Ah! Si les discussions pouvaient remplir les ventres

Mohamed_Hanefi_« Mon Dieu protège- moi contre un cœur qui ne te craint pas et contre une âme qui ne se rassasie jamais. »
On raconte qu’un homme d’une rare avarice se bouchait l’une des narines avec un tampon d’ouate. Et quand un jour ceux qu’ils croisaient lui demandèrent s’il n’était pas malade, il répondit:« non je suis en parfaite santé, mais respirer avec les deux narines est un gaspillage d’air inutile. »
Ceci rappelle étrangement cette élite Mauritanienne, prise au nombril par une faim de biens et de pouvoir qui ne connait aucune limite. Les bouches chantent l’intérêt national, mettent en priorité le peuple et les ventres et les poches pensent:« Allah accorde moi ta miséricorde et avec moi Mohamed (psl), mais ne l’accorde à personne d’autre. »
En quelle heureuse occasion ces « discuteurs » en couleur se sont-ils réunis avec le peuple pour s’auto-investir de la curieuse responsabilité de parler en son nom?
N’est-ce-pas une usurpation manifeste et un vol flagrant de confiance? Dans l’histoire du pays, ceux qui obtinrent une nomination, se sont-ils un jour rabaissés pour cerner les soucis du charretier, du docker ou de la pauvre veuve Mariem qui meurent stoïquement, enveloppés dans les linceuls de leur misère muette et impitoyable?
Le pays se débat dans un marasme économico-socio-politique d’une rare dangerosité, et d’un péril certain, et malgré cela, nos hommes « d’intelligence »continue à déployer les moyens de dernière technologie pour se disputer la chefferie sur un peuple qui n’a plus que la peau sur les os. Une triste et immorale conspiration de la puissance totale contre la faiblesse absolue.
Les slogans qu’ils scandent sont patriotiques, sincères et généreux, mais les réalités racontent tout autre chose. C’est à croire que nos esprits éclairés, pensent pouvoir tromper ces milliards d’êtres humains qui les observent, les jugent et parfois les méprisent. Pourtant la Mauritanie est riche. Elle peut couvrir non seulement, les besoins de tout son peuple, mais aussi celui des peuples avoisinants. Elle peut respirer avec les deux narines et servir tous ses citoyens. A nos jours tous les sujets susceptibles de nourrir un conflit ou une division, voire une guerre civile ont été épuisés. Les harratins, les forgerons, le « partage », surtout le partage des ressources nationales, les noirs de Mauritanie, les terres agricoles, les nominations des conseils des ministres et j’en passe.
Ceux qui discutent réclament le bonheur du peuple, mais leur embonpoint arrogant et leurs corps luisant de luxure, dénoncent, sans avoir besoin d’une preuve supplémentaire, les graves disparités qui séparent ceux qui se hissent aux rangs de « Son excellence », et « Son honneur » et le pauvre carburant populaire qui brule pour propulser ces moteurs insatiables vers les hauteurs, sans profiter, lui-même d’un iota d’amélioration de sa propre combustion.
Hier ils ont discuté que ce soit à Dakar ou ailleurs. Aujourd’hui ils discutent et demain ils discuteront quelque part sur ces espaces silencieusement complices d’un génocide traitre et sournois. L’incinération programmée et lucide de tout un peuple.
Ces palais de « congrès » ou du « peuple », ces décors luxueux et arrogants traitent des problèmes d’un peuple, qui n’a plus droit à manger son poisson, ni tromper sa faim des ressources de sa terre. La terre que le Seigneur des mondes lui a donnée.

Ah! Quelle est sale, la politique!!

