Attaques terroristes : Le miracle mauritanien

attaque_mali_bamk_m_00_2Vulnérables, les pays qui se trouvent dans la zone sahélo-saharienne se trouvent sous la menace permanente de la violence aveugle des groupes terroristes qui écument la région depuis déjà plusieurs années et semblent bien s’adapter avec la présence militaire française à travers l’opération Barkhane.
Presque tous les pays du champ (Mauritanie, Mali, Burkina, Niger, Tchad) ont subi, cette année, des attaques parfois sanglantes des groupes terroristes. Seule la Mauritanie depuis cinq ans à la violence des jihadistes. Est-ce le fruit d’un mécanisme militaire et idéologique efficient ou s’agit-il plutôt d’un compromis passé sous la table entre mauritaniens et Jihadistes ?
La dernière fois que les groupes jihadistes avaient frappé des objectifs en Mauritanie remonte à l’année 2011. A l’époque, ils avaient réussi à enlever un gendarme qui officiait à Abdel Bagrou, non loin de frontière poreuse entre le Mali et la Mauritanie.
Ce gendarme sera échangé avec un activiste jihadiste qui s’était fait prisonnier enMauritanie. L’opération d’échange de prisonniers s’était déroulée sur la frontière en présence de représentