Après avoir reçu sa notification de rejet par le MINT, le RAG adresse une déclaration virulente à l’autorité

 

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Comme il fallait s’y attendre, le bureau exécutif du parti Radical pour une Action Globale a rendu publique, le 05 août dernier, une déclaration  à travers laquelle, il a  dressé un réquisitoire contre le régime en place tout en fustigeant la décision d’interdiction de son parti. Pour le RAG, après 107 jours d’attente (dossier de reconnaissance déposé le 18 avril 2013), alors que la loi (ordonnance 91-024 du 25 juillet 1991 relative aux partis politiques modifiée par la loi 94.014 du 12 juillet 1994) prévoit 60 jours  à compter de la date dépôt du dossier, le pouvoir avait la latitude d’examiner et d’apprécier. Mieux, selon le RAG, l’autorité s’est versée dans l’ironie car «L’article 6 de la loi  invoquée pour motiver le rejet cite le racisme, le tribalisme ». Ce qui semble « ridicule » aux yeux des tenants du tout nouveau parti interdit.

Se défendant à tout prix contre cette décision, le bureau exécutif du RAG a soutenu que «Contrairement aux partis politiques dirigés par des ressortissants de l’ethnie arabo-berbère et déclinant des principes et des propagandes racistes et esclavagistes, les sept personnalités mandataires du RAG sont issues des différentes régions du pays » et que sa représentativité «reflète la diversité nationale mauritanienne : deux Arabo-berbères, deux Négro-mauritaniens et deux Hratine». Ce qui permet au bureau exécutif réuni en extraordinaire dès le lendemain de la notification de rejet, de soutenir que «Le RAG est une émanation des luttes anti-esclavagistes, antiracistes et pour la défense des droits et de la dignité humaine ».  Il juge très manifeste la volonté des autorités «d’exclure du champ politique les représentants  des opprimés, des laissés pour compte et autres damnés » qu’il se présente aux yeux du peuple mauritanien.

En conséquence, le parti RAG, a rejeté catégoriquement la décision du Ministère de l’Intérieur tout en dénonçant au passage «son caractère inique et illégal» privant du coup des citoyens mauritaniens «le droit à la libre association, garanti par la Constitution». Toutefois, le bureau exécutif promet d’attaquer cette décision en justice par tous les recours prévus par la loi. Dans tous les cas, le RAG a indiqué qu’il continuera ses activités comme prévu de manière «pacifique, dans le respect de la loi et pour imposer l’application de cette dernière et notamment les dispositions pénalisant l’esclavage ». Le RAG a enfin lancé un appel à l’ensemble des organisations politiques et de la société civile, les représentations diplomatiques et les institutions internationales  les prenant à témoins, «afin d’obtenir l’annulation d’une mesure liberticide et attentatoire à l’unité du pays, voire à la paix civile».

Lire l’intégralité de la déclaration ci-dessous :

En Mauritanie, seuls les partis maures sont désormais autorisés !

Communiqué de RAG

            Au moment où il s’élance dans une aventure électorale unilatérale qui hypothèque la fragile stabilité du pays et sape tous les efforts déployés par la classe politique pour résoudre la crise conjoncturelle dont il est à la cause, le régime de Ould Abdel Aziz vient de signifier, par une lettre laconique, de son ministère de l’intérieur, le rejet de la demande de légalisation de notre parti, le parti Radical  pour une Action Globale (RAG).

La demande de légalisation a été déposée le 18 avril, soit il y a de cela 107 jours. Or, la loi sur la reconnaissance  des partis politiques (ordonnance 91-024 du 25 juillet 1991 relative aux partis politiques modifiée par la loi 94.014 du 12 juillet 1994) prévoit qu’une décision de rejet de la part de l’Administration devrait intervenir dans un délai maximum de 60 jours, à partir de la date de dépôt de la requête; le non-rejet de cette demande pendant ces 60 jours équivalant, selon la norme explicite et les usages, à un une tacite acceptation.

L’article 6 de la loi  invoquée pour motiver le rejet cite le racisme, le tribalisme dont, ironie du sort et comble du ridicule, le pouvoir mauritanien taxe le RAG . Il se trouve que la majorité des personnalités mauritaniennes civiles ou militaires  qui constituent l’oligarchie du pouvoir en place est impliquée de manière notoire, directement ou indirectement, dans les exécutions extra-judiciaires, les disparitions forcées, les pogroms et la chasse aux Noirs de Mauritanie ainsi que l’expropriation de leurs terres, de leurs biens meubles, immeubles et bétail. Le pouvoir mauritanien joue avec brio le rôle du voleur qui crie au voleur. Il est  aussi impliqué – jusqu’à la moelle de sa superstructure – dans des pratiques esclavagistes contre les Hratine. On y croise des coupables, à divers niveaux, hommes et femmes porteurs de responsabilités. Ce pouvoir applique une gouvernance esclavagiste, refuse d’appliquer les lois anti-esclavagistes et ce malgré la pratique massive et multiforme d’un tel crime, au sein de la minorité ethnique arabo-berbère dont la segmentation tribale n’exclut une solidarité quasi automatique face à toute revendication de l’égalité des droits.

