Rimweb - ContributionMohamed Hanefi : Je voudrais commencer cet écrit par « Il était une fois un officier audacieux… » Tellement cet homme a marqué l’histoire récente de la Mauritanie par sa témérité et souvent son courage.

Depuis le jour ou cet homme investi ou auto investi de la tunique de la magistrature suprême a arpenté les ruelles étroites des bidonvilles pour prêter allégeance aux plus pauvres, quelque chose de pas ordinaire a commencé à rythmer la vie du pays.

Il avait l’air de quelqu’un qui avait l’intention solide d’éclairer quelque chose de sombre dans l’un des nombreux recoins de cette société ou l’exclusion constitue l’une des règles fondamentales de l’échelonnement social. Ceux qui pensaient qu’allumer une bougie vaut mieux que de passer sa vie a maudire l’obscurité furent enivrés de joie mêlée d’espoir.

Le sauveur est en fin apparu. Un fils du pays, qui bien que ne versant pas dans l’érudition ou l’intellectualité, savait ou le bas blesse et était déterminé à le soigner. Redresser cette tour de Pise qu’était la Mauritanie était le rêve secret de bien des citoyens.

L’homme prit tout de suite, et sans en craindre les conséquences, le plus féroce des taureaux par les cornes : Le colosse de la gabegie. Et a l’image de l’entrée du prophète a la Mecque, les idoles commencèrent à s’écrouler l’une après l’autre.

Aziz, le mauritanien, téméraire s’attaqua a tout ce qui pouvait écorcher la sensibilité nationale. Allant jusqu’à chasser de façon brutale et expéditive « L’ennemi sioniste » ce slogan cher aux mauritaniens, qui veulent toujours être plus royalistes que le roi et porter sur leurs dos déjà surchargés de soucis, les peines des autres. L’histoire et la géographie des autres. Le passé des autres. L’authenticité des autres. Un peuple qui sacrifie ses propres intérêts pour que d’autres intérêts prospèrent.

Aziz, infatigable, et toujours avec son bâton de pèlerin, va jumeler le redressement national, trop tordu, a la construction d’infrastructures, qui ne voulaient pas naitre. Une césarienne douloureuse mais salutaire fut entamée. Jusqu’à présent la Mauritanie avait échoué sur beaucoup de plans, mais apparemment avec cette homme, elle se remettait sur pieds et de ses souffrances, résolument.

Le secret de la réussite a été découvert : un fils du pays audacieux et qui n’hésite pas a taper dans ces fourmilières qui ont nidifié pour des décennies dans le corps social, pour désagréger son énergie, hypothéquer son avenir, diviser ses citoyens et dilapider ses biens.

Vive le président Aziz!

Un slogan qui sera repris chanté et fredonné par des milliers de bouches. Des bouches qui ont l’habitude de répéter ces slogans. Des bouches qui disent des dires, qui contredisent les actes.

On ne peut deviner, ni évaluer les intentions sincères ou pas de Mohamed ould Abd al Aziz. En apparences son intention est irréprochable. Le prophète a commandé de prendre par les apparences, Allah se chargera des choses invisibles. Ce qui est clair, cependant, c’est que bien que tout le monde ait suivi, applaudit et soutenu le président, les actes n’ont pas changé.

C’est à croire que l’hypocrisie traditionnelle, voudrait dans de noirs desseins pousser le président Mohamed ould abd al Aziz à être un autre Saddam Hussein. Une victime qu’on offre lâchement a la vindicte internationale. Il est visible à l’ œil nu que tout le monde aime Aziz, tous supportent Aziz, tous sont partisans de Aziz, tous courent derrière Aziz. Une azizophilie nationale qui laisserait croire au profane que le pays s’est engagé définitivement dans la voie de la cohésion, du progrès et du développement. Derrière les coulisses, la réalité peut déroger aux apparences.

Aziz a crie haut et fort que l’esclavage ne sera plus toléré sur ce territoire banni a jamais. Pourquoi alors les tribus, qui ont, se rappelle t ont entamé ces épiques « Moubadarates » pour le soutenir. Qui lui ont crié fidélité et soutient « indéfectible », n’ont elles pas œuvré honnêtement et de façon qui ne laisse pas de place au doute a montrer que derrière le guide, il y a des hommes de bonne foi, qui ne tergiversent pas sur les intérêts supérieurs de la nation? Pourquoi ce jeu de cache-cache qui consiste à voler avec les voleurs et dépister avec les investigateurs?

