Mohamed Ould Abdel Aziz président de la République a réalisé un de ses plus grands rêves, qui le hantait depuis 2008, année où il est parvenu au pouvoir, suite à son coup d’Etat contre le président élu, Sidi Ould Cheikh Abdallahi : virer Mohamed Salem Ould Merzoug du haut commissariat de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS).

AzizomvsMerzougCertes, le commissaire avait achevé son mandat depuis longtemps mais les pays-membres de l’OMVS le laissaient à son poste, convaincus par les compétences de l’homme, son capital relationnel et la confiance des bailleurs de fonds.

Mais Mohamed Ould Abdel Aziz n’avait de cesse de remuer ciel et terre pour emmener ses pairs sénégalais, malien et guinéen à un 15ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays membres de OMVS à l’issue duquel Ould Merzoug pourrait être remplacé par un « diable » du Mali ou de la Guinée, peu importe : l’essentiel était de virer ce hartani dont la renommée le dérangeait sérieusement.

C’est donc à la demande insistante de la Mauritanie que ce sommet extraordinaire a regroupé, pour la première fois, les quatre chefs d’Etat concernés. Une insistance liée, ont commenté plusieurs observateurs, « à la volonté du président Ould Abdel Aziz d’inscrire la présence de la Mauritanie au sein de l’OMVS dans le vaste champ des actions et réformes qu’il mène, tous azimuts, depuis son accession au pouvoir ».

Sans complaisance ni cynisme, Ould Merzoug est un des rares cadres mauritaniens dont les compétences et la gestion rationnelle des hommes ne sont plus à démontrer, mais il a, aux yeux d’Ould Abdel Aziz, une « tare » rédhibitoire : c’est un hartani et fier de l’être.

Un quasi « crime » qui lui a valu de devenir la cible privilégiée d’Ould Abdel Aziz dont le mépris à l’encontre cette communauté est un secret de Polichinelle : L’incarcération d’Ahmed Ould Khattri (qui bénéficia d’une liberté totale après son procès), la détention de Cheikh Ould Maouloud et son « oubli » sans procès en prison, l’arrestation de Biram Ould Dah Ould Abeïd et sa séquestration de quelques mois, le limogeage de Bahah Ould Hmeïda du ministère de la Justice, pour les beaux yeux d’Ould Ghailany et j’en passe…

Aujourd’hui, c’est Mohamed Salem Ould Merzoug qui fait les frais – c’est le moins que l’on puisse dire – de l’acharnement inouï de Mohamed Ould Abdel Aziz, contre la communauté haratine dans son ensemble. Comment expliquer autrement cette persévérance de la Mauritanie à évincer Ould Merzoug, au profit d’un guinéen secondé d’un malien ? Mais la victoire dont se réjouit, sans doute, Ould Abdel Aziz ressemble fort à l’ouverture d’une nouvelle boîte de Pandore… Et qui sème le vent…

Jiddou Ould Hamoud

Source : Le Calame

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