Contrairement aux partis politiques dirigés par des ressortissants de l’ethnie arabo-berbère et déclinant des principes et des propagandes racistes et esclavagistes, les sept personnalités mandataires du RAG sont issues des différentes régions du pays ; leur réunion reflète la diversité nationale mauritanienne : deux Arabo-berbères, deux Négro-mauritaniens et deux Hratine.

D’autre part, pourquoi le gouvernement mauritanien et ses laudateurs, clament-ils qu’il n y a pas de Hratine en Mauritanie, seulement des Arabes et des Négro–mauritaniens ? Pourquoi s’obstinent-ils à qualifier les Hratine d’arabes, niant ainsi, par le fait accompli de l’assimilation forcée, une identité propre à la fois africaine, arabe et berbère , forgée dans la douleur de l’oppression? Alors, oui, pourquoi ce même pouvoir, dans une flagrante contradiction, interdit-il un parti politique où il y a une majorité hratine, au prétexte qu’il ne compterait pas assez d’Arabes? Pour le système hégémonique, toute revendication d’équité et de remise en cause des privilèges, dès lors qu’elle conteste la préséance des tribus maures sur le reste du pays, devient, de facto, une manifestation de « racisme », voire d’ « extrémisme » ; les intérêts du bloc arabo-berbère constituent, aujourd’hui, l’étalon souverain, à partir duquel la politique, en Mauritanie, se mesure : toute expression en dehors de ce périmètre constitue une hérésie, y compris au sens littéral, c’est-à-dire religieux ; les lois, la coercition policière, les instruments administratifs et les outils de la contrainte armée, la presse, les instances de l’accumulation matérielle, la production symbolique tendent, tous, à préserver, reproduire et étendre le domaine d’influence de cette oligarchie pourtant déclinante, du moins par le nombre.

Le RAG est une émanation des luttes anti-esclavagistes, antiracistes et pour la défense des droits et de la dignité humaine. Ses statuts, règlement intérieur, composition des organes de direction représentent la pluralité du peuplement et des dynamiques à l’œuvre dans la société mauritanienne ; ils reflètent des aspirations à plus de justice, plus d’égalité  et à l’abolition définitive et effective de l’esclavage et de toutes les ségrégations raciales ou de castes.  La ficelle paraît bien grosse et la volonté d’exclure du champ politique les représentants des opprimés, laissés pour compte et autres damnés de la terre n’en est que plus manifeste.

Nous, direction du RAG :

1- Rejetons catégoriquement la décision de refus qu’opposent les services de Ould Abdel Aziz à notre demande de légalisation et dénonçons le caractère inique et illégal d’une atteinte caractérisée au droit à la libre association, garanti par la Constitution. Nous attaquerons la décision en justice et userons de tous les recours disponibles;

2- Considérons que les activités de notre parti, RAG, ont effectivement débuté lors du lancement que nous avons organisé le vendredi 2 août 2013, soit 107 jours après le dépôt de la demande de légalisation. Nous continuerons nos activités, comme nous les avions prévues, pacifiques, dans le respect de la loi et pour imposer l’application de cette dernière et notamment les dispositions pénalisant l’esclavage;

3- Nous nous étonnons du refus systématique, constant et méthodique opposé par l’Administration mauritanienne à la légalisation des organisations de lutte anti-esclavagiste, contre toute forme de discrimination et pour l’éclosion d’une véritable démocratie. Avant le parti RAG, on peut citer le cas de l’Initiative pour la Résurgence du mouvement Abolitionniste (IRA) qui attend toujours sa légalisation ainsi que le mouvement Conscience et Résistance (CR). Cependant, à l’instar d’IRA, le RAG ne se laissera pas intimider par les atermoiements d’une administration au service d’un régime qui ne cache plus son engagement aux côtés des forces esclavagistes, obscurantistes et rétrogrades et trahit, déjà,  la peur de la compétition avec notre parti naissant.

4- Lançons un appel à l’ensemble des organisations politiques et de la société civile, les représentations diplomatiques et les institutions internationales et les prenons à témoins, afin d’obtenir l’annulation d’une mesure liberticide et attentatoire à l’unité du pays, voire à la paix civile.

Le 05 août 2013                                      Le bureau Exécutif du parti RAG

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