3 questions à E. Diamantis, avocat du président Aziz dans l’affaire Mamère: ‘’Les poursuites ne sont probablement plus nécessaires à l’établissement de la vérité’’

1/Juste avant votre conférence de presse de jeudi dernier, Noel Mamère a sorti un communiqué sur notre site internet où il s’excuse presque d’avoir déclaré que Ould Abdel Aziz est un parrain du trafic de drogue, ajoutant qu’il ne voulait pas stigmatiser le président mauritanien dans sa personne. Que voulez-vous de plus ?

Eric diamantis1 La démarche de M. Noël Mamère est bienvenue en ce qu’elle montre bien qu’il n’y avait aucune raison de penser que le Président de Mauritanie est ou a été, de prés ou de loin, associé au trafic de drogue. Il convient tout de même de souligner la légèreté et la gravite de tels propos, avec le poids que les spectateurs, auditeurs ou lecteurs, sont fondés à y attacher.
De fait, les propos de M. Noël Mamère ont été largement repris dans les médias mauritaniens et ont suscité des questions en Mauritanie, dont l’opposition s’est naturellement faite le porte-parole.
J’ai d’ailleurs lu à cet égard que nous aurions, nous, conseils du Président, dans la conférence de presse au cours de laquelle nous avons annoncé officiellement le dépôt de la plainte contre M. Noël Mamère, vivement critiqué la Coordination Démocratique Nationale pour s’être fait le relais en Mauritanie des propos diffamatoires poursuivis. Je précise qu’il n’en est évidemment rien – la conférence de presse a été filmée et la personne qui prétend avoir entendu ce qu’elle rapporte, qui par ailleurs n’était pas présente, se fait donc le relais, là encore, de fausses informations.
Ce dernier mensonge nous renvoie donc aux premiers, et à ceux qui ont suivi.
Mais il est vrai que les poursuites ne sont probablement plus nécessaires à l’établissement de la vérité et il appartiendra au Président de décider de la suite à leur donner en considération des derniers propos de M. Noël Mamère.
Pour autant, si j’avais été à la place de ce dernier, ayant diffamé une personne respectable, en plus à la tète d’un pays en lutte contre le narco-terrorisme, et l’ayant fait après avoir été manipulé- M. Mamère le reconnait lui même implicitement dans son communiqué; et comment expliquer autrement que M. Noël l Mamère ait accepté de relayer des propos aussi injustifiables? -, je présenterais mes excuses. Mais je ne suis pas à la place de Noël Mamère.

2/Peut-on dire qu’on s’achemine vers un procès au risque d’avoir un grand déballage ?

L’occurrence d’un procès dépendra de la décision que prendra le chef de l’Etat. Sur cette question, je vous renvoie donc à ce que j’ai expliqué ci-dessus.
Sur le risque d’un grand déballage, l’on a effectivement vu que pour certaines personnes, tout prétexte est bon pour, y compris au préjudice de la bonne foi, tenter de déstabiliser la Mauritanie et son Président. Pour autant, dès lors qu’aucun élément sérieux ne peut être avancé au soutien des affirmations que le chef de l’Etat pourrait être associé au trafic de drogue, les personnes qui essaieraient de se servir du procès à cette fin devraient assez vite se fatiguer.

3/Mamère est député. Ne bénéficie-t-il pas de l’immunité parlementaire dans ce cas de figure ?

– Les membres du parlement sont protégés au titre des propos tenus dans le cadre de leurs fonctions, mais pas lorsqu’ils interviennent à un autre titre, comme en l’espèce comme commentateur dans le cadre d’un programme télévisé.
Il est vrai que, indépendamment de cette immunité relative à l’exercice de leur fonction, les parlementaires jouissent aussi de l’inviolabilité. Mais, sauf à ce que la suspension des poursuites soit expressément demandée par l’assemblée à laquelle ils appartiennent – ce qui parait très improbable compte tenu de la nature des propos de M. Noël Mamère et de la nature des poursuites-, cette inviolabilité le protège (sous certaines conditions) seulement contre les arrestation et détention, qui ne sont pas encourues ici.

Propos recueillis par AOC

Source : Lecalame

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