Approche socio-économique du machiavélisme politique de nos gouvernants : Ou comment gouverner par l’inanition

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Depuis le temps que l’on observe nos gouvernants, il m’est apparu que leur mode de gouvernance n’a jamais été défini dans une approche scientifique dépourvue du poids des idées occidentales qui souvent, en enrobant d’un esprit philosophique de haut vol le concept de gouvernance, empêchent l’appréciation de sa véritable réalité. Tout au moins dans nos pays en développement.

Si la politique est, dit-on, l’Art du compromis, il est certain qu’elle est dans nos pays non seulement cela, mais aussi le compromis entre la mauvaise foi et la foi mauvaise. La bonne foi ayant rarement foulé l’espace politique de nos gouvernants, tout au moins pas pour ceux qui succédèrent aux bâtisseurs des indépendances.

Il convient, pour que la nouvelle théorie de la gouvernance que nous allons développer, prenne son essor, de nous débarrasser d’idées occidentales du type : le « gouvernement du Peuple par le peuple » ou le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ou de leurs ressources naturelles » ou encore les « droits de l’homme, humains, économiques, sociaux culturels » etc.

Car en vérité nos gouvernants faisant semblant de les appliquer dans le cadre de la « bonne gouvernance », ne s’en servent que comme slogans pour attirer l’aide publique internationale, acquérir des droits de tirages spéciaux ainsi que les dons et subventions de quelques organisations internationales qui croient qu’ils sont devenus de « bons élèves » de leur idéologie économique.

La réalité est toute autre.

Nos gouvernants ont depuis longtemps trouvé une voie, fort subtile, pour continuer à gouverner et à mener en bateau toute la communauté internationale. Ils ont découvert le « filon » d’une gouvernance bâtie sur « l’équilibre inanitionique ».

On définit l’« Equilibre inanitionique » comme étant le point de stabilité socio-politique dans lequel se trouve un peuple soumis à deux forces contraires : la faim et la satiété.

(Il n’est point besoin de définir la « faim », puisque dans nos pays tout le peuple la connait, par contre la satiété, elle que personne ne connait –sauf bien entendu les gouvernants- c’est le « Rassasiement. »)

Cet « équilibre inanitionique », donc est pour nous la formulation empirique d’un machiavélisme économique.

En langage naturel : « l’équilibre inanitionique » est atteint lorsque le citoyen (unité numérique d’un peuple), pris entre les besoins de subsistance élémentaire et l’acquisition de biens toujours insuffisants, pour assurer son autonomie alimentaire, est neutralisé politiquement.

En d’autre termes, la gouvernance inanitionique c’est l’ensemble des mesures que prennent les gouvernants pour empêcher leur peuple d’être bien nourri, car il s’intéresserait alors à leur politique mais jamais l’affamer pour éviter qu’il se révolte.

Le postulat est le suivant : Un peuple qui n’a pas faim finit par s’intéresser à la politique mais un peuple affamé finit par se révolter.

La problématique résolue par le recours à la “ la gouvernance inanitionique” est : Comment donc faire pour que le peuple ne puisse jamais manger à sa faim pour qu’il consacre son quotidien à la recherche de sa pitance (oubliant donc la politique), mais qu’il puisse trouver juste de quoi s’alimenter pour rester maitrisable.

C’est cet équilibre que nos gouvernants recherchent et qui les maintient en place.

Le “bon” gouvernant inanitionique c’est celui qui sait faire frôler au peuple le seuil de famine tout en l’empêchant de le franchir.

Pour cela il déploie une machinerie politico-économique, d’actions ponctuelles (rehaussement au compte-gouttes des salaires, des prestations sociales etc.) dans laquelle il se présente comme le gouvernant providentiel (pyromane et pompier) aidé en cela souvent par des organisations financières nationales et internationales (et une courtisanerie nationale aguerrie dans le lustrage des bottes.)

En effet, comment expliquer que les peuples, de pays si riches, croupissent dans la misère ?

Des richesses souvent faramineuses que ni la dilapidation des gouvernants ni la corruption ne pourraient épuiser et pourtant le peuple en est souvent totalement privé.

En fait les gouvernants dans cette forme de gouvernance inanitionique formulent leur politique économique machiavélique dans le sens de cet équilibre inanitionique.

Formulation graphique de la Gouvernance inanitionique

Si l’on convertit l’effort que le citoyen consacre à la recherche de sa subsistance en (unités de) temps, et l’effort qu’il consacre à l’action politique en (unités de) temps, le rapport entre ces deux grandeurs donne le degré de “réussite” de la gouvernance inanitionique.

En affectant au premier l’appellation de “Temps subsistance” et au second l’appellation de “ temps militance”, le point d’équilibre inanitionique sera exprimé par le rapport :

Temps militance /Temps subsistance.

On alors trois (03) situations distinctes :

Situation 1 : Quand le quotient de ce rapport tend vers 1 :

-La gouvernance inanitionique est à son point d’équilibre, elle est accomplie.

-Le peuple ne mange pas à sa faim et il consacre son quotidien à la recherche de sa pitance (oubliant donc la politique), et il reste maitrisable car on lui donne juste de quoi s’alimenter (il ne se révolte pas).

Situation 2 : Quand ce rapport prend des valeurs négatives :

-la gouvernance entre en crise (tensions, émeutes, révoltes etc.). Le gouvernant commence à chercher la direction de l’aéroport…

Situation 3 : Quand la valeur de ce quotient est supérieure à 1 :

-le temps consacré à la subsistance se réduit au profit du temps consacré à la militance.

-le citoyen, n’ayant pas faim, s’intéresse à la politique (le temps consacré à la subsistance s’étend réduit). Le citoyen réclamera alors la redevabilité de ses gouvernants (rendre compte de leur gestion).

-Les dirigeants ont alors menacés de chute.

Conséquences : Pour éviter que le peuple ne s’intéresse à la politique et donc à eux, et ne leur demande des comptes (de leur gestion) entrainant leur chute, les gouvernants éviteront de tomber dans les situations 2 et 3 précédentes. Les gouvernants tendront, alors, à rechercher (coûte-que-coûte) le point d’équilibre (situation 1) qui est la Voie de salut à leur mauvaise gouvernance.

Ce point d’équilibre peut être schématisé de la façon suivante :

La gouvernance inanitionique*

(* Inanitionique : Adjectif inexistant dans la langue française que nous avons inventée par construction sur le terme « inanition » qui signifie « état d’épuisement de l’organisme causé par le manque de nourriture» Pr ELY Mustapha)

Pr. ELY Mustapha

 

Source : kafer naum

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