Africa n°1: la montagne accouche d’une souris prématurée pour ceux qui s’attendaient à un geste de clémence de Aziz pour Biram!

Des centaines de personnalités issues du monde politique, religieux, socio-professionnel, de la sphère des droits de l’homme et de la société civile, ont supplié Aziz le président mauritanien à faire preuve de clémence dans l’affaire dite de Biram Ould Dah Ould Abeid à l’occasion de la fête d’el fitr qui marque la fin du jeune de ramadan. Mais le président mauritanien a fait la sourde oreille d’où la déception de ceux qui ont cru à une magnanimité du général.

Jeté en prison en avril dernier pour avoir supervisé l’incinération des livres rédigés par des auteurs sunnites et accusés de faire l’apologie de l’esclavage par des militants anti-esclavagistes dont Biram Ould Abeid, en personne, le président de l’IRA un mouvement abolitionniste, a suscité l’acharnement d’un régime de plus en plus frileux face à toute évocation de l’esclavage ou du racisme.

Ce sont des vieux réflexes que bon nombre de mauritaniens opprimés croyaient pourtant révolus. hélas même aprés les autres chefs d’état jugés peu soucieux du respect des droits de l’homme qui se sont succédés en Mauritanie, les choses n’ont pas évolués même avec Aziz qui s’est endossé un poids lourd très lourd même dés son arrivée au pouvoir le 6 août 2008 à la faveur d’un coup d’état militaire, en affichant d’emblée, sa prétention d’être le président des faibles et des pauvres.

Il oublie que la frange de la population en faveur de laquelle se sacrifie Biram et d’autres est à la fois vulnérable, et extrêmement pauvre. Sur ce terrain précis l’actuel chef de l’état mauritanien sais qu’il y a incohérence entre le discours et les faits attestant la réalité des esclaves en Mauritanie.
Pour Minetou Moctar Ely une militante des droits de l’homme de première heure et présidente de l’AFCF, Association des Femmes Chefs de Familles, Biram est un intellectuel avisé. Il sait écrire et lire le coran. Il a bien le précaution d’extraire tout ce qui est saint-coran des ouvrages incinérés. Il a brûlé la parole des hommes qui minimisent, voire encouragent l’odieux phénomène de l’esclavage.

 
Même si elle ne partage pas l’incinération des oeuvre quel que soient leurs auteurs, Minetou Mint Moctar Ely s’étonne du bien fondé du tollé suscité par l’acte de l’IRA. Le pouvoir et ses acolytes veulent réduire au silence Biram et les autres militants des droits de l’homme, mais là, ils font gravement fausse route en poussant à la radicalisation des formes de lutte contre l’arbitraire.

Salem Mejbour Salem
Africa n°1 Nouakchott

 

Source :Africa N°1


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