Droits de l’Homme au Sahara occidental: l’ONU adopte une résolution modérée

New York (Nations unies) – Le Conseil de sécurité a encouragé jeudi le Maroc à mieux respecter les droits de l’Homme au Sahara occidental mais sans Conseil de sécurité de l'ONU pendant le votecharger la mission de l’ONU sur place d’enquêter dans ce domaine comme le voulait Washington.

La résolution adoptée jeudi à l’unanimité encourage les parties à poursuivre l’action qu’elles mènent chacune pour renforcer la promotion et la protection des droits de l’homme au Sahara occidental et dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie).

Le Conseil se félicite à cet égard des mesures que le Maroc a prises pour renforcer les commissions du Conseil national des droits de l’homme à Dakhla et Laâyoune, les deux principales villes du Sahara occidental).

Comme tous les ans, la résolution prolonge le mandat de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso), jusqu’au 30 avril 2014. Les Etats-Unis avaient d’abord présenté un texte qui, pour la première fois, chargeait la Minurso de surveiller et de faire un rapport sur le respect des droits de l’homme, au grand dam des Marocains.

Ceux-ci avaient réagi très vivement, allant jusqu’à reporter sine die un exercice militaire conjoint. Un diplomate à l’ONU a évoqué une intervention décisive du roi du Maroc Mohammed VI qui a envoyé une lettre au président américain Barack Obama. Finalement Washington a renoncé à inclure les droits de l’Homme dans le mandat de la Minurso, une des rares missions de l’ONU dans le monde sans mandat dans ce domaine.

Le Maroc a annexé le Sahara occidental en 1975, au départ du colonisateur espagnol. Le Front Polisario a pris les armes pour obtenir l’indépendance jusqu’à ce que l’ONU impose un cessez-le-feu en 1991. Le Polisario, appuyé par l’Algérie, réclame un référendum d’auto-détermination, alors que le Maroc propose une large autonomie.

La résolution souligne l’importance d’avancer dans les négociations, actuellement dans l’impasse, afin de contribuer à la stabilité et à la sécurité dans la région du Sahel. Elle demande à toutes les parties de coopérer pleinement aux opérations de la Minurso et de garantir la liberté de mouvement et de communication de son personnel.

Le Conseil réaffirme son soutien à Christopher Ross, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. M. Ross, un temps désavoué par le Maroc l’an dernier, vient d’effectuer une tournée dans la région.

Depuis quelques années, le renouvellement du mandat de la Minurso donne lieu à des débats sur les droits de l’Homme, des ONG et un envoyé spécial de l‘ONU ayant accusé les Marocains de torturer des militants sahraouis qui luttent pour l’indépendance du territoire. L’an dernier, la résolution soulignait qu’il est important d’améliorer la situation des droits de l’Homme mais réclamait aussi des mesures indépendantes et crédibles dans ce sens, formule qui n’apparaît pas dans le texte voté jeudi.

Celui-ci est plus faible que l’an dernier, estime un diplomate, qui explique que les Etats-Unis se sont attaqués à un sujet extrêmement sensible pour Rabat et qu’ils ont dû capituler en rase campagne. Le Maroc est désormais prévenu qu’on va surveiller de près son respect des droits de l’Homme, nuance le directeur pour l’ONU de Human Rights Watch Philippe Bolopion. Les Etats-Unis, estime-t-il, doivent continuer de faire pression pour étendre le mandat de la Minurso et leurs alliés devraient les soutenir.

Saluant l’initiative louable de Washington, le réprésentant du Front Polisario à l’ONU Ahmed Boukhari a affirmé que l’extrême hostilité manifestée par le Maroc en réaction tend à prouver que des violations graves des droits de l’Homme ont lieu et que le gouvernement marocain veut les dissimuler.

AFP

Source : AFP 

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