A quand une nation juste démocratique et prospère ?

 ahmed yero sow

Nul doute, notre pays ressemble aujourd’hui à bien des égards à un navire en détresse. La Mauritanie offre le triste panorama d’un triple retard : politique, économique et social.

Plus que d’autres pays au sud du Sahara et après plus de cinquante ans d’indépendance, le pays subit de plein fouet deux contraintes dont les effets conjugués freinent son développement à savoir : une crise dans la gestion publique interne et une inadaptation chronique aux mutations de l’environnement international.

La manifestation la plus visible de cette situation de faillite est d’ordre économique. En dépit d’innombrables ressources naturelles et un potentiel humain certain, la Mauritanie se classe parmi les pays les plus pauvres du monde.

En outre, malgré de lourds sacrifices consentis par nos concitoyens dans le cadre des politiques de stabilisation et d’ajustement structurel, la mauvaise gestion annihile depuis toujours les résultats escomptés conduisant au scepticisme des bailleurs sur la capacité, mais de plus en plus, sur la crédibilité des gouvernants actuels à conduire les réformes.

Pendant ce temps, le chômage sévit notamment celui des jeunes ou encore celui de l’importante frange de personnes ayant prématurément perdu leur emploi. Le chômage résume à lui tout seul le désespoir de tout un peuple.

Pour cause, après les entreprises nationales fermées et l’interminable cure d’amaigrissement de la fonction publique, les contraintes bureaucratiques que subit le secteur privé ne lui permettent pas d’être le pourvoyeur d’emploi qu’il est supposé être dans le cadre d’une politique d’économie libérale.

Sur le plan politique nous pouvons dire que la démocratie est aujourd‘hui, de l’avis de nombreux observateurs, vidée de son contenu parce qu‘inachevée comme processus par endroit ou tout simplement ratée voire pervertie sur certains plans (les boycotts a répétition en sont l’exemple).

Ce n‘est qu‘une démocratie servie aux éventuels partenaires alors que sur le plan interne la transition réelle ne s’est toujours pas opérée, du moins pas dans les comportements. Le clientélisme, le favoritisme et une discrimination béante règnent en maître, bloquant toutes les initiatives de changement de l’ordre ancien.

Comme par le passé, face à des problèmes réels, le pouvoir politique se radicalise en rejetant toute concertation et toutes critiques même constructives conduisant ainsi à un blocage total du débat.

Il en résulte des atteintes graves au principe de la séparation des pouvoirs, une dérive inquiétante de l’exécutif qui a confisqué les libertés individuelles et constitutionnelles, et par ricochet, une réelle crise institutionnelle (banalisation de l’assemblée nationale et du sénat, confusion de l’exécutif avec le judiciaire, etc.)

Sur le plan social, les frustrations à la fois matérielles et morales ont pour nom paupérisation croissante et perte de l’esprit civique. La misère de nombreux concitoyens surtout noirs (négro- Mauritaniens et haratines) coïncident avec une atteinte à ce que le Mauritanien considère comme le plus important à savoir sa dignité humaine.

En effet la situation sociale est débridée avec les manifestations des haratines pour la reconnaissance tout simplement de leur appartenance à la communauté humaine, et la main de fer de l’Etat qui s’abat de façon permanente sur les négro-mauritaniens.

En « Natural optimist » la question que je me pose est la suivante: -Sommes-nous condamnés à vivre éternellement cette situation stupide au moment où la plupart des pays regardent vers l’avenir avec optimisme ?

Q’Allah veille sur notre patrie

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