A la Une: la disparition de Mohamed Abdelaziz

papier_journaux_002« Un homme, un combat », s’exclame le quotidien algérien Le Temps. « C’est assurément une tragédie qui vient de frapper le peuple sahraoui avec le décès de son charismatique chef militaire, Mohamed Abdelaziz, et par ailleurs président de la République arabe sahraouie démocratique, pour laquelle il aura donné toute son énergie jusqu’à son dernier souffle. L’annonce de sa mort, hier, poursuit Le Temps, après une longue maladie, a ébranlé tous ceux qui ont pu approcher cet homme si affable et si attachant malgré les péripéties d’une vie passée à lutter pour la récupération de la terre de son peuple dont il a été spolié par le colonialisme marocain. Feu Mohamed Abdelaziz incarne admirablement le combat vaillant du peuple sahraoui pour son autodétermination depuis le départ des Espagnols en 1975. »

« Décès de Mohamed Abdelaziz : Le Polisario a perdu sa tête ! », s’exclame pour sa part le quotidien Aujourd’hui au Maroc. Après officialisation de son décès par le Polisario, c’est le Conseil national du mouvement qui assurera l’intérim. « La guerre à la succession de Mohamed Abdelaziz promet d’être animée !, affirme le quotidien marocain. Affaire à suivre… »
« Sans conteste, le Front Polisario a perdu un de ses meilleurs phares, sinon le meilleur, avance Aujourd’hui au Burkina. Sous sa présidence, qui aura duré 27 ans, on notera de nombreux acquis. La conclusion d’un cessez-le-feu en 1991 avec le Maroc, l’entrée de la République Arabe Sahraouie dans l’Organisation de l’unité africaine en 1984. C’est de cette époque que date le départ du royaume chérifien de l’organisation continentale. C’est de là aussi que débute la position figée du Maroc sur le Front Polisario : la RASD n’existe pas, les Sahraouis sont des irrédentistes marocains. » Enfin, pointe encore Aujourd’hui, « l’ouverture de négociations sur le statut de l’ancienne colonie espagnole a sans doute constitué le point d’orgue de son règne, avec la perspective d’un référendum sur l’autodétermination de cette république pour laquelle il a sacrifié sa vie. Malheureusement, il ne vivra pas assez longtemps pour voir les votes s’engouffrer dans les urnes et sans doute, faire sortir au grand jour, ce dont il rêvait depuis tant de temps. »

Simone Gbagbo à nouveau devant les juges

A la Une également, le second procès de Simone Gbagbo à Abidjan. L’ex-première dame « a plaidé hier non coupable » des faits qui lui sont reprochés, note L’Intelligent à Abidjan. « Elle comparait pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre (…) génocides, assassinats, viols. »

Ce second procès de Simone Gbagbo est largement critiqué dans la presse de la sous-région… Ainsi, constate Ledjely.com, « déjà condamnée à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’Etat, l’ex-première dame ivoirienne revient devant la justice avec de nouveaux chefs d’accusation que sont crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Comme Hissène Habré, elle risque la perpétuité. Mais à la différence des Cours africaines extraordinaires qui ont jugé le dictateur tchadien, l’indépendance de la justice ivoirienne est loin d’être admise par tout le monde, affirme le site d’information guinéen. Outre le fait qu’elle s’acharnerait systématiquement sur le camp Gbagbo, on la soupçonne aussi dans ce second procès contre Simone, de précipiter la procédure pour ne pas avoir à extrader l’accusée que la CPI continue de réclamer. »

L’Observateur Paalga au Burkina renchérit : « le moins que l’on puisse en dire, c’est que ce procès est sujet à caution. (…) Ce qui est gênant dans cette Côte d’Ivoire depuis 2011, pointe le quotidien burkinabé, ce n’est pas tant le fait que Laurent et Simone Gbagbo, Blé Goudé et autres, aient des démêlés avec la justice, mais qu’ils soient les seuls à comparaître alors que, pour faire la guerre, il faut être au moins deux et que dans l’autre camp, il n’y avait pas que des anges. Mais n’allez pas demander à ADO de sacrifier ceux qui l’ont aidé à prendre le pouvoir, si ce n’est de temps à autre de pauvres lampistes pour donner l’illusion de l’équité. »

Le Pays dénonce également « une justice sélective. Une justice qui peint en noir un camp pendant que l’autre, en dépit des nombreuses accusations et soupçons qui pèsent contre lui pour les mêmes crimes, se la coule douce. On ne peut pas légitimement réclamer la justice sans la réclamer pour tous. »

Et Le Pays d’appeler à un grand déballage public : « aussi bien les pro-Gbagbo, poursuivis aujourd’hui, que les pro-Ouattara qui ne sont pas encore inquiétés malgré les soupçons qui pèsent sur eux, tous devraient, par amour pour leur patrie et en toute âme et conscience, reconnaître le cas échéant leur part de responsabilité dans la chape de ténèbres et de violences qui s’est abattue sur la Côte d’Ivoire. Cette catharsis est indispensable aux Ivoiriens pour se pardonner et repartir sur des bases saines. »

Source: Rfi

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