Années de braise : qui sont ces tranquilles traîtres noirs et autres peinards nègres de service ?

negre de service
En ces temps d’ennui où rien ne se passe, où il n’y a plus rien à dire comme si tout a été dit et que chaque langue sait désormais que la parole sans les actes ne sert à rien contrairement à la COD qui continue à s’exprimer comme d’éternelles pleureuses à chaque nomination.

En ces temps de vide sidéral sur la scène politique, soudain, avec une amitié déplacée comme procédé pédagogique donnant l’air d’une pénible tentative d’absolution, certains ont remis sur le tapis l’affaire des présumés traîtres négro-mauritaniens et autres soi-disant nègres de service sans oser les citer aussi clairement qu’on peut l’entendre chez les victimes et les infatigables gardiens des devoirs de la mémoire.

D’un côté on peut lire sur certains sites de la diaspora la liste des tortionnaires présumés avec quelquefois un témoignage disant que tel général noir a du sang sur les mains et de l’autre sur les sites grand public on lit des communications pudiques où on n’ose pas trop appeler un traître un traître. Du coup, le citoyen lambda ne sait plus trop qui croire.

Pourtant, peut-on imaginer qu’à cette époque, le système raciste esclavagiste maure puisse en toute connaissance de cause, permettre à un négro-mauritanien de « basse extraction », pour utiliser le vocabulaire de ces gens-là afin de bien situer l’univers psychologique de celui qui le subit, de s’élever socialement au nez de la société négro-mauritanienne féodale qui le méprise ;

Peut-on imaginer l’impact de ce tremplin maure chez ce négro-mauritanien ?A qui se sentira-t-il le plus redevable : au système maure des frères d’armes qui lui permettent d’avoir pouvoir et richesse ou à l’élite de ses frères hautains négro-mauritaniens qui le méprisaient royalement de par sa naissance avant de le craindre désormais ?

De même, on nous assure que tel et tel sans être des militaires seraient ce qu’on appelle des traîtres à la cause négro-mauritanienne car ils auraient servi de nègres de service pour aller chanter ici et là l’innocence du régime des tortionnaires.

Ils auraient pour la plupart fait « fortune » ou carrière dans les hautes sphères de la fonction publique et seraient encore parfaitement fréquentables, ne risquant rien de personne. C’est là une spectaculaire particularité mauritanienne : chez nous, les traîtres comme les grands voleurs sont respectés quelle que soit la trahison ou l’abominable crime économique.

Le traître dont la trahison a payé et le voleur bien gavé semblent être des aventuriers impressionnants donc fréquentables. N’importe qui peut quitter ses frères combattants politiques pour rejoindre le camp honni et les combattre à son tour sans rien risquer de quiconque.

N’importe quel homme politique, quel que soit le sujet, peut prendre un micro ou n’importe quelle tribune ici ou à l’étranger pour dire les pires mensonges sur des crimes de sang sans rien risquer de quiconque. On peut même être connu comme ayant du sang sur les mains et se la couler douce car les organisations politiques n’ont jamais eu recours à la loi du talion.

La politique chez nous n’est pas une politique qui puisse aller jusqu’à tuer son adversaire. A part, « les événements » où la folie meurtrière de la vendetta s’empare des populations téléguidées, seuls à ce jour, les militaires ont tué des gens qui étaient leurs adversaires.

Cette politique pacifique et pacifiste de nos hommes politiques est certainement à l’origine de la mutation de l’esprit militaire chez nous. Jadis nos militaires, l’époque faisant, étaient plus prompts à la torture et à la solution finale ; aujourd’hui ayant admis que ces civils n’ont que la langue, ils sont devenus plus civilisés.

C’est une bonne chose mais le revers de la médaille, c’est que jamais cette formule n’a été aussi d’actualité : « la dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours ». Qu’est-ce qui sortira de ce silence quand toute la classe politique aura compris que la parole seule est vaine ? Va-t-elle avoir suffisamment honte pour se retirer en espérant qu’une autre forme de politique puisse voir le jour ;

engagée physiquement jusqu’au bout ? Il se passe quelque chose de nouveau en Mauritanie qui bouleverse tout : cette façon qu’a le pouvoir de laisser les gens tout dire bouleverse les rapports de force car celui qui dit se rend compte que ce qu’il dit ne sert à rien et celui qui laisse dire se rend compte que ce qui est dit n’est que vent.

C’est du jamais vu. Bilan : ce qui est dit est neutralisé par l’expérience de l’impuissance. A qui la faute ? La faute à la culture où ce qui est dit n’est pas dit pour éveiller ni soulever le peuple mais pour faire réagir le pouvoir. Aussi, sitôt que le pouvoir ne réagit pas, le peuple trouve le discours vain et préfère alors le silence à l’action.

Ajib.

Source :  Chezvlane.blogspot

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