Pensent ils être forts ceux qui pensent pouvoir garder ce pays sous la domination du faux?

Le fort n’est pas celui qui gagne les batailles à tous les coups, mais celui qui perd la paix à chaque occasion. Pensent ils être rusés ceux qui veulent cacher les réalités amères qui menacent l’existence de ce peuple paisible? Allah n’aime pas les infidèles. Et aucune infidélité n’est plus abominable que celle de trahir son pays.

La paix ne s’obtient pas par l’orgueil et l’arrogance, mais par le dialogue et la compréhension de l’autre. Si ce travail accompli en grande pompe ces sommes faramineuses, pour les « villes anciennes » et la résurrection de la « résistance » avait été consacre a une action solide, une propagande virulente contre les vestiges de l’esclavage, IRA El HOR, SOS esclaves et j’en passe, auront-elles a se distinguer des autres mauritaniens pour un combat qui ne peut être que celui de toute la nation? On ne peut pas tricher avec sa propre maison.

En combattant les tares sociales par l’ignorance, on ne fait, en réalité que les faire prospérer et proliférer d’avantage. Les imams qui chantent les réalisations religieuses de Aziz, pourquoi attendent-ils d’être sollicités pour prêcher contre l’injustice? N’ont-ils pas lu qu’Allah s’est interdit le tort, avant de l’interdire a ses créatures? Y-a-t-il soutient au président plus urgent que de l’aider à se débarrasser de cette gangrène qui freine tout développement et toute entente dans ce pays? Du moins pour ceux qui attendent qu’on leur intime un ordre humain pour appliquer l’ordre divin.

Ceux qui dépensent sans rechigner les millions pour les campagnes électorales, pourquoi ont-ils la dent si dure quand il s’agit d’aider des concitoyens à se redresser d’une misère dont ils sont en partie responsables?

Ces sommes colossales ne sont elles en réalité que des démonstrations d’une allégeance momentanée au prince, pour avoir ensuite les coudées franches pour fourbir ses coffres plus tard, sur le dos de la populace impuissante? Aziz prône une administration proche du citoyen. Notre administration actuelle est elle proche des citoyens?

Cette administration dont chaque fonctionnaire accroche religieusement le portrait du président au dessus de sa matière grise, comme elle a accroché ceux, d’autres avant lui, est elle convaincu du leitmotiv sacro saint de son chef?

Il y a deux ans un riche personnage me proposa une arborisation de la zone de la Chamama ou habitent mes parents, appuyé par un autre fils du pays, très bien placé dans ce domaine de l’environnement, je déposai un papier d’une organisation (ONG) pour légaliser cette action qui pouvait colmater une brèche dans notre environnement étriqué. Dieu sait que ces papiers sont encore dans les tiroirs du ministère de l’intérieur. Pourtant je ne suis ni politique, ni tribu, ni clan, ni rien. Pourquoi? Et combien de fois le pays a perdu pareille occasion? Tout simplement parce que l’essentiel est autre que l’intérêt national. Le pays c’est un peu comme la religion. Quand on n’y croit pas du fond du cœur, on essaie de tromper Dieu et les hommes.

Qui par ses gaffes a donné au parlement européen un bâton pour malmener la Mauritanie devant les yeux et sur les oreilles du monde? Tous ces conseillers, ces administrateurs, ces courtisans, ces partisans, n’ont pas assez de perspicacité, de sagesse et de prévision pour éviter au pays de toujours se retrouver indexé par les autres, pour des problèmes qui ne devaient même pas suinter de la frontière du pays?

Jeter les abolitionnistes de l’IRA en prison était une fausse solution. Le meilleur était de précéder IRA a quelques encablures a l’est de Rosso, rétablir la justice, s’il y en a à rétablir et selon la loi de Dieu. Ainsi IRA n’aura rien à dénoncer dans cette zone, ni une autre formation d’ailleurs. Un fils dit à son père « Papa l’homme de la poubelle est à la porte » et le père de lui répondre « Mon fils, lui, c’est l’homme de la propreté. Les hommes de la poubelle c’est nous. Lui est venu pour nous en débarrasser. » Qu’est ce qui a changé? La forme je crois.

