Abdallahi Senoussi : Les vérités d’une extradition

L’extradition de l’ex directeur des services libyens de renseignements Abdallahi Senoussi vers son pays a suscité une vague de réactions disparates ayant conduit à une série de déclarations et d’articles de presse ici et là. Si certains ont tenté d’être objectifs en indexant l’Etat comme système d’être responsable de cette extradition, d’autres ont plutôt versé sans pondération dans les accusations, dans l’implication de personnalités dans un sujet qui leur est totalement étranger.

Le plus surprenant dans cette rapacité médiatique nationale est le montage de récits sans fondements logiques. Le plus étonnant également est que le nom du chef d’état-major de l’armée nationale, le Général de division Mohamed Ould Ghazouani soit cité dans la liste des personnes accusées d’être derrière cette transaction avant sa conclusion avec la partie libyenne.

L’opinion publique a été aussi stupéfaite de l’évocation du nom de la Première Dame Tekeiber Mint Maelainine dans le sujet, bien qu’elle ne connaisse de cette affaire que ce qu’elle entend à travers les organes d’information. Par ailleurs, elle n’est pas membre du gouvernement et n’occupe aucun poste au sein de l’Etat mais victime uniquement des complexés des Premières Dames qui guettent toujours l’occasion sacrée pour mêler leurs noms à des trucs auxquels elles sont totalement étrangères.

Dans les détails du sujet publié par des journaux locaux réputés, il est indiqué l’existence d’une transaction financière à laquelle ont participé côté mauritanien Ould Ghazouani et Mme Tekeiber. Une accusation qui ne tient debout devant aucune vérification.

En effet, le chef d’état-major de l’armée national, est un responsable exécutif qui dirige l’institution militaire, et devait faire l’objet du respect en raison de sa position et du fait qu’il n’avait aucun lien avec les sujets relatifs à la politique de l’Etat, à l’action gouvernementale et aux relations étrangères du pays, exception faite des aspects liées à la défense.

Pour ce qui est de la Première Dame, son accusation de recevoir des devises dans cette transaction de Senoussi est une indélicatesse portée à l’encontre d’une femme née dans une maison demeurée un exemple dans la richesse et dans la générosité. Tous les mauritaniens connaissent le domicile de son père Maelainine au Maroc où ils font l’objet de l’hospitalité généreuse, s’y soignent en bénéficiant de la plus grande attention.

Elle est donc la dernière à avoir besoin de négocier des transactions et de prendre des devises d’une quelconque partie. L’opinion publique nationale a été sidérée alors qu’elle suivait les écrits des médias sur l’affaire Senoussi, qui ont évoqué il y a cinq mois que l’homme avait versé à la Mauritanie des fortunes colossales contre son installation en Mauritanie avant de dire aujourd’hui que ce pays a reçu également des richesses considérables contre son extradition vers la Libye. Des contradictions qui donnent le vertige, n’est-ce pas ?

L’affaire Senoussi qui a fait l’objet d’énormes interprétations erronées a été réglée au terme de longues et dures négociations entre des parties internationales influentes, au cours desquelles la Mauritanie a fait l’objet de pressions fortes conjointement exercées sur elle par la France et les Etats-Unis.

Il a été enfin décidé de remettre Senoussi après l’entrée de l’Arabie Saoudite dans le jeu, présentant à la Mauritanie les garanties de non exposition de Senoussi à la torture, à la liquidation physique illégale. Selon les informations dont nous disposons, l’affaire a été définitivement réglée au cours de la visite effectuée par le président de la république à la Mecque pour prendre part au sommer de la conférence islamique, quand il a reçu l’ex président du Conseil libyen de transition Moustapha Abdel Jelil, et depuis, l’affaire d’extradition n’était plus qu’une question d’heure et de formalités.

C’est là la vérité de l’extradition de l’ex bras droit de feu Kadhafi. Tout le reste, transactions et devises n’est que rumeurs et mensonges sans fondements, s’inscrivant uniquement dans le cadre de la vocation des inconditionnels aux nuisances de la Mauritanie gouvernement et peuple unis à des fins politiques, mais aux dépens de la nation et au détriment de la réputation de ses citoyens.

On ne défend pas le système comme nous ne le déculpabilisons pas, mais nous œuvrons à dire cette vérité disparue dans le grand écho de l’événement et des fausses interprétations qui ont été lui données, soutenues par l’absence d’une déclaration officielle des ministères de la justice et de la communication.

Mohamed Salem Ould Haiba


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