Afghanistan: plus de 40 morts dans des attaques des talibans

Kaboul éKaboul a été le théâtre, de la nuit du jeudi 6 à la nuit du vendredi 7 août, d’une série d’attaques suicides et d’attentats à la bombe qui ont fait au moins 42 morts et des centaines de blessés en divers endroits de la capitale afghane. Les talibans ont revendiqué les attaques visant les forces de sécurité afghanes et américain.

La vague meurtrière qui a touché Kaboul ces 6 et 7 août 2015 intervient un peu plus d’une semaine après la nomination d’un nouveau chef à la tête des talibans, le mollah Akhtar Mohammad Mansour, et semble condamner toute reprise à court terme des pourparlers de paix entre le mouvement islamiste et le gouvernement du président Ashraf Ghani.

Vendredi soir, alors que les cadets d’une école de police de Kaboul rentraient de week-end, un kamikaze, vêtu d’un uniforme de policier, s’est fait exploser au milieu de leur groupe. D’après un responsable de la police afghane s’exprimant sous couvert d’anonymat, l’attentat suicide, revendiqué par un porte-parole des talibans, a fait au moins 26 morts et 28 blessés.

Quelques heures plus tard, deux explosions ont retenti dans un secteur situé au nord de l’aéroport de Kaboul, près de Camp Integrity, une base des forces spéciales américaines. Elles ont immédiatement été suivies par des tirs des assaillants talibans contre la base. Un soldat de l’Otan et deux talibans sont morts dans les affrontements, a déclaré le colonel Brian Tribus, un officier américain, directeur des relations publiques pour la mission de l’Otan Resolute Support en Afghanistan. Huit civils ont également été tués dans cette tentative d’assaut.

Toute la nuit et jusque dans la matinée de ce samedi 8 août, des avions de combat et des hélicoptères des forces de sécurité ont survolé la capitale afghane, où des secteurs entiers ont été bouclés.

Attaque contre des civils

Cette série d’attentats et d’attaques avait débuté dans la nuit de jeudi à vendredi par l’explosion d’un camion piégé près d’un site militaire dans le quartier fortement peuplé de Shah Shadid, faisant 15 morts et 248 blessés.

Le bilan pourrait s’alourdir : sous la violence de l’explosion, qui a creusé un cratère de dix mètres, des bâtiments ont été réduits en ruines et des corps pourraient être pris au piège sous les gravats.

Les talibans ne se sont pas attribué la responsabilité de cette attaque, qui a majoritairement tué des civils surpris dans leur sommeil. Mais, le porte-parole du président Ashraf Ghani, Sayed Zafar Hashemi, qui s’exprimait avant l’attentat suicide contre l’école de police, a déclaré à la presse vendredi : « L’attaque de la nuit dernière est un attentat terroriste lâche contre des civils ».

Démonstration de force de Mansour ou œuvre de ses opposants ?

Il s’agit des premiers attentats majeurs commis dans la capitale afghane depuis que les talibans ont confirmé la mort de leur chef suprême, le mollah Mohammad Omar, et annoncé la nomination du mollah Akhtar Mansour fin juillet.

« Certains espéraient que la mort du mollah Omar plongerait les talibans dans le désarroi et pourrait même les affaiblir. C’était un peu trop optimiste », estime Thomas Ruttig, de l’Afghanistan Analysts Network. « Reste la question : qui envoie ce message ? », ajoute-t-il.

Pour l’analyste, en effet, il n’est pas certain que Mansour ait ordonné cette vague d’attaques d’une rare ampleur contre la capitale afghane. Elle pourrait être l’œuvre de factions insurgées s’opposant à sa nomination et décidées à mettre en échec toute perspective de négociations avec le gouvernement.

A moins que le successeur du mollah Omar ait cherché par ce moyen à adresser un message de détermination tant aux autorités afghanes qu’aux talibans. « Cette nouvelle vague d’attentats est une tactique utilisée par la nouvelle direction des talibans pour montrer qu’ils sont toujours opérationnels », a jugé Abdul Hadi Khaled, un expert afghan en sécurité. « C’est une démonstration de force », a-t-il ajouté.

Pertes immenses pour les forces de sécurité afghanes

La guerre entre les talibans et le gouvernement afghan s’est intensifiée depuis la fin de la mission de combat de l’Otan à la fin de l’année dernière et le retrait de la plupart des troupes étrangères. Près de 5 000 civils ont été blessés ou tués entre janvier et juin 2015, selon les Nations unies.

Et selon les estimations du général John Campbell, commandant américain des forces étrangères encore présentes dans le pays, les forces de sécurité afghanes perdent chaque mois quelques 4 000 membres, déserteurs ou victimes des combats.

Source: RFI

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