L’argent, oracle de nos consciences ?

GABEGIE-ARGENT
La Tunisie a entamé un débat qui peut durer assez longtemps le thème étant très controversé : doit-on ou pas abolir la peine de mort ! Le président Marzouki a déjà pris position, en tant qu’ancien défenseur des droits de l’homme il se doit d’être pour l’abolition, par conviction ou par opportunisme ?

Je ne me permettrais pas de trancher… Beaucoup de tunisiens disent être pour mais une quantité non négligeable estime encore contre toute logique que l’exécution de cette peine reste la punition suprême !

Chiffres à l’appui les adeptes de l’abolition argumentent que dans les pays ou la peine de mort est encore dans la loi, la criminalité n’est pas moindre qu’ailleurs probablement parce que les criminels croient que eux ne se feront pas prendre…

Les esprits s’échauffent et les déclarations fusent entre les « pour » et les « contre » La présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates une Pédopsychiatre déclare qu’elle ne peut admettre l’idée qu’un être humain puisse se donner le droit d’ôter la vie à son prochain.

L’ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme soutient avec une certaine logique que l’abolition de cette peine évite d’envoyer des innocents à la mort en cas d’erreur judiciaire. Le président d’Ennahdha «Une âme pour une âme. celui qui menace la vie d’autrui doit savoir que sa vie est aussi menacée » déclara-t-il en Avril 2013, sur France 24

Le grand Mufti de la république en Tunisie a sur le sujet une attitude que malgré le respect que je lui dois, je ne peux comprendre !… Dans une prise de position en langue arabe.

Il explique les fondements religieux de l’institution de la peine capitale, tout en faisant remarquer qu’il est loisible aux héritiers de la victime (ou à celle-ci si elle peut l’exprimer avant de rendre l’âme) d’accorder leur pardon et de se contenter d’une contrepartie financière (diyaa)

L’ancien ministre de la Justice, ancien bâtonnier des avocats soutient que chacun, « pro ou contra » a ses arguments et poursuit : « Je suis personnellement en faveur du maintien de la peine de mort pour les coupables contre lesquels elle a été prononcée suite à la confirmation de la perpétration de crimes épouvantables tels que l’homicide volontaire avec préméditation, ou le meurtre d’ascendants ou l’assassinat suite à un autre crime concomitant ou encore les viols.

Mais, je suis pour l’abolition de la peine capitale et sa commutation en prison à perpétuité pour les crimes à mobile politique, comme cela s’était passé il y a quelques années dans certains pays, parce que le coupable considère que, ce faisant, il agit contre l’injustice et la dictature.

Quoi qu’il en soit, la peine de mort est la plus élevée dans la hiérarchie des peines et ses conséquences sont irrattrapables puisqu’elle ôte à l’homme la vie, ce don de Dieu. Tout cela ne saurait cependant justifier son abolition dans les crimes de droit commun susmentionnés, dans la mesure où ces crimes représentent la remise en cause de la sécurité générale et de la stabilité des sociétés. »

« La vie ce don de Dieu… » Avons-nous le droit de décider quelque soit le motif, de la vie ou de la mort d’un individu ? Aussi horrible que doit être l’attente dans ce que l’on appelle « les couloirs de la mort » je pense que beaucoup plus cruelle est en fait la pensée d’être privé à vie de la plus élémentaire liberté !

Ce qui me révolte est ce principe de la dyaa ! Un enfant est violé, (fille ou garçon, ou est la différence ?) Le violeur et les parents, se mettent d’accord, il paie une certaine somme et tout est oublié ? Que l’on ne s’étonne pas s’il récidive… Un père de famille est tué, si la famille est d’accord et que l’assassin peu le faire il paiera une somme et là aussi on ne parlera plus de rien ? A combien se chiffre une vie humaine ?

Peut-on « acheter » le pardon ? L’argent fait il disparaître la douleur ? Je sais que mes rapports avec l’argent sont complexes et peu compréhensibles pour beaucoup mais je pense que dans le cas de la mort de celui qui apportait les ressources à la famille l’état devrait aider financièrement celle-ci. Contre paiement abandonner la poursuite et ne pas punir le coupable, je regrette mais je trouve cela abjecte…

J’ai la même réaction en ce qui concerne le dédouanement en cas de manquement à une règle religieuse, je fais l’aumône aux pauvres et tout est en ordre ? Je regrette mais dans ce cas notre conscience devrait nous poursuivre… Si toutefois le mot « conscience » aujourd’hui a encore un sens !

Maryam Brodowski-Bâ
maryambrodowski@yahoo.fr

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