4e édition de Welooti festival : « l’objectif était de s’adresser directement aux populations » Yéro Abdoulaye Sow

DSCN5839Rimweb.Net: Cette édition s’est tenue du 8 au 11 octobre à Bababé (situé au Brakna), avec le soutien de l’Ambassade Américaine et Soboma. Au programme des artistes tels que Yonta men, Force trankil, Kara, SK, force mind heavy load se sont produits aux couleurs de la décentralisation musicale. Rimweb a rencontré Yéro Abdoulaye Sow Directeur de Welooti festival marqué par un atelier de formation des jeunes artistes, deux conférences débat. A noter que 1100 cahiers ont été redistribués aux différentes écoles de la commune de Bababé.

Rimweb : Quelle a été la particularité de cette édition selon vous ?

Cette année on était centré sur la sensibilisation des populations et la formation de jeunes artistes. Comme vous le savez chaque année, nous étions confrontés à certains problèmes. Cette on a fait des ateliers, des conférences débat (rôle des élus locaux en langue Pulaar), l’objectif était de s’adresser directement aux populations. Pour nous c’est un devoir de leur faire comprendre que ces gens sont là pour servir et pour se servir d’eux. Une autre conférence a eu lieu sur le rôle de la culture dans la cohésion sociale.

Rimweb : Pour ce festival se tient à Bababé et non à Nouakchott ?

1212Je suis originaire de Bababé, ce sont les études qui m’ont amené à Nouakchott. D’autre part, c’est un constat qui est là, tout est centralisé sur Nouakchott, les autres populations au bord du fleuve font partie de cette Mauritanie là. Il faut aller pour voir ce qui  ce passe là bas exactement. Les villages sont enclavés, pour moi c’est un devoir d’aller faire des activités là bas.

Rimweb : au bout de 4 édition, quelle est la réaction des administrations locales par apport à votre initiative ?

Cette année on est satisfait, pour nous à la 1ère édition beaucoup de gens n’avaient pas compris l’idée. On n’a pas voulu faire de ce festival une tribune politique pour rehausser la cote de popularité de certains. Ce festival est apolitique, il restera culturel. Cette année financièrement ils n’ont pas été là, physiquement mais ce qui nous réconforte c’est la présence des chefs de village, les religieux et membres d’associations étaient là aussi, l’AMDH (Association Mauritanienne des Droits de l’Homme) etc…

Rimweb : A combien s’élève le budget global de cette édition ?

C’est un million cent cinq mille UM, notre seul partenaire c’est l’Ambassade des USA, sinon cette année il ya eu Soboma , le reste c’est le volontariat de cette jeunesse qui se retrouve derrière un concept.

Rimweb : Au terme de ce festival, comment décrivez- vous les maux du rap mauritanien ?

Nous sommes confrontés à d’énorme problèmes, aujourd’hui le rap a la plus forte capacité de mobilisation, malheureusement cette jeunesse est négligée. Avec une volonté politique, peut être avec le temps les choses iront mieux.

Rimweb : Mais quel est votre degré de responsabilité par rapport à l’accompagnement de jeunes artistes ?

Nous sommes prêts à maintenir ces activités de manière hebdomadaire ou mensuelle si nous avons les moyens. Ce festival est une façon de dire aux gens que c’est possible, de réorienter cette jeunesse qui est un peu perdue.

Rimweb : vous critiquez beaucoup le manque de volonté politique, mais est ce qu’il ya l’union sacrée des rappeurs devant l’intérêt collectif ?

Aujourd’hui je suis entrain d’assumer mes responsabilités par rapport à la relève. S’il ya ce malentendu des artistes qui n’arrivent pas à s’unir pour régler qu’ils rencontrent. Certaines idées proviennent de vision, certains sont là juste pour le show peut être, d’autres font la musique pour une cause, d’autres aussi prennent la musique par ce qu’ils sont téléguidés ou manipulés par certaines idéologies. Je le reconnais il ya aussi un manque de volonté chez les artistes qui n’arrivent pas à se lever, à se battre pour récupérer ce qui les appartient.

Rimweb : Qu’est ce qui explique le choix de kits scolaire cette année ?

Cette année comme le festival coïncidait avec l’ouverture scolaire, on a offert des kits scolaires aux enfants.

Rimweb : Quel a été rapport du ministère de la  culture et de l’artisanat ?

Je pense ce n’était pas nécessaire on a déjà un dossier à traiter avec elle pour la reconnaissance des arts urbains, repartir là bas là, être financé dans ce désordre pour moi cela n’est pas quelque chose de digne, ils n’ont qu’a nous dire comment ils financent, quelles sont les portes là où passer. ..

Rimweb : Quels sont vos projets en dehors du festival ?

Je prépare mon 1er album solo qui est en cours de finalisation, la sortie se fera en 2016. C’est un album auto produit, dans un contexte d’absence de propriété intellectuelle, droit d’auteur, c’est du gâchis, vu ces conditions, ce manque d’appui de reconnaissance, je pense que les choses vont aller plus difficilement mais ce sacrifice on doit le faire par ce qu’il ya  un public qui nous attends, on a envie de faire passer des messages.

Propos recueillis par Awa Seydou Traoré

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