Wallahi, personnellement je ne peux mettre en doute la bonne foi du président Mohamed ould abd al Aziz. Je mange d’un autre budget. D’un émir que je connais de vue et qui ne me connait pas. Mais chez lequel je sens la paix. Je sais que le président Aziz d’après ce que nous avons vu est un citoyen nationaliste qui veut faire quelque chose pour ce pays (Allah sait ses arrières pensées), mais je peux témoigner que nous ne voulons pas changer. Nous sommes allergiques au changement. Pire, nous avons une capacité surhumaine à faire semblant d’être ce que nous ne sommes pas. Le double face, n’est pas bien devant Allah.

Allah qui a dit « O! Vous les croyants. Pourquoi dites-vous le contraire de ce que vous faites? C’est une grande abomination auprès de Dieu de dire ce que vous ne faites pas. ».

Je crois que Aziz n’a pas besoin d’applaudissements, ni de titres. Un grand homme n’a pas besoin de titre, son nom suffit. Mais notre peuple, lui, a besoin d’être franc avec Dieu et avec lui-même. Celui qui veut faire triompher le faux engage un bras de fer inégal avec Dieu. Il est vaincu d’avance.

A force de s’attacher a des valeurs passées et désuètes, on risque tous simplement de perdre avec elles notre présent et le futur de nos enfants. On peut aimer modérément ce qui était sans assassiner ce qui est et ce qui sera. Seulement, avec la seule bonne parole, tous les problèmes du pays pouvaient être résolus. La bonne parole est un passeport pour les cœurs et un baume pour les blessures. Pourquoi ne pas l’avoir compris des le début? Imaginez le rendement de notre radio et notre télévision nationales. Des centaines d’heures à raconter ce qui ne sert ni ce monde ci ni l’autre. Vous comprendrez aisément cette volonté à peine cachée de confiner le bas peuple dans une ignorance suicidaire. Celui qui commet une faute est un humain, mais celui qui persiste et signe sa faute est un Satan.

La Mauritanie doit savoir que la force de la chaine, se mesure par la résistance de son plus faible maillon.

Le laisser pour compte sera toujours une faiblesse, une défaillance, une rupture, tant que tout le pays n’a pas décidé de marcher ensemble, guidé par des convictions nationales dans lesquelles se reconnaissent tous les fils du pays. Supporter le guide, c’est lui dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité, comme on fait jurer celui qui comparait devant une cour de justice. Les politiques de clivages et d’exclusivité, ne donneront que ce qu’elles viennent de donner au Pakistan : des dizaines d’enfants innocents, supposés être les fils de l’élite et isolés dans leur écoles militaire « propre et exclusive » (pour gouverner plus tard après leurs pères), furent massacrés par ceux dans les cœurs desquels ils ont semé la haine et la rancune.

(Dieu nous préserve des dissensions). Un homme seul ne changera pas un pays, s’il n’est entouré et soutenu par des volontés sincères et intègres ni ont les yeux fixés sur l’avenir sacré de leur nation. Des hommes capables de souffrir quand un arbre est coupé ou qu’un lapin est tué par un braconnier.

Aziz n’est qu’un homme, précédé par d’autres guides et à qui succéderont bien d’autres, si Allah prescrit à ce pays de perdurer. Les biens matériels sont éphémères. La vie aussi. La vie messieurs est la seule chose qui diminue en augmentant. Resteront les fautes et les péchés pour l’histoire et pour l’éternité.

Naguère ce pays était pauvre, mais fier et heureux. Vous l’avez perverti par votre course effrénée derrière les biens matériels. Vous ne vous rassasierez jamais. Car celui qui coure derrière ce genre de satisfactions dans ce monde ne pourra avoir les yeux comblés que quand les graines de poussière s’incrusteront définitivement dans ses orbites dans la tombe.

L’argent est un bon esclave mais un mauvais maitre. Satan peut paraitre en ange. Le nain peut paraitre un géant. L’obscurité, peut se prétendre lumière. Mais seulement pour les naïfs et les imbéciles.

Mohamed Hanefi. Koweït.      

 

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