Arabie Saoudite: Accusé d’apostasie, un blogueur risque la peine de mort

badawi_raid_bloggeuRaif Badawi, un blogueur saoudien, encourt la peine de mort pour ses écrits. En prison depuis juin 2012, il a été condamné au mois de juillet 2013 à 7 ans de prison et 600 coups de fouet pour « violation de la loi de 2007 sur la cybercriminalité » et « d’insulte à l’islam ». Depuis le 24 décembre, il est accusé d’apostasie, passible de la peine capitale en Arabie Saoudite.

« Un juge du tribunal a renvoyé mercredi (25 décembre, ndlr) Raif Badawi devant une juridiction supérieure, sous l’accusation d’apostasie », a déclaré à l’AFP son avocat Walid Aboualkhair.

Auteur d’un blog « Free Saudi Liberals », Raif Badawi n’a pourtant pas renoncé à sa foi musulmane, mais demandé une « libéralisation religieuse » et proclamé le 7 mai « journée du libéralisme » en Arabie saoudite, en appelant à lutter contre l’emprise des religieux sur la vie publique dans son pays.

Selon femme, Insaf Haidar, interviewée par CNN au mois d’avril dernier, Raif Badawi « voulait encourager le dialogue et le débat autour de la religion » dans son pays. Réfugiée au Liban avec trois ses enfants, elle déclare impossible le retour en Arabie Saoudite. « Vous sentez que tout le monde vous accuse. Tout le monde est contre vous, dans une guerre contre », avait-elle confié à CNN.

Au mois de mai dernier, Amnesty International a lancé une campagne appelant à sa libération. Au mois de juillet, l’ONG Human Rights Watch (HRW)avait dénoncé le jugement rendu dans cette affaire dans un communiqué. Nadim Houry, directeur adjoint Moyen-Orient à Human Rights Watch a indiqué que cela « tourne en dérision les prétentions de l’Arabie saoudite qu’elle soutient la réforme et le dialogue inter-religieux ».

Selon l’AFP, un écrivain libéral, Ahmad Turki avait aussi été arrêté au mois de décembre 2012, pour des propos postés sur Twitter qui ont été jugés offensants à l’islam par les autorités. Il avait dénoncé sur le réseau de micro-blogging « ceux qui donnent selon lui, une lecture extrémiste du « message d’amour » du prophète Mahomet, qui devient des appels à la haine par ceux qui interprètent sa pensée », rapporte l’agence de presse.

Le 29 octobre dernier, le journaliste Hamza Kashgari, emprisonné depuis 20 mois pour avoir tenu des propos jugés blasphématoires sur Twitter, avait été libéré.

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