Jamais le problème de l’esclavage n’a éclaboussé un peuple plus que le notre. Pas parce que nous soyons plus esclavagistes que les autres. Mais parce que nos fils ont besoin de gonfler ce triste passé pour avoir la raison de leur droit au« partage » des ressources.
On a oublié l’ile de Gorée au Sénégal, ou les bateaux de criminels embarquaient cette pauvre marchandise humaine, pieds et points liés, vers les horizons lointains. Ces pauvres cargaisons dont les deux tiers étaient jetées à l’eau après avoir été asphyxiés sous l’entassement inhumain dans les cales de ces embarcations de la mort. Le mot « Diam » ou esclave en ouolof a été oublié.
Les affres de la traite négrière au Bénin dans les deux ports d’Ouidah et d’Abomey. Ces torrents de larmes que les pauvres autochtones surpris dans leur paisible solitude, ont versé à flots dans le silence astral de l’humanité spectatrice. Des crimes effrayants se sont effacés de la mémoire humaine. Les mots Bangnié (esclave en zarma) et Bawa (esclave en haoussa), sont sortis des dictionnaires de la lucidité des hommes. Un seul esclavage a existé et DOIT continuer d’exister: le Notre. Notre cher esclavage, Notre vache à traire chérie. Zanzibar, devant la gravité de Notre esclavage, n’est plus qu’un vieux souvenir bénin et inoffensif.
Certains pourraient penser que ce rappel est une défense des esclavagistes. C’est une grave erreur. Seulement quand on diagnostique une maladie, on doit lui donner le temps de guérir. Peut-être que dans notre cas le traitement doit être rapide et fort.
Rien de moins que la sentence capitale pour ceux qui continuent ces pratiques odieuses. Mais quand on continue à écorcher sans cesse la plaie, on risque de l’infecter un peu plus, l’empêcher ainsi de se cicatriser et permettre à plus de microbes de s’y engouffrer.
Un autre malheur, parmi les nombreuses catastrophes qui nous persécutent, n’est autre que la manipulation de la religion pour maintenir des situations immorales, qui ne peuvent en aucun cas être l’interprétation d’un message divin, venu en miséricorde pour l’humanité entière.
Si Biram ould Abeid est en prison pour un discours extrémiste, qui risquait d’enflammer ce baril de poudre qu’est notre pays, beaucoup d’autres personnes doivent aller tenir compagnie à ce citoyen, qui, lui au moins, avait une raison de s’emporter. Ces personnes qui par la parole ou par le geste, continuent à attiser les flammes du tribalisme, du racisme, de l’ethnocentrisme ou tout simplement d’une supériorité factice, qu’ils cherchent à faire vivre par des sornettes et des épopées « glorieuses », sont une menace dangereuse et certaine pour la fragile cohésion de ce peuple. Ceux qui ne connaissaient pas leur tribu se sont ravisés. Ce sont ceux là que le président verra, les reines des abeilles. Allah aime les modestes.
Le président Mohamed ould Abd El Aziz discute avec des politiques-poches ouvertes, qui ne changent jamais au détriment d’un peuple qui ne le voit que l’espace d’un instant agitant sa main présidentielle pour le saluer à distance. Une population tenue a distance par les gardes, les politiciens et les policiers. Je suis très loin de vouloir dévaluer l’effort de cet homme qui à mon avis a fait preuve d’une certaine volonté et d’une certaine détermination dans la voie du changement, mais visiblement, comme l’autre, il a plutôt trait et continue à traire sa chamelle dans le marigot.
Le président doit faire en priorité une évaluation beaucoup plus précise et plus sèche des multiples roulettes russes dont les compatriotes politiciens et droit-homistes, manipulent avec dextérité les manettes pour pulvériser la tente nationale, au cas où leurs volontés, leurs attentes et leurs velléités n’étaient pas satisfaites.

