Après l’impunité du crime, son apologie… Pour une Mauritanie rénovée !

Sidi Ould Dahi,Lecalame: L’ancien candidat sénateur, nommé Sidi Ould Dahi, invité de l’émission «l’Invité et la question », tenait, sur la télévision privée « Al watanya », des propos d’apologie du crime politique et ce, en face du journaliste Abdoul Mejiid Ould Ibrahim.

I.                   De quoi s’agit-il ?

En réponse à une question de l’animateur du débat en Arabe,  le candidat malheureux, à l’investiture au Sénat, par le défunt Parti républicain démocratique et social (Prds), saisit le prétexte de son échec, pour louer l’opportunité de la répression, entre 1986 et 1991, contre les négro-africains de Mauritanie, sous la dictature de Maowiya  Ould Sid’Ahmed Taya. Il poursuit, dans la même veine, un propos d’une vive acrimonie, sur le retour des réfugiés, qu’il qualifie, entre autres épithètes, de « surpeuplement d’étrangers dangereux pour le pays ».

Sidi Ould Dahi, tour à tour poète par procuration, notable tribal, homme d’affaires et politicien occasionnel, est un cousin de l’actuel chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz qu’il critique sans ménagement, en dépit de leurs liens étroits ; c’est en vertu de cette connivence – attestée malgré la brouille – qu’il se permet, aujourd’hui, de tenir avec ostentation et sans la crainte d’aucune conséquence, un discours de falsification de l’histoire, aux fins de glorifier l’assassinat de masse, pourtant aggravé de ses motifs racistes. Le parcours antérieur de Ould Dahi révèle des postures déjà annonciatrices de son dérapage; l’on se souviendra de son allégeance au parti marocain de l’Istighlal, alors hostile à l’indépendance de la Mauritanie ; de là, découle, une phase de complicité personnelle avec des éléments du Jeich El Tahrir (l’armée de libération), milice vouée au sabotage de la souveraineté du jeune Etat afin d’en précipiter la dilution dans le royaume du Maroc. Sidi Ould Dahi ne fait mystère de ses certitudes les plus outrancières, un peu à l’exemple, naturellement impuni, de Ahmed Ould El Wafi, lequel, au début des années 2000, qualifiait nos concitoyens non arabophones, de descendants de tirailleurs sénégalais. Oui, ce ne serait qu’un mot de trop, si les mots n’avaient autant tué, déporté, attristé.

II.                L’environnement

A 15 années d’intervalle, l’identique mépris envers une composante de la communauté nationale, s’enrichit et s’aiguise, comme si le passé douloureux et si proche, ne comportait aucune leçon. En contrepoint, la moindre velléité de protestation ou de remise en cause des inégalités, des privilèges, des indulgences héritées, passe pour « extrémisme », « atteinte à l’unité nationale », « incitation au désordre », sans omettre l’éternel « complot judéo-chrétien ».

 Le contexte local où interviennent les allégations de Ould Dahi se caractérise par le cumul des luttes d’émancipation et d’un regain de citoyenneté, suivis, de leur répression, parfois au seul stade de l’idée: esclavage, passif humanitaire, hégémonie foncière, condition des femmes, liberté de conscience, la contre-culture de l’engagement au nom de la dignité de la personne ne cesse de marquer les esprits, à défaut de réaliser des résultats à la mesure du sacrifice; certaines figures de proue croupissent en prison, à cause d’actes ou de propos infiniment moins attentatoires à l’humanité ; il convient de rappeler, ici, l’incertitude sur le sort des détenus Djiby Sow, Président de Kawtal Yellitaare, de Biram Dah Abeid récipiendaire  du Prix des droits de l’homme des Nations Unies en 2013 ( et ses codétenus  militants d’IRA-Mauritanie ) de Mohamed Ould Cheikh Mkhaitir, jeune blogueur, condamné à mort au motif d’un écrit « hérétique » sur Facebook.

III.             Quel enjeu ?

En face, le bloc conservateur, d’obédience nationaliste arabe ou islamiste, s’emploient à figer l’opinion, dans la posture mécanique de rejet de la nouveauté, du mouvement, de l’évolution des rapports de force au sein de la société. Au prétexte de « menaces » sur la religion, l’identité nationale ou la paix, le front réactionnaire agit, au grand jour, avec l’appui de segments de l’Etat, des services de sécurité et d’un capital privé dont la cohésion ethno-clanique trahit l’intérêt, vital, à contrarier, voire retarder le moment de la rupture, au risque de la rendre encore coûteuse.

