Afrique : les organisations paysannes disent « niet » à la confiscation des terres.

Le problème de l’accaparement des terres se pose avec acuité à travers le continent africain. Des multinationales de l’agro business à la recherche de terres fertiles  investissent  de nombreux pays africains.

afrique-terreL’enjeu est de taille. Un atelier  organisée autour des « accaparements des terres-par les Rencontres des plateformes nationales  et l’ONG peuples solidaires, durant le forum social mondial ,  a permis de révéler cette situation dramatique vécue par des millions de paysans.

La Mauritanie dispose d’environ 140 000 hectares de terres cultivables, dont seulement 30 000 ont été aménagés et 15 000 sont exploités.

En Mauritanie, de part et d’autre de la vallée du fleuve Sénégal, les  «populations, soutenues par  des organisations de défense des droits de l’homme et des ONGs se  mobilisent  fortement pour manifester et marquer ainsi leur  opposition à toute forme de dépossession non concertée de leur unique source de vie, la terre. Que deviendra cette frange de la population si toutes les terres cultivables et tous les espaces pastoraux lui sont arrachés et donnés à d’autres ? », déclare M. N’Diaye Saïdou Yéro, Secrétaire général de la Coordination départementale de Bababé du Comite de suivi du foncier.

Le gouvernement mauritanien  entendait  mettre  40 000 hectares des terres de paysans « à  la disposition » d’une entreprise saoudienne. Ces terres constituent des zones d’élevage ‘‘à haute intensité pastorale’’ (elles contiennent notamment de nombreux puits et mares utilisés pour l’abreuvage du bétail) et des zones de culture pour les populations qui y produisent essentiellement du mil, du maïs, du riz, des haricots et des pastèques.

S’il aboutit, le projet de l’Etat mauritanien et de l’entreprise saoudienne entraînera donc l’expulsion forcée de plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Le décret d’application de cette ‘Ordonnance portant réorganisation foncière et domaniale’, votée en 1983, a été publié en 1990 puis révisé en 2000. L’ordonnance stipule que « la terre appartient à la Nation » et le décret reprécise que « sont considérées comme faisant partie du domaine des personnes privées et protégées en tant que telles les terres mises en valeur par ces dernières ».

La propriété étant traditionnellement transmise de manière héréditaire et informelle, des dizaines de milliers de personnes risquent d’être privées de leurs moyens de subsistance étant incapable de produire un titre de propriété!

Le même calvaire est vécu ailleurs. Les paysans de la République Démocratique du Congo sont , eux aussi, préoccupés par la sécurisation foncière. Des actions de plaidoyer sont faites pour empêcher les dépossessions des terres qu’ils occupent. « Les gouvernements africains doivent prendre conscience en mettant sur pied de bonnes politiques agricoles pour que  l’agriculture soit le moteur de développement de l’Afrique », préconise Paluku Mivimbi de la Confédération Nationale des paysans du Congo(CONAPAC).

L’accaparement des terres doit être suggère Dembélé, au centre des politiques des dirigeants africains qui doivent, selon lui, prendre conscience de la nécessité de changer leurs politiques internes.Ils doivent aussi écouter leur peuple.

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