Ebola: plus de 1.300 cas, 729 décès, 4 pays, une épidémie « sans précédent »

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« Cette épidémie (NDLR: du virus Ebola) est sans précédent, absolument pas sous contrôle ». Le directeur des opérations de l’organisation Médecins sans frontières, Bart Janssens, ne cache pas son inquiétude dans un entretien publié mercredi par la Libre Belgique. L’OMS, dans son dernier rapport, fait état de 1.323 cas répertoriés dans quatre pays, et de 729 décès.

« Cette épidémie est sans précédent, absolument pas sous contrôle et la situation ne fait qu’empirer, puisqu’elle s’étend encore, surtout au Liberia et en Sierra Leone, avec des foyers très importants », continue le responsable. Preuve de l’inquiétude grandissante que suscite l’épidémie, le Liberia a décidé mercredi de fermer toutes ses écoles.

« Nous sommes extrêmement inquiets de la tournure que prend la situation en particulier dans ces deux pays où il y a un manque très important de visibilité de l’épidémie », souligne encore Bart Janssens. « Si la situation ne s’améliore pas assez rapidement, il y a un réel risque de voir de nouveaux pays touchés. (…) Il manque une vision d’ensemble pour comprendre où se situent les principaux problèmes », déplore-t-il encore.
    
« C’est à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et aux gouvernements à déployer et à organiser davantage de moyens pour amener les efforts et la capacité au niveau requis pour commencer un début de contrôle de cette épidémie », conclut-il.

> Des morts et malades parmi les médecins

Ceux qui soignent les malades atteints payent aussi un lourd tribut à la maladie. • Le responsable du centre de traitement en Sierra Leone est mort. Le docteur Omar Kahn, chef de la lutte contre la fièvre Ebola à Kenema dans l’est du pays, une des régions les plus affectées du pays, avait été admis la semaine dernière dans un centre de traitement anti-Ebola géré par Médecins sans frontières (MSF) situé dans une autre ville de l’est de la Sierra Leone, Kailahun, après avoir été testé positif au virus Ebola. • Le médecin américain contaminé « ne va pas bien ». Kent Brantly serait selon un ami « faible et vraiment malade ». « Il en est encore aux premiers stades de la maladie et chaque jour est difficile », a raconté David Mcray, un médecin de Fort Worth, au Texas (sud), ami proche de Kent Brantly avec qui il parle tous les jours au téléphone. On ne sait pas comment Kent Brantly a été infecté par la maladie. Il travaille pour Samaritan’s Purse, une association caritative chrétienne et soignait des malades d’Ebola depuis le mois de juin. Sa femme et ses enfants étaient avec lui au Liberia mais ils sont rentrés aux Etats-Unis avant l’annonce de sa contamination. Ils vont être suivis de près pendant au moins 21 jours, la période maximale d’incubation du virus. • Un médecin canadien placé en quarantaine. Le docteur Azaria Marthyman, revenu samedi du Liberia, observe actuellement une période de confinement à son domicile de Victoria, sur l’île de Vancouver, bien qu’il n’ait pas été testé positif à cette fièvre hémorragique.

> Le trafic aérien et le foot perturbés

La semaine dernière, le Nigeria a annoncé le premier cas d’Ebola sur son sol, transmis par un Libérien ayant voyagé par avion de Monrovia à Lagos, via Lomé (au Togo) et qui est décédé le 25 juillet dernier. De fait, l’épidémie s’étend à de nombreux pays limitrophes d’Afrique de l’Ouest, qui prennent des mesures pour tenter d’empêcher sa propagation. • La compagnie aérienne panafricaine Asky a annoncé l’interruption de ses liaisons avec le Liberia et la Sierra Leone, après le décès du Libérien, un de ses passagers. Selon la porte-parole d’Asky, Afoussath Traoré, la décision a été prise mardi avec effet immédiat, pour une durée non précisée. • La Fédération libérienne de football (LFA, Liberia football association), pour freiner la propagation de la fièvre hémorragique, a ordonné mardi « avec effet immédiat, la suspension de toutes les activités de football et des activités connexes à travers le pays », selon son président, Musa Bility.

> Réunion à Londres et inquiétudes à Hong-Kong

L’inquiétude a commencé à gagner le reste du monde, spécialement à Londres et à Hong Kong.

• A Londres, où Ebola faisait l’objet dans l’après-midi d’une réunion interministérielle de crise, les autorités ont exprimé leur inquiétude.   « Pour l’instant d’après ce que nous savons, aucun ressortissant britannique n’est infecté et nous sommes assez confiants sur le fait qu’il n’y a pas de cas au Royaume-Uni », a déclaré le chef de la diplomatie Philip Hammond sur la BBC. Mais le virus « constitue tout de même une menace à laquelle nous devons répondre », a-t-il ajouté. • A Hong Kong, des mesures sanitaires ont été adoptées. Dans cette ville densément peuplée de sept millions d’habitants précédemment affectée par des épidémies comme le Sras, les autorités sanitaires ont annoncé qu’elles mettraient en quarantaine tout voyageur en provenance de Guinée, Sierra Leone et Liberia ayant des symptômes de fièvre, par mesure de précaution.

• En France, le ministère français des Affaires étrangères a notamment précisé soutenir « un projet de laboratoire mobile » permettant « un diagnostic au plus près des foyers actifs et dans de bonnes conditions de sécurité ».

• L’Union européenne accroît quant à elle son aide en offrant deux millions supplémentaires pour lutter contre l’épidémie. Cela porte l’aide totale prodiguée par la Commission européenne à 3,9 millions.

Source : Seneweb

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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