Absence du président Aziz à la cérémonie solennelle d’intronisation d’IBK: Un acte ‘grave’

Aziz -nema1L’absence du président mauritanien à la cérémonie solennelle marquant le démarrage du 1er mandat du tout niveau président malien, Ibrahima Boubacar Keita (IBK), élu le 11 août dernier, constitue une surprise, et un « acte grave », selon un homme politique mauritanien de l’opposition, non seulement dans les relations entre la Mauritanie et ce pays frère, mais aussi et surtout au processus de réconciliation entre les frères maliens.

Presque tous les chefs d’Etat voisins du Mali, les pays dits du champ, ceux ayant participé à la libération du Nord Mali ont pris part à la cérémonie aux côtés du président français, François Hollande, considéré par les maliens, comme le principal sauveur de leur pays, tandis que l’absence de notre pays qui abrite des milliers de réfugiés du Mali sur son territoire, est plus que surprenante.

Pour un responsable politique mauritanien, il s’agit d’un « acte grave », parce qu’il ne contribue pas à apaiser les tensions avec ce pays depuis que la Mauritanie a exigé, pour sa participation à la mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MUNISMA), que ses troupes soient placées à ses frontières.

Une exigence mal reçue non seulement par Bamako mais aussi par les Nations Unies, semble-t-il. D’ailleurs, le président Deby, répondant, au cours d’un point de presse à l’occasion, à une question sur la désertion de quelques éléments de son bataillon stationné au nord Mali, a demandé aux Nations Unies d’assumer ses responsabilités et le respect par des pays contributeurs de leurs engagements avant de rappeler que les forces fournies doivent être placées sous commandement unique. Or, la Mauritanie voudrait que son contingent contribue surtout à sécuriser ses frontières.

En outre, et ce n’est un secret pour personne, Bamako « suspecte » le pouvoir mauritanien d’avoir contribué à la déliquescence du régime d’ATT, en exerçant, unilatéralement un droit de poursuite des intégristes dans son territoire, et en fermant les yeux sur les va et vient des membres du MNLA à Nouakchott.

L’absence aujourd’hui du président mauritanien de participer à la cérémonie solennelle de Bamako risque fort d’attiser ces suspicions, et donc affecter la réconciliation entre les frères maliens.

Et Notre pays, quelle que soit, par ailleurs la raison de l’absence de son président perd là la meilleure occasion de jouer sa partition dans les retrouvailles entre les frères maliens, contrairement à tous ceux qui ont tenu à apporter leur soutien au nouveau président élu du Mali, en contribuant à la MINUSMA, d’abord, et en se rendant, ensuite, à la cérémonie de Bamako.

L’arrivée du Roi Mohamed VI, vivement acclamé, il faut le mentionner lui permet de replacer le Maroc au cœur la diplomatie du Sahel. Et la Mauritanie de s’isoler ! Alors, deux questions méritent d’être posées, les visites qu’a effectuées le président IBK, au lendemain de sa prestation de serment, en ignorant Nouakchott, pour remercier ses homologues du Tchad, du Burkina, de la Côte d’Ivoire, du Niger et du Bénin auguraient-elles de ce que devraient être les relations entre Bamako et Nouakchott ?

Le président Aziz roulait-il pour Soumaila Cissé, candidat malheureux du second tour des présidentielles maliennes comme a été suspecté le président Macky Sall ? Espérons simplement que les rapports quelques peu tendus entre IBK qui inaugure son premier mandat n’affecteront pas la coopération fructueuse (OMVS), par exemple, entre les trois pays.

Source : Le Calame (Mauritanie)

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