Au pays où les abcès ne crèvent jamais

abces-fistel-schema-1zCette fois-ci, c’est dans la mosquée que cela se passe. Un vendredi, jour sacré, ou la communauté est appelée à se réunir pour manifester sa volonté de rester ensemble, de ne point se disperser et de célébrer les grâces de Dieu en communion.
Un imam a dit…je ne sais pas ce qu’il a dit!

Un abolitionniste, aux nerfs chauffés à blanc par les propos de l’érudit, s’est dressé et a dit. Je sais que d’après ce qu’on a dit, il a dit que l’imam a dit que Biram ould Dah doit être sanctionné pour sa témérité et son audace à réclamer une liberté qu’une certaine interprétation du livre de Khlil, lui refuse, ou lui dispute.

Faut-il tourner le dos aux paroles d’Allah et de son prophète, pour fouiller dans les siècles antérieurs. Espoir de détecter un sujet de polémique ou un espace offrant une marge vierge pour les ajouts et les interprétations? Retour à l’histoire: Ould Abd al Aziz a promis aux manifestants de sanctionner « durement » l’apostat Biram. Il s’est ravisé, ou Allah lui a ouvert les yeux. Le chef de TPM, Wane Birane est reçu par une instance des affaires étrangères françaises pour discuter du problème endémique des noirs en Mauritanie.

Une délégation d’une autre instance américaine, discute avec Biram des problèmes concernant Biram et les concitoyens de Biram.

Au sein des instances de droit de l’homme, les délégations mauritaniennes, des droits de l’homme et celles des droits des droits de l’homme, faisant fi des couts des transports, se transportent avec tous leurs dossiers et leurs talents, pour exhiber les hontes du pays au marché des surenchères et de l’impudeur.

Quelque part sur facebook, un quidam, ayant certainement eu un bon diner gras se fait photographier manipulant une arme automatique, un Rambo, certainement oublié par les metteurs en scène. Un autre bachibouzouk, comme dirait le capitaine Haddock, déclare qu’il se prépare au cas ou… entendez par là:  » Au cas ou je serais amené à trucider quelques dizaines de mes frères. »

Certains parlent de « Bokoharamisation » de la Mauritanie.

Pour « Boko », je ne sais pas, mais la « haramisation » est entamée depuis belle lurette.

Les forgerons crient à la trahison. Pendant des décennies ils ont été rabaissés au niveau le plus dégradant et le plus défavorisant dans la société; au profit d’une classe maure qui s’est amplement servi du verbe de Dieu, pour conjuguer les phrases de sa supériorité à tous les temps et a tout les modes.

Les étudiants parqués dans des ghettos, qui reçoivent tout sauf les fils de patrons, attendent les Etats généraux de l’enseignement, qui piétinent depuis des décennies dans le grade de caporaux du  » Désenseignement institutionnel ». La poubelle, telle une pieuvre, tend ses tentacules vers l’intérieur du pays. L’association des mères de familles peine à faire accepter que ses familles sont des sans familles et sans protection.

Les populations longtemps habituées à vivre en sécurité, allant parfois jusqu’à dormir du sommeil du juste, même aux portes des maisons, se voient du jour au lendemain terrorisées par des crimes successifs, qui feraient dresser les cheveux sur la tête de Dracula, lui-même.

Ou va ce pays? Qui guide ce pays? Vers ou va finir ce carnaval de décadence de pagaille et de déchéance? Ces irresponsabilités inouïes qui ont tant défié la patience du Seigneur et usé les cordes du suspens?

Qui donne à ces hommes le droit de nous acheminer vers tant de catastrophes et en toute légalité?

Les mauritaniens seraient-ils incapables de voir alentour, comment finissent les pays qui ont pris l’arrogance comme mode de vie et l’insouciance comme politique? De quel droit ces dioulas de la politique sont-ils en train de nous brader à tous les marchés de puces internationaux? Et de quel droit ceux qui pensent qu’ils ont été les seuls guidés par Allah hypothèquent-ils notre devenir, notre liberté et notre sécurité?

Pourquoi nos problèmes ne trouvent-ils jamais de solutions? N’est ce pas là, la preuve irréfutable que ces problèmes et ces dissensions éternelles ne sont, en réalité qu’un gagne pain pour ceux qui méprisent notre peuple et n’en font qu’un misérable moyen d’asseoir et de consolider leurs empires?

Le gouvernement est-il réellement incapable de voir ces plaies géantes qui font gémir les populations asservies depuis l’indépendance à nos jours? N’est ce pas là un aveu de complicité que de conserver ces injustices, dont les protubérances malsaines ne sont plus un secret pour personne?

Peut-on soigner ces blessures du fond des temps en se limitant dans les conseils de ministres à nommer, dénommer surnommer des responsables, qui ne sont en fait que des sangsues supplémentaires sur le dos des populations?

