Assises de états généraux de l’éducation : L’enseignement demeure sans crédibilité, malgré les reformes successives

Le premier ministre Dr Moulay Ould Mohamed Laghdhaf a indiqué qu’en Mauritanie l’enseignement n’a pas de crédibilité et ce en dépit des différentes reformes et financement destiné à «élever son niveau ».

 

 

 

 

 

 

Le PM qui supervisait l’ouverture, dimanche, des assises états généraux de l’éducation a souligné que « malgré toutes les tentatives, notre enseignement demeure dépourvu de crédibilité même si beaucoup de stratégies ont été réalisées dans le but de développer ce secteur et d’élever son niveau.»
Il a également soulevé le paradoxe existants entre l’existence en Mauritanie d’opportunités d’emploi et d’augmentation du chômage, soulignant que « nous constatons un grand déficit dans les compétences scientifiques et techniques à tous les niveaux, comme la médecine, l’ingénierie..etc, beaucoup de sortants de notre système éducatif se plaignent du chômage, en raison de l’inadéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi ».
Voici le texte intégral de ce discours:
 » Tout le monde s’accorde aujourd’hui à reconnaître que le système éducatif est celui qui différencie les Nations au niveau de la construction, de la production, de l’assimilation , du développement, de l’évolution, de l’innovation, de la stabilité et du bien être.
L’importance des crédits financiers, des ressources naturelles et des populations n’a pas d’effet tant que le système éducatif ne produit pas des ressources humaines profondément conscientes, disposant d’une haute compétence et solidement formées et recyclées.
Le système éducatif national a connu diverses réformes. Beaucoup de stratégies ont été réalisées dans le but de développer ce secteur et d’élever son niveau. El malgré toutes les tentatives, notre enseignement demeure dépourvu de crédibilité, enregistrant un recul des niveaux et une inadéquation avec les besoins du marché de l’emploi, cela en plus de la faiblesse de l’encadrement pédagogique, de la mauvaise planification et du manque de recyclage et de formation.
Conscient des grandes insuffisances qu’a connues notre système éducatif, à tel point qu’il a été incapable de répondre aux simples exigences de développement, mais aussi des espoirs et aspirations de la Nation, le gouvernement a chargé, sur instructions du Président de la République, Monsieur Mohamed ould Abdel Aziz, une commission indépendante composée de spécialistes, de superviser l’organisation d’état généraux de l’éducation et de la formation, a mis à sa disposition les moyens appropriés et lui a donné le temps nécessaire pour concevoir, selon des méthodes référentielles déterminées, un cadre efficient et global de notre système d’enseignement dont les contours généraux doivent être conçus par toutes les sensibilités de la société civile.
Les indicateurs disponibles montrent que notre pays dispose d’importantes opportunités de travail, appelées à augmenter continuellement, grâce aux chantiers déjà mis en œuvre dans de nombreux domaines, mais, en raison de l’accumulation des disfonctionnements au cours des 50 dernières années, notre système éducatif demeure encore loin du niveau demandé pour accompagner les plus simples exigences dont nous avons besoin.
Au moment où nous constatons un grand déficit dans les compétences scientifiques et techniques à tous les niveaux, comme la médecine, l’ingénierie..etc, beaucoup de sortants de notre système éducatif se plaignent du chômage, en raison de l’inadéquation entre la formation et les besoins du marché de l’emploi. C’est ce qui nous conduit à axer sur la formation scientifique, technique et professionnelle en tant que meilleur moyen pour répondre en même temps aux besoins pressants des franges de notre jeunesse en matière d’emploi et pour accompagner la demande diversifiée et croissante du marché de l’emploi et de l’économie nationale.
Mesdames et Messieurs
Les présentes assises nationales constituent un couronnement du processus élargi de concertation ainsi qu’une occasion pour présenter lle bilan des étapes précédentes devant les élites et les principaux acteurs dans le pays.
Notre espoir est grand de vous voir débattre et enrichir les exposés présentés pour parvenir à des résultats uniquement pratiques et techniques permettant de mettre en place des stratégies complémentaires et des programmes efficients et pratiques.
En exécution de l’engagement pris par le Président de la République dans son programme électoral, le gouvernement est tenu d’appliquer les résultats auxquels aboutiront vos actuels Etats Généraux, dans le cadre de la priorité accordée à l’éducation et à la formation.
Je déclare ouvertes les assises nationales des Etats Généraux de l’Education et de la Formation.
