A qui profite les violentes de manifestations de Nouakchott

deddew_saharamedia_6855Hebdomadaire Mauritanoix – La capitale mauritanienne a connu un lundi agité la semaine dernière. Violentes manifestations soldées par un mort et de nombreux blessés, sans compter des dégâts matériels inestimables.

A l’origine du courroux des foules, une prétendue profanation de quatre exemplaires du Coran dans une mosquée de Teyarett. Le pouvoir qui a longtemps fait preuve de compassion à l’égard des manifestants dans des circonstances pareilles semble avoir changé de fusil d’épaule.

La première victime, après les morts et les blessés, a été victime l’association de Cheikh Mohamed El Hacen Ould Dedew.

Il faut dire que depuis l’autodafé de livres malékites par Birame Ould Dah, il y a plus d’année, différents courants islamistes plus ou moins visibles ont fait surface et se sont invités sur la scène politico-religieuse du pays. Une présence redoublée lors des élections législatives et municipales passées.

Il y a lieu de rappeler que le pouvoir content de voir Tewassoul faussé compagnie à ses amis de la COD pour participer à ces élections, avait fermé les yeux sur la vague islamiste (tewassoul et bien d’autres mouvements plus radicaux).

Les discours musclés et en totale contradiction avec un pouvoir démocratique avait alerté de nombreux analystes qui redoutaient une instrumentalisation de l’Islam à des fins extrémistes, voire terroristes. Vint ensuite l’histoire du jeune ingénieur de Nouadhibou, Mohamed Cheikh Ould Mkhaitir qui a été accusé de blasphème pour avoir critiqué le Prophète (PSL).

Ce fut également une occasion pour ces courants de chercher à récupérer des manifestations ou même à en susciter un peu partout en Mauritanie. Les autorités judiciaires étaient alors pointées du doigt « pour leur lenteur » car le jeune homme devait être condamné à mort et exécuté sans autre forme de procès, selon les extrémistes. C’est ainsi que la profanation du Coran à Teyarett a trouvé un terrain déjà fertile qui n’attendait que la moindre occasion pour embraser le pays.

Dans cette situation nouvelle, la récupération a été tentée dans chaque camp. L’opposition accusait le pouvoir d’avoir réprimé avec violence les manifestations «pacifiques alors que le pouvoir cherchait à en faire porter la responsabilité à cette même opposition.

L’histoire telle que racontée et reprise par l’ensemble des média mauritaniens comprend de nombreuses zones d’ombres et même des de flagrantes contradictions. Les témoins oculaires sont peu nombreux et n’ont pas accordé leur violon. Ainsi, certains vont même jusqu’à douter de véracité des faits et indiquent un coup monté pour susciter le chaos à Nouakchott, sachant que la question de l’Islam très sensible en Mauritanie.

En tout état de cause que l’affaire soit réelle ou montée de toute pièce, elle est porteuse de danger pour la République. Au-delà de la provocation faite au 3 millions de Mauritaniens et même à tous les musulmans, il semble qu’un calcul cynique soit derrière cette affaire. Chercher à créer le chaos dans le pays en amenant les populations à investir les rues afin de pousser le pouvoir à aller dans ses derniers retranchements et à commettre la faute, est un scénario classique.

La réponse des autorités a été musclée et montre qu’il est inenvisageable de céder un pouce aux mouvements extrémistes. Sidi Mohamed Ould Maham, Ministre de la Communication, a fait maintes fois allusion au cours de ses points de presse, à des organisations qui tenteraient d’exploiter les derniers événements pour déstabiliser le pays. L’on a ensuite compris par organisation le Ministre entend les organismes dont pense qu’ils sont dirigés, du moins financés par Cheikh Mohamed El Hacen Ould Dedew, supposé être le guide spirituel du mouvement mauritanien des musulmans.

Il ne restait plus au Ministère mauritanien de l’Intérieur et de la Décentralisation que mettre fin aux activités de l’Association de l’Avenir pour la Daoua, la Culture et l’Enseignement, fondée par cheikh Dedew dont la renommée est mondiale. Les forces de sécurité ont ainsi fermé le siège de l’organisation à Nouakchott, son centre de santé et son école de jeunes filles, dans un quartier périphérique, ainsi que ses représentations dans les régions de l’intérieur du pays.

Il convient de rappeler que Cheikh Mohamed El Hacen Ould Dedew avait pris part activement au dialogue entre le gouvernement mauritanien et les détenus salafistes en 2010, dont plus de 70% avaient alors déclaré leur repentir et leur renonciation à tout recours à la violence. Certains d’entre eux avaient aussi déclaré que le Cheikh leur avait auparavant incité à prendre les armes.

Qui faut-il croire dans cette obscurité totale ?

Mauritanoix N° 80

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