Si le gouvernement pense réellement que certaines familles certaines ethnies, ou certaines races mauritaniennes sont supérieures à d’autres, pourquoi ne pas le proclamer dans la constitution et donner a tous ces braillards l’occasion de se taire?

Sinon, les problèmes sont là, à narguer la cohésion sociale, le développement et la paix du pays, pourquoi restent-ils toujours et tels qu’ils sont comme au premier jour?

Dans l’intérêt de qui les problèmes mauritaniens sont-ils interdits de solution? Il est clair que dans notre situation, il y-a quelque chose qui boite et il est plus clair encore qu’une volonté non amie de notre bien se tapit derrière ce statuquo.

Pourquoi les mauritaniens sont-ils incapables d’apprendre à être les maitres de leur propre destin? Sans recourir aux ingérences des autres. Et pourquoi leur première décision n’est-elle pas de recenser leurs maladies, avant de les désinfecter et de les incinérer à tout jamais?

N’est-il pas embarrassant de voir que les larmes que nous faisons couler sur les joues de nos frères, sont effacées par des mains étrangères qui n’agissent pas forcement dans le sens de l’intérêt supérieur de notre nation? Nous sommes prompts à nous investir en toute entreprise, pourvu qu’elle ne soit pas la notre.

Les problèmes de Gaza ou du Bruma nous enflamment, alors que les nôtres propres nous laissent de marbre.

Nous sommes un peuple bien curieux, parfois bien naïf. Toutes ces sirènes d’alarmes déclenchées par une situation anachronique, illogique, et immorale nous laissent indifférents. Tous ces coups de sommation d’un avenir à l’œil rouge et menaçant, nous font a peine lever une paupière ensommeillée, avant de replonger dans notre torpeur morbide.

Pourquoi a t on, je veux dire ont-ils, je veux dire les politiques ont commencé à nous diviser en noir maure forgeron etc.? Pourquoi maintenant? N’avons-nous pas assez souffert de système tribal, nauséabond, selon les propres termes du prophète (psl), dont nous ne comprenons les hadiths que dans la mesure où ils nous « apportent » quelque bénéfice?

Que coute t il de demander pardon pour le passé, redresser le présent et espérer en l’avenir?

Au contraire on continu à encourager ceux qui chantent la gloire de leurs fautes et plongent par là, la nation toute entière dans l’incertitude du mal. C’est le pire genre de criminels. Ceux qui soufflent sur les brasiers pour réduire en cendre toute une nation.

Mauritaniens avez-vous songé à vous comparer au reste du monde? Avez-vous pesé combien ce temps perdu, une fois consacré au savoir, peut vous apporter de bénéfices? Ou à l’agriculture de plats vitaminés et succulents? Les peuples ont créé les vaisseaux spatiaux qui frayent leurs chemins tels des cortèges royaux, dans les infinités de l’espace.

Observez l’effet de l’électricité sur vos ménages. C’est le fruit d’une découverte d’un humain qui n’a pas perdu son temps à analyser la pigmentation de sa peau ou à se comparer à l’autre.

Méditez sur les miracles que réalisent ces chirurgiens, pour redonner vie à des organes défectueux. Ce sont des humains qui ne perdent pas leur temps à savoir si les intestins ou le cœur d’un bidhani ressemblent ou ont la même constitution que ceux d’un forgeron d’un kori ou d’un griot.

Visitez vos cimetières et méditez sur les raisons désuètes de votre orgueil et de votre arrogance.

Sous la peau, vous n’êtes tous, qu’une anatomie fragile, presque ridicule. Allah vous dit, si vous écoutez sincèrement ce qu’IL vous dit: « Que l’être humain considère de quelle substance il a été crée. » La religion n’appartient à personne. La rectification des fautes du passé est le devoir de tous les mauritaniens.

Celui cherche à se faire une personnalité politique, se cultiver une certaine considération, avoir certains privilèges, ne doit pas se servir de ces faiblesses dans la société pour se hisser sur nos corps endoloris vers ses ambitions égoïstes et criminels.

Ceux qui ont fauté dans le passé, doivent se repentir, sans honte. La faute, la vraie faute, c’est de continuer à entretenir ses fautes. Ce jeu, là est terminé. D’ailleurs il est peu glorieux et n’en vaut pas la chandelle. Fermer une plaie après l’avoir désinfectée, n’a jamais été une mauvaise chose.

Les marchands ambulants de la politique doivent savoir que le peuple mauritanien, toutes ethnies confondues ne leur appartient pas. Ils n’ont aucun droit de le précipiter dans les bras de ces horreurs que nous observons autour de nous et qui ont décimé et continuent à décimer des peuples. Des peuples beaucoup plus puissants et plus instruits que le notre.

De toutes les façons Allah a dit et réfléchissez-y bien, « Tout ce qui vous atteint de malheur est fruit de ce que vos mains ont fait. »

Mohamed Hanefi. Koweït.

 

Source : Mohamed Hanefi

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