LE PREMIER MINISTRE MAURITANIEN FAIT SA DÉCLARATION DE POLITIQUE GÉNÉRALE : DU DÉJÀ VU POUR CE QUI EST DE L’EDUCATION

Premier ministreDans sa déclaration de politique Générale faite le 05 janvier devant le Parlement, le premier ministre mauritanien a accordé quelques lignes au secteur le l’Éducation censé être pourtant l’une des priorités du mandat présidentiel en cours.

Maitrisant à volonté la langue de bois si chère à nos dirigeants « éclairés », le chef du gouvernement a déclaré sans froncer les sourcils qu’il œuvrera pour « le renforcement des performances et du rendement de notre système éducatif ». C’est à croire qu’il se trouve sur une autre planète, ou du moins qu’il parle d’un autre pays. Les mauritaniens sont en tout cas très curieux de savoir de quelles performances et de quel rendement il s’agit.

Notre école est sous perfusion. Nous avons l’un des taux de réussite au bac parmi les plus bas du monde. Et avec tout ça, on tient à nous faire croire que notre système éducatif est performant ! Dans son discours, le chef du gouvernement n’a bien sûr pas manqué de rappeler « la décision du Président de la République » de proclamer l’année 2015, Année de l’Éducation. Et d’ajouter que : « la redynamisation du système éducatif constitue un des objectifs majeurs de l’action du Gouvernement pour les cinq prochaines années et portera sur tous les ordres d’enseignement. »

De belles déclarations en somme mais qui, malheureusement, risquent -comme celles faites à l’occasion du premier mandat- d’être renvoyées aux calendes grecques. Poursuivant ses envolées idéalistes, le premier ministre assure que cette redynamisation du système « sera entreprise suivant une approche qui garantit à tous les enfants mauritaniens des cursus scolaires à la fois cohérents et diversifiés qui, tout en transformant notre école en un creuset d’unité et un facteur de promotion sociale, répondra aux nouvelles exigences de la modernité, de la numérisation et de la globalisation et permettra de couvrir les besoins en compétences de la société et de l’économie. » Qui dira mieux ? Un chef d’œuvre littéraire certes et des intentions angéliques comme on a eu l’habitude d’entendre de la bouche de nos chers gouvernants. Mais à l’heure des comptes c’est toujours la désillusion.

En effet, il ne sert à rien de peaufiner de beaux discours. Il convient plutôt d’agir surtout dans le cas d’un pays comme la Mauritanie où le système éducatif est exsangue. On aurait bien voulu que le premier ministre nous explique clairement, dans un langage scientifique, concret et non littéraire, qu’est ce que son gouvernement envisage de faire pour tirer l’école mauritanienne de la mauvaise passe dans laquelle elle se trouve. C’est bien beau de parler de numérisation et de globalisation mais le hic, c’est que nos pauvres élèves n’étudient même pas l’informatique qui, pourtant a été prévue par la Réforme de 1999. Mais, 15 ans plus tard, c’est toujours le statut quo.

Et non seulement l’informatique n’est pas enseignée mais aussi les autres matières scientifiques ne sont dispensés pour les plus « chanceux » qu’en Hassaniya(dialecte local). Et même là, on manque souvent cruellement de profs.

Notons que dans cette fameuse déclaration, le premier ministre a crânement ignoré le corps enseignant, pilier essentiel du système et sans lequel rien ne peut être entrepris. Donc, aucune amélioration en vue pour les forçats de la craie qui, confrontés à des conditions de vie exécrables risquent, si rien n’est fait pour eux, de rendre l’âme et ce, bien avant la fin de ce mandat annoncée tambour battant.

Bakari Guèye

http://bakary.mondoblog.org/

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