Application de la charia dans le nord : Attention, les jeunes résistants pactisent avec le diable

En refusant l’institutionnalisation de l’application de la charia dans la ville de Gao, le mouvement des jeunes résistants de la crise du Nord risque de dériver vers l’erreur. Pire, ces jeunes du mouvement adoptent cette position  en jugeant que leurs multiples actes n’ont pas été reconnus à leur juste valeur par l’Etat malien et la communauté internationale.

À travers une conférence tenue le vendredi dernier, le MUJOA a institutionnalisé la pratique de la charia dans la ville de Gao. A cette conférence ont participé les Imams et les membres du Conseil des sages pour la gestion de crise dans la ville, tout en acceptant lâchement cette volonté des islamistes. Désormais, la charia sera donc pratiquée par ces islamistes envahisseurs de la ville de Gao sur toute personne qui n’est pas en règle devant la « loi », c’est-à-dire l’institutionnalisation de l’application de cette charia.  Pour sa part, le mouvement affirme ne pas avoir participé à ladite conférence. Mais selon nos sources, ces jeunes ne sont plus contre cette volonté fanatique des islamistes. On apprend d’ailleurs que ledit mouvement a  adhéré à la pratique de la charia dans la ville de Gao. Toute chose qui explique leur abstention de participer à cette conférence qui a autorisé l’institutionnalisation de ladite charia par le MUJAO. Est-ce donc à dire que ce mouvement a d’ores et déjà perdu son combat pour la résistance contre ces rebelles ? Si  c’est le  cas, c’est vraiment dommage ! Pire, notre affirme que ces jeunes « résistants » ont  fait savoir aux islamistes que ce sont eux-mêmes (les jeunes) qui doivent leur amener les gens à « châtier » !  C’est dire que le mouvement a d’emblée pactisé avec ces diables d’islamistes : du coup, ces jeunes ont oublié les objectifs de leur mouvement. Avec l’application de cette charia sur les populations de Gao, ce mouvement prétendu  « résistant » devient un complice inconscient peut-être, mais consentant du MUJAO dans ses pratiques condamnées par le monde entier. A cet effet, ces jeunes pourraient être poursuivis si le MUJAO applique la charia suite à leurs dénonciations.

Ces jeunes du mouvement se disent qu’ils ne seront pas traduits devant les islamistes pour l’application de leur charia. Mais Dieu seul sait si cette promesse  sera respectée. Pire, un règlement de compte peut dégénérer dans l’application de cette charia sur les populations, comme  cela se passe actuellement dans la commune de Tinihamma, dans la zone d’Ansongo. Pourtant, ces jeunes étaient les seuls appréciés par les Maliens dans le cadre de leur résistance hors pair face aux occupants de Gao. Ils avaient toujours lutté pour la protection des personnes et des biens de la ville qui avait été la seule à ne pas se laisser faire devant les occupants et cela, grâce à la résistance dont ces jeunes faisaient preuve face aux occupants rebelles, sans compter les patrouilles nocturnes qu’ils effectuaient qu’ils effectuaient quotidiennement dans le cadre de la protection des populations contre d’éventuels voleurs. Mais, se demande-t-on avec étonnement, comment le MUJAO s’y est-il pris pour « retourner » complètement ces jeunes de Gao ? L’a-t-il fait en les soudoyant avec de l’argent ou des biens matériels ? En tout cas, on comprend mal que ces jeunes « retournent leur veste » du jour au lendemain pour le seul prétexte que l’Etat n’est pas venu à leur aide : ça ne tient pas debout !  Rappelons que ces mêmes jeunes  avaient réussi à  mener des révoltes populaires contre les pratiques inacceptables des occupants (MNLA et islamistes armés) de la ville de Gao. Une de leurs révoltes s’était même soldée par la chasse du MNLA de la ville par les islamistes. Après cette révolte, ces jeunes avaient pourtant empêché l’application de la charia sur un citoyen de Gao et sauvé l’animateur radio, Malick Aliou Maïga, des griffes des islamistes.  Aujourd’hui, de par leur ralliement à ces islamistes, c’est  comme si ces jeunes de Gao ont trahi et leurs nobles idéaux d’antan, et les populations assiégées par ces rebelles armées, et même le pays tout entier.

Ce mouvement n’a donc plus sa raison d’être !

Ces jeunes de Gao ont ainsi déçu tout le peuple malien qui était pourtant si fier d’eux, surtout que leur nom circulait partout dans le monde : autant dire que par leur résistance et leur patriotisme, ils étaient entrés dans l’histoire du Mali « par la grande porte », mais pour en sortir aujourd’hui par « la petite porte », hélas ! Selon notre source, ces  jeunes justifient leur trahison par le fait que le gouvernement malien et la communauté internationale ne se sont jamais manifestés pour les  encourager dans leur mission de résistance face aux envahisseurs. Malgré tout, ils n’avaient pas, à l’époque, nourri l’idée de collaborer avec ces derniers.  Mais la visite du ministre burkinabé à Gao pour que « l’eau débordât le vase ». En effet, le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Djibril Bassolé, s’était rendu à Kidal en passant par la ville de Gao. Lors de son passage, il avait reçu toutes les sensibilités de la zone pour une sortie de crise de la ville de Gao, sauf les jeunes « résistants. Depuis lors, ces derniers auraient perdu leur sens du patriotisme. Quoi qu’il en soit, ces jeunes devaient mettre le Mali et la protection des populations de Gao au devant de tout.. Mieux, ils doivent savoir que ce sont les populations locales qui seront les premières victimes de cette charia de ces islamistes fanatiques.

Oumar Diakité


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