Après la bataille de Damas, la marche sur Alep


Alors que les forces du régime de Bachar el-Assad reprennent peu à peu le contrôle de la capitale, l’Armée syrienne libre (ASL) s’est lancée depuis la semaine dernière dans la bataille d’Alep, capitale économique du pays. Et la rapidité avec laquelle les rebelles se sont emparés de plusieurs quartiers de l’est et du sud de la deuxième plus grande ville de Syrie (2,5 millions d’habitants) a surpris jusqu’aux rebelles eux-mêmes. L’armée régulière y a envoyé des renforts conséquents en peu de temps, montrant ainsi l’importance qu’elle accorde à Alep.

La métropole du Nord, qui a longtemps été éloignée des violences dans le pays depuis seize mois est désormais le nouveau front de la contestation anti-régime. Les insurgés, en grande majorité des sunnites issus des campagnes de la province d’Alep, essaient de prendre le contrôle d’une ville riche où une mosaïque de minorités cohabite avec 60% d’arabes sunnites. Et selon les témoins sur places, ces chrétiens, arméniens, Kurdes ou alaouites attendraient de voir qui va « gagner » sans prendre part aux combats, ce qui expliquerait l’avancée rapide de l’ASL. De leur côté, les rebelles ont promis de « protéger ces minorités » ; une donnée importante tant le clan Assad a fait des rivalités confessionnelles le pilier de son maintien au pouvoir.

Alep, carrefour routier et ferroviaire entre l’Anatolie et le plateau syrien, est souvent considéré comme le poumon économique du pays. Fabrice Balanche, directeur du Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient, relativise quelque peu cette approche : « Depuis 1960, le parti Baas a cherché à affaiblir le poids économique de la ville pour mettre en avant Damas. Et ensuite pour punir la ville après le soulèvement armé des Frères musulmans en 1980. Aujourd’hui, Alep ne représente plus que 20% du PIB syrien, contre 40% pour la capitale ». Cependant les industries manufacturières, agroalimentaires et de textile font vivre de nombreux commerçants qui ont établi des liens étroits avec le pouvoir et n’ont donc pas intérêt à ce qu’il change.

Benghazi syrienne ?

Plus que le poids économique d’une des plus vieilles villes du monde, c’est la position stratégique d’Alep qui attire aujourd’hui les combats jusqu’aux murs de sa cité antique. Afin de les éloigner de la frontière israélienne, le régime a installé dans la banlieue de la ville une grande partie de ses industries d’armement. « Des armes lourdes, précise Fabrice Balanche, qui ne serviraient pas à grand chose aux insurgés mais qui pourraient manquer à l’armée si la ville est prise ».

Enfin, un parallèle peut être fait avec la ville de Benghazi en Libye. Proche de l’Egypte, elle était rapidement devenue le foyer de l’opposition à Mouammar Kadhafi. « Qui tient Alep, tient tout le nord-ouest de la Syrie, jusqu’à la frontière turque », selon le chercheur. L’offensive, au départ lancée pour soulager les rebelles du front de Damas, pourrait faire d’Alep la future tête de pont du soulèvement contre Bachar el-Assad et faciliter les conquêtes à venir, avec comme base de repli le territoire turc. Et Fabrice Balanche de conclure : « Alep est un symbole. Si la ville est prise, les rebelles pourraient même y installer un futur gouvernement provisoire ».

Source : RFI

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Commentaires

  1. le vrai a écrit:

    l’occident aurait atteint son objectif si le régime *CRAZY*  syrien chute

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