We Sallamou Aleykoum We Rahmetou Allah Taalla We Berakatouhou »
Pour sa part, le ministre d’Etat à l’éducation nationale, à l’enseignement supérieur et à la recherche scientifique, M. Ahmed Ould Bahiya, a loué la tenue inédite dans les annales de l’histoire du pays des Etats Généraux de l’Education et de la Formation (EGEF) pour atteindre des objectifs nobles et suprêmes portant sur la quête des meilleurs moyens pour développer le système éducatif national.
Il a salué, à ce propos, les efforts déployés par le Président de la République, M. Mohamed Ould Abdel Aziz, pour hisser le niveau et l’apport qualitatif de l’enseignement pour répondre aux exigences du développement, récompenser l’excellence à travers la création d’établissements spécifiques à cette catégorie, organiser des concours dans les différents domaines et améliorer les conditions matérielles et morales de la famille pédagogique.
 » Le Président de la République considère l’enseignement comme étant la pierre angulaire du développement des peuples et des Etats  » a-t-il dit
Le souligné le système éducatif mauritanien a connu au cours de dernières années des cumuls négatifs dues essentiellement à la négligence et à la déperdition, qui l’ont rendu au bord de la faillite si l’attention accordée par le gouvernement pour le développer et pour l’adapter au marché du travail n’est pas intervenue pour redresser
Le ministre a pal la suite rappelé également que ces assises couronnent les travaux de la commission des EGEF visant à identifier l’état des lieux du système éducatif ainsi qu’à déterminer les lacunes et à rechercher les meilleurs moyens pour le développer.
Il a appelé, enfin, les participants à saisir cette opportunité pour présenter des propositions à même de réformer et perfectionner le système éducatif mauritanien.
Pour sa part, le président de la commission des EGEF, M. Hamoudi Ould Hamadi a indiqué que le système éducatif souffre aujourd’hui, dans ses deux composantes ancienne et moderne de multiples dysfonctionnements qui handicapent
Il a énuméré à ce propos certains indicateurs qui reflètent cet état de fait dont le taux de déperdition qui touche environ le tiers des élèves du fondamental avant l’achèvement de ce cycle, la baisse du niveau d’acquisition et des compétences aux échelons moyens et supérieurs et l’inadéquation des profils des sortants avec les impératifs du marché de travail se traduisant par le chômage des jeunes.
Le président a souligné également que pour faire face à cette situation, qui risque de compromettre gravement l’avenir du pays, les pouvoirs ont décidé d’organiser des Etats Généraux de l’Education et de la Formation (EGEF) dont la supervision a été confiée à une commission nationale indépendante ayant pour mission entre autres la création d’un cadre de concertation, l’établissement d’un diagnostic général de la situation de l’école mauritanienne, la mise en place des bases d’une école républicaine et l’identification des contours d’une stratégie susceptible de combler les lacunes à court et moyen termes et d’améliorer l’efficience interne et externe du système dans toutes ses composantes.
Il’ ajoute: « sur la base d’un plan de travail établi par la commission nationale des EGEF dés son implantation par le Premier ministre, les grandes entrées pour aborder le système ont été définies dans les axes suivants ; les ressources humaines, les curricula et manuels scolaires, l’enseignement des sciences, la formation technique et professionnelle, le suivi/évaluation, les infrastructures, le cadre institutionnel et le pilotage, la recherche scientifique et l’innovation « .
Ould Hamadi a souligné également que la tenue de ces assises nationales durant cinq jours constitue le couronnement du processus de mise à niveau du système éducatif, remerciant à l’occasion du lancement de cette phase décisive de concertation, tous les acteurs et partenaires pour leurs précieuses contributions, particulièrement les acteurs du terrain, tels que les encadreurs, inspecteurs et enseignants des villes et des campagnes, dont l’effort nous a permis de récolter des milliers d’avis, de préoccupations et d’attentes.
Le président a apprécié aussi les contributions des partis politiques, des syndicats, de la société civile, des établissements scolaires et des personnes ressources qui ont apporté à la commission leur vision de l’action éducative et des perspectives qui lui sont ouvertes
Il a, enfin, loué la qualité de l’apport des experts nationaux et des personnes ressources notamment l’UNESCO qui a mis à la disposition de la commission une expertise de qualité ainsi que les pouvoirs publics qui ont facilité les travaux de la commission et veillé à la bonne exécution de son mandat suivant les normes requises.

ANI

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