INSOLITE: 507 viols et 723 violences conjugales en 2013

VIOL-VIOLENCE-STOPL’Association des Femmes Chefs de Familles (AFCF) que dirige Aminetou Mint Moctar, a tiré sur la sonnette d’alarme. Selon sa présidente, les femmes sont exposées à toute sorte de violences en Mauritanie. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

L’année 2013 a été surtout marqué par des viols suivis d’assassinats de femmes dont le seul tort pour certaines, est de vaquer à leurs occupations. Celui qui semé la psychose en Mauritanie reste le viol et l’assassinat de la jeune femme Penda Sogué, 19 ans, tuée alors qu’elle portait une grossesse de 2 mois. Les Mauritaniens étaient indignés et courroucés de voir ce genre de crimes perpétrés par des musulmans dans une société musulmane. Il s’y ajoute le cas de la petite Yaye Touré, enlevée, violée, tuée et jetée à la plage de Nouakchott. Sans compter d’autres crimes dont certains sont l’œuvre d’un groupe de policiers mesgharou censés protégés les populations. Une année 2013 qui remet au goût du jour, la lancinante question de la protection des femmes dans cette République. Les femmes, nos mamans, nos épouses, nos sœurs, nos enfants font l’objet en Mauritanie de menace perpétuelle, d’abus sur leur dignité et d’atteinte à leur vie.

Les associations des droits humains ont toujours exigé la mise en place d’un arsenal juridique clair, des lois bien définies pour mettre fin aux violences faites aux femmes.

Face à cette situation, les pouvoirs publics ont le devoir de retrousser les manches. Mieux, il faut dès à présent, répondre à l’appel du pied des associations de femmes et Ong de droits humains qui exigent des lois claires et précises sur ces fléaux sociaux qui hantent le sommeil des femmes et des populations.

L’Afcf dresse un tableau sombre

L’Afcf a mentionné sur son tableau de bord des chiffres inquiétants. L’année 2013 a été teintée d’évènements malheureux pour les femmes. A en croire sa présidente, Aminetou Mint Moctar, au cours de l’année 2013, l’AFCF a enregistré   507 cas de viols, 720 cas de violences verbales, 172 cas de violences économiques, 723 cas de violences conjugales, sur l’ensemble du territoire national. Elle a indiqué que quelques uns  de ces auteurs sont des enseignants et des parents proches qui sont dans leur majorité des chauffeurs de taxi au niveau de la ville de Nouakchott. Si plusieurs cas ont été signalés, leurs malfaiteurs circulent encore librement.  C’est le cas, selon l’Afcf, d’un jeune chauffeur ou propriétaire d’une voiture de marque Renauld 305 noir qui a commis plusieurs viols à Nouakchott. Ce dernier, selon Mint Moctar, avant d’abuser de ses victimes, leur donne  des coûts de poing au visage ou les asperge à l’aide d’une pompe. Ce violeur en série est toujours en cavale.

La justice, un goulot d’étranglement

Là où le problème demeure entier, selon Aminetou Mint Moctar, c’est que «la majorité des victimes font face à des difficultés réelles pour l’accès à la justice», déplore-t-elle. Mieux, «quand elles y accèdent après plusieurs jours d’attente, on leur demande d’amener des témoins ; ce qui est très  difficile ou ne peut exister dans les cas de viol». La présidente de l’Afcf regrette, toutefois, «la liberté provisoire souvent accordée aux violeurs comme le cas de Brahim  à Aleg, le cas d’Akjoujt et celui d’Atar qui n’a même pas été arrêté suite à la complicité de certaines autorités judiciaires bien placées». Les victimes font face également à d’autres  problèmes comme les victimes d’inceste (viol par un père, un oncle…).  «C’est le  cas d’une victime violée par son oncle que l’AFCF a pris en charge et dont toute sa  communauté s’est  mobilisée pour faire une pression sur sa famille pour le retrait de sa plainte et le père était sur le point de retirer celle-ci (la plainte)» souligne Mint Moctar. Toutefois, précise-t-elle, «L’AFCF a intervenu pour s’opposer au retrait de la plainte et convaincre les parents de l’oncle et de la victime de la nécessité d’appliquer la loi sur ce genre de comportement nuisible à la société et à la personne elle-même». Cela pourrait, selon la présidente de l’Afcf, inciter l’auteur à éviter ce genre de comportement. Autant d’abus sur les femmes commis durant l’année 2013 et dont certains sont jusqu’ici impunis.

Rimweb


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