Ah, oui, oui ! Romano Prodi a compris !

Romano ProdiCeux parmi les occidentaux qui pensent que nous sommes restés en marge de l’Histoire, disent que si l’Africain affirme tout simplement « j’ai compris », c’est qu’il a encore besoin d’explications. Selon leur théorie, pour être parfaitement sûr que le message est bien assimilé, il faut insister jusqu’à ce qu’il dise, en hochant la tête, « Ah, oui, oui ! C’est ça donc ! ».

Par similitude, et au vu du billet  publié sur  http://happy.mondoblog.org, Monsieur Romano Prodi aurait exprimé la nécessité pour les africains de cesser de copier la démocratie occidentale, et d’adopter des formes adaptées à leurs réalités.

Peu de lecteurs ignorent que l’Homme n’est pas un Européen lambda. C’est un ancien Premier Ministre d’Italie, et ex Président de la Commission Européenne, et actuellement envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le Sahel. Quelqu’un qui n’est pas n’importe qui ne dit pas n’importe quoi.

C’est donc, après tant d’années d’expérience politique, d’exercice du pouvoir, et d’accumulation de maturité et de sagesse, que Monsieur Prodi a tenu ses propos qui nous autorisent à dire, à notre manière,  ah ! Oui, oui, il a compris, Romano Prodi.

Il a raison de crever, enfin, l’abcès. Il est temps d’arrêter ce cirque, de mettre fin à ce simulacre, et de déclarer la faillite de cette parodie de démocratie mimétique, qu’on nous a fait jouer come de médiocres comparses.

Elle nous a été imposée comme condition nécessaire, mais pas suffisante, pour l’aide à un développement qui peine à s’enclencher. Ce choix, qui n’était pas le nôtre, nous a fait vaciller entre la démagogie et ce que SNEIBA MOHAMED appelle, éloquemment, « la      démogâchis ».

L’échec est cinglant et criant. Ayons tout au moins le courage et l’honnêteté de reconnaitre cette évidente, et amère réalité.

Notre démocratie à nous, même si, comme toute chose par ailleurs, elle n’était pas parfaite, avait quand même l’avantage de fonctionner. Elle marchait, sans grands frais, sous l’arbre des palabres, ou la tente des ‘’Salamaleks’’. Tout le monde s’y accommodait, et y trouvait une partie de lui-même. Nous aurions pu la laisser évoluer, s’adapter, s’améliorer avec le temps, et se faire adopter par les autres.

Cet autre instrument que nous faisons semblant d’appliquer depuis des décennies, n’arrive pas à tourner chez nous. Au contraire, c’est nous qu’il fait tourner en rond, ce machin. Une sorte de cercle vicieux, quoi ! Elections, observateurs, contestations, vainqueurs qui n’ont pas gagné. Présidents inamovibles. Opposants, une fois, exceptionnellement, et par hasard, arrivés au pouvoir, deviennent indéboulonnables.

La raison est simple. La démocratie ne s’exporte pas, et ne s’importe pas. Elle ne s’impose pas, non plus, ou se décrète. Elle est un stade d’évolution socio-économique et culturelle des peuples. Par conséquent, pour qu’elle soit à même de répondre à leurs attentes, elle doit être une émanation–presque spontanée- de leurs réalités, et à l’image de leur niveau d’ambition pour eux-mêmes.

Finis les modèles stéréotypés. Le communisme s’est effondré, non seulement parce qu’il n’offrait pas de marges de liberté, mais aussi parce qu’il avait le même diagnostic pour tous les cas, et  le même remède pour tous les maux. Il en est devenu, lui-même,  un mal absolu.

Mon souhait est que cette position de Monsieur PRODI, puisse susciter un débat autour du concept  de la démocratie sociétale qu’il semble privilégier pour nous, et celle, pyramidale, qui a fait de nous les esclaves de nos gouvernants.

Au-delà des choix de type de démocratie, la réflexion devra porter aussi sur notre système de développement qui semble nous maintenir, inexorablement dans le dénuement total.

Mohamed Abdallahi

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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