 Les bavures, la coercition ciblée, les écarts de langage susceptibles de susciter le désarroi et la sédition, constituent autant de séquences d’une programmation de moins en moins confidentielle ; conçu, entrepris par touches graduelles, entretenu dans les esprits, un plan de discorde se profile.  La confiscation studieuse de certains droits, l’occultation de vérités et la provocation sur le terrain d’une sensibilité socio-ethnique divisent les populations, émiettent les bases du vivre-ensemble et conduisent, in fine, à  l’affrontement de tous contre tous. Les évènements se suivent comme si la Mauritanie devait se faire saigner encore, puis disparaître, plutôt que de devenir égalitaire et démocratique ! Ainsi, des brumes apparentes de l’improvisation et de la spontanéité, apparaissent, sous le vocabulaire de Ould Dahi, les contours d’un sabotage du devenir commun ; le dessein vise à casser, quel qu’en soit la rançon, la dynamique des droits pour tous ; il habitue, « l’opinion utile », la masse censitaire, à devoir s’acclimater au pire, abdiquer des vigilances, avant de devoir se séparer, dans la douleur, de ses portions avariées. Un énième coup d’Etat murît, contre la majorité jusqu’ici muette ; justement, parce qu’il prétend apporter une solution décisive à une contradiction de masse, il intègre, à sa propre fin, la fatalité – non, plutôt la nécessité – de l’arbitraire, de l’exclusion et de l’effusion de sang.

IV.             Comment y réagir ?

Ø Quelques niveaux de responsabilité se dégagent, ici :

1.      L’autorité judiciaire, agissant au nom de l’intérêt général –du peu qu’il en subsiste -, est désormais tenue d’ouvrir une enquête avant de diligenter les poursuites pertinentes, contre Sidi Ould Dahi, pour son rôle dans l’incitation à la haine raciale et l’apologie du meurtre.

2.      La société civile et les partis politiques se trouvent en demeure de prendre les dispositions que requiert la prévention de l’hypothèse précitée ; en effet,  les éléments de délibération et de début d’exécution semblent à présent corrélés et s’accélèrent, depuis 2012. A un stade minimal d’éthique et de prudence, il leur appartient d’exprimer, sans ambiguïté, réprobation et indignation, afin de neutraliser le projet de discorde communautaire, du moins en différer l’échéance.

3.      Aux mauritaniens, soucieux de la paix dans la justice, victimes de l’ordre établi, activistes volontaires de l’égalité citoyenne, du respect de la vie et rempart devant l’impunité, revient le devoir d’inventer de nouvelles formes de lutte, dans le soin simultané des formes de mobilisation, d’intensité et d’audace à l’énoncé de l’alternative.

4.      A titre illustratif, d’essai et de témoignage, la présente communication, est ouverte aux signatures de personnes physiques, sur le lien:

 https://www.change.org/p/a-l-ensemble-des-personnes-%C3%A9prises-de-justice-et-luttant-pour-l-avenement-d-une-mauritanie-nouvelle-au-peuple-mauritanien-au-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-islamique-de-mauritanie-a-l-ensemble-des-%C3%A9-ouverture-d-une-enqu%C3%AAte-avant-de-diligenter-les-poursui

5.      Ressortissants de la Mauritanie ou d’ailleurs, les habitants de la capitale Nouakchott, sont appelés, à un rassemblement pacifique et muet, sous les divers signes du deuil, le Jeudi 05 mars 2015, devant le Ministère de la Justice. Parce que Ould Taya échappe à la justice des hommes par grâce de ses successeurs, Sidi Ould Dahi s’est chargé de donner le signal de la récidive. Pour empêcher la répétition d’une telle histoire, nous devons manifester, nombreux.

Les organisations signataires

 Afrique Renaissance

Association des Femmes Chef de Famille (AFCF)

Association Mauritanienne des Droits de l’Homme (AMDH)

Club UNESCO Dialogue des Cultures

Conscience et Résistance (CR)

Coordination des Victimes de la Répression (COVIRE)

Collectif des Rescapés Militaires(COREMI)

Collectif des Veuves

Collectif des Rescapés Anciens Détenus Politiques Civils Torturés (CRADPOCIT)

Collectif des Anciens Fonctionnaires de la Police Victimes des évènements

Collectif des Orphelins des Victimes Civiles  et Militaires (COVICIM)

Collectif Mooyto Koota

Groupe Droit de l’Homme Espace Culturel Diadié Camara

Initiative pour la Promotion de l’Education Citoyenne et du Dialogue (IPCD)

Initiative pour la Resurgence Abolitionniste en Mauritanie (IRA-Mauritanie)

Kawtal Yellitaare

Mouvement Autonome pour le Progrès en Mauritanie (MAPROM)

Regroupement des Vicitmes des Evènements 89/91 (REVE/FONADH)

Touche Pas Ma Nationalité (TPMN)

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