Toutes ces chaines nationales

Cette Wataniya, cette Essahel, cette Chinguitty, cette Dava. Cette Mahadra, cette TVM, où un enfant est plié malgré son très jeune âge aux règles rigoureuses des dix lectures du coran. Ces hommes qui psalmodient nuit et jour les paroles divines, avant de plonger dans le « Mouatta » de l’imam Malik, ou s’accrocher fermement à la ramification de son interprétation avec Khalil. Qu’ont-ils fait pour que la parole d’Allah reste la plus haute et que les musulmans restent frères? Qui a trituré cette explication de Khalil, pour en faire la confusion actuelle?
Le tableau destiné aux hommes est parfait. Mais Allah, Lui transcende les apparences et ne tient compte que de l’essence et de la quintessence de la foi. Les résultats de cette ferveur s’effritent rapidement en jetant un coup d’œil rapide à l’impact qu’il devait avoir sur la société. Un impact mal imprimé. Une pièce très mal jouée.
Pourquoi à la Mecque et à Médine, la source sainte de l’Islam il n’y-a ni esclave, ni harratin, ni griot, ni forgeron, au sens origine du terme? Qui a inventé ce clivage au nom d’une religion qui a dit que le meilleur des hommes auprès d’Allah est le plus pieux? Et qu’il n’y-a de supériorité de l’arabe sur le non arabe que par la piété?
N’est-il pas le plus criminel de tous les criminels celui qui fait dire au prophète (psl) ce qu’il n’a pas dit? L’envoyé de Dieu n’a-t-il pas dit: « Celui qui me fait dire ce que je n’ai pas dit doit s’attendre à son siège en Enfer. » ? Combien doivent encore aller en prison pour que ce peuple puisse respirer comme tous les peuples du monde?
Allah n’a donné aucun faste à son envoyé. Ceux qui roulent en VX et 4×4 ne suivent pas la Sunna de l’envoyé (psl). Le prophète n’a jamais roulé dans les carrosseries de luxe. Il n’avait qu’une mule au temps des chevaux de pur sang. La tartufferie est sévèrement condamnée en religion islamique. Un peu plus loin la voix fluette de l’enfant qui récitait tout à l’heure selon la lecture de Warch, est coupée nette par un claquement sec de mitraillette. On célèbre les fils de la résistance. Le groupe « national » des caves alliées de la « no-bless ».
Le tir à la cible. On célèbre comme d’habitude dans la violence. Le claquement lugubre des coups de feu. Comme si les coups de feu apportaient une joie. C’est le syndrome de la terreur, la folie des grandeurs et la soif invétérée de puissance.
La puissance entière n’appartient qu’à Allah. Réveillez-vous. Nous sommes tous des cadavres en puissance. Peut-être à très proche échéance. Le manque de paix dans les âmes, fait que l’homme cherche toujours à couvrir la voix et l’avis des autres par de sinistres grondements de mort. Saddam rahimehou-llah, avait cette manie de toujours avoir un pistolet ou une winchester pointée aux dessus des têtes. Peut-être une épée de Damoclès pour que les têtes restent courbées.
Les Assad, s’imposaient par cette déification du Baath, qui faisait que personne n’osait s’adresser au Dieu du ciel et de la terre. Seul le Baath faisait vivre et mourir. Un peu comme le tyran Nemrod.
Certains érigèrent des statuts de bronze, pour s’immortaliser définitivement. Ils dépassèrent les limites d’Allah. Et celui qui a dépassé les limites de Dieu, s’est ruiné lui-même l’existence. Tous disparurent…sans laisser de trace. Toute la grandeur, la sagesse, la puissance, les passions, les grandeurs et la gloire de cette grande Oumma arabe, furent sacrifiés pour des vanités sottes et ridicules.
Les anges de Dieu font les comptes bien sur. Il est plus adéquat de célébrer la joie par les bonbons, les guirlandes, les décorations, les accolades et les couleurs. Les flutes chantent la vie. Les armes évoquent la mort.
Un peuple uni par la confiance, l’amour et l’intérêt mutuel est beaucoup plus puissant que des « Django » qui pensent tirer les premiers et ne se rendent pas compte que le monde les voit en frères Dalton qui de conneries, se tirent les balles dans les talons. La vérité, elle fait mal, mais le mensonge détruit.
Certains pensent qu’une seule ethnie soit habilitée à prétendre à ce jeu agaçant. En fait l’ethnie paisible en question est prise en otage, par ceux qui prétendent la représenter. Rien de plus.
Des gesticulations inutiles, qui réduisent cette chanson sacrée d’unité nationale, en « nuitée nationale », devant une chaine de TV, l’une de ces fameuses chaines, où on apporte un ou deux quidams de teint noir et quelque gammes blanches et on fait un « selfie » pour la communauté internationale: « La Mauritanie est unie. ». Ce sont les « ennemis » de la patrie qui cherchent à nous diviser. Maudis soient-ils. Amine.
Encore une fois, Biram est allé en prison parce qu’il prêchait la conflagration nationale à haute voix à ciel ouvert et sans modération. Beaucoup de Birams sont encore en liberté, puisqu’ils prêchent, pour ne pas dire préparent cet éclatement et la division de ce pays à l’ origine paisible, et modéré.
Ils sont beaucoup plus dangereux pour le pays que toute autre menace. Exactement comme les maladies malignes, celles qui sont en surface sont beaucoup moins mortelles que celles qui se développent dans les profondeurs. Je n’évoquerai même pas le cas des politiques « permanents ». Les anges se fâcheraient. Ces spécimens font leur affaire personnelle.
Ces icônes nationales, qui surfent en surface de tous les intérêts vitaux de ce peuple, qui lui-même en a perdu toute force vitale, sont je crois quelque chose que Dieu a créé pour que la Géhenne ne s’éteigne jamais. Viendront les cohortes interminables des légions de l’étranger, du racisme, de la ségrégation, qui chacun de son coté, a trouvé dans les trousses de ses convoitises et dans les plis de sa cupidité, de quoi présenter son pays comme un monstre à abattre. Mais quand le pays sera détruit, personne ne survivra.

Dieu nous garde.

Source : MOHAMED HANEFI

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