A la Une : la journée « presse morte » se poursuit au Mali

Pour la deuxième journée consécutive, les journaux maliens devraient être absents des kiosques ce mercredi. Il ne devrait pas y avoir non plus d’émissions à la radio et à la télé. De même, les sites internet d’information ne publieront pas une ligne. Exemple, le site Malijet qui prévient ainsi ses lecteurs :

Presse_GREVE« suite à l’arrestation du directeur de publication du journal Le Républicain la semaine dernière, l’ensemble de la presse privée malienne a décidé d’interrompre toute activité de production jusqu’à la libération de notre confrère. Malijet dénonce la forme de cette arrestation qui n’a pas suivi les procédures normalement appliquées en la matière et se déclare solidaire avec l’ensemble de la presse malienne pour réclamer la libération immédiate de Boukary Daou. »

Rappelons que Boukary Daou a été arrêté mercredi dernier à Bamako, par des agents de la sécurité de l’Etat, en raison de la publication dans Le Républicain d’une lettre ouverte de soldats qui s’insurgent contre les avantages octroyés au capitaine putschiste Amadou Sanogo.

Haro sur Sanogo !

Alors quels sont ces avantages ? La lettre de ces soldats du front est-elle fondée ? L’Observateur Paalga au Burkina voisin s’est penché sur ces questions et ses réponses sont sans appel… « Un décret du 22 janvier dernier fixe les avantages accordés aux membres et au Secrétaire général du Comité militaire de suivi de la Réforme des forces de défense et de sécurité. Son président, le Capitaine Amadou Aya Sanogo, bénéficie d’un traitement de 2 millions 500.000 F CFA et d’autres avantages comme l’indemnité de responsabilité et la prime de sujétion pour risque qui sont de 300.000 et 250.000 F CFA », sans compter plusieurs autres indemnités… Bref, il y en a pour plus de 4 millions… Rajoutons à cela, poursuit L’Observateur, « un véhicule de fonction, la gratuité des soins et examens médicaux et une assurance couvrant les accidents de transport par voie aérienne ou de surface. »
Et le quotidien burkinabé de s’exclamer : « bonnes gens, si ce ne sont pas des avantages exorbitants, c’est quoi d’autre ? Diable, quels services ce soldat a-t-il bien rendu à son pays pour mériter pareilles marques d’attention ? Le coup d’Etat qui a permis l’occupation du nord par les Djihadistes peut-être ! », relève le quotidien ouagalais. « Au lieu d’aller à la guerre, ne serait-ce que pour haranguer la troupe, il préfère faire le brave, poursuit L’Observateur, engoncé dans son fauteuil de Kati ou se pavaner en ville avec une forte escorte. Sa bataille préférée, celle des postes, il la livre à Bamako, dans les artères de la ville. Et pour ça, le décret lui octroie une prime de risque ! »
Le quotidien Le Pays, toujours au Burkina, ne mâche pas non plus ses mots… « La réalité apparaît aujourd’hui dans toute sa cruauté au Mali : le régime Dioncounda Traoré est aux ordres de quelques intouchables qui ne souffrent point la contradiction. Le capitaine Sanogo et son groupe n’attendent de la presse que des écrits dithyrambiques. (…) Mais en s’attaquant aux faibles, et en ciblant la presse qui refuse de se laisser caporaliser, relève encore Le Pays, les tyrans embusqués de Bamako ne feront que susciter du dégoût dans les rangs des démocrates d’Afrique et d’ailleurs. Au-delà de ce qui est officiellement reproché à notre confrère, c’est la liberté de choix, de ton et d’écrire qui est visée. (…) Derrière Sanogo, se profile un régime d’exception, s’exclame le quotidien burkinabé. La répression des journalistes qui s’intensifie, constitue un véritable avant-goût du type de gouvernance qu’il compte offrir aux Maliens. »
 
Des contreparties pour Deby ?

Toujours à propos du Mali, le site d’information Afrik.com s’intéresse ce matin au président tchadien Idriss Deby, dont les soldats s’illustrent en première ligne… « Depuis l’engagement de ses troupes dans le conflit malien, Idriss Deby a gagné une nouvelle stature sur la scène politique africaine mais aussi internationale », relève Afrik.com. Toutefois, poursuit-il, « l’appui du président tchadien à la France ne s’est pas fait sans contrepartie. » En effet, précise le site, « de multiples associations en France, telles que Survie, qui luttent contre la Françafrique, très critiques envers le régime du chef d’Etat tchadien, estiment qu’en s’engageant au Mali, Idriss Deby a négocié une contrepartie politique pour que la France fasse taire les voix qui s’élèvent contre son régime répressif. (…) Pour l’association, poursuit Afrik.com, ‘c’est une opération de blanchiment que la France a mené envers le président tchadien’. En l’espace de quelques semaines, selon Survie, ‘Idriss Deby est revenu ainsi au centre des questions régionales. Pour lui, le but est de démontrer que le fait qu’il soit au pouvoir est un gage de stabilité dans la région. Avant c’était Kadhafi qui jouait ce rôle maintenant la France veut le remplacer par Deby’. »

La Venise malienne privée de touristes

Enfin, le Mali toujours avec ce reportage lu dans le quotidien sénégalais La Tribune, un reportage intitulé « la Venise malienne pleure ses touristes ». Il s’agit de la ville de Mopti, dans le centre du pays, bordée par le fleuve Niger et par la rivière Bani. « Une région très prisée par les touristes en visite au Mali. Jusqu’à ce que la crise survienne », note le quotidien sénégalais. Les pinasses, ces grosses pirogues très appréciées des touristes, restent sur les berges. « Maintenant ça fait deux ans que l’on ne travaille pas à cause de la rébellion, à cause des bandits armés », déplore un pinassier, interrogé par La Tribune. Les répercussions du conflit au Nord n’ont pas fini de se faire sentir dans l’ensemble du Mali. Et il faudra sans doute du temps avant le retour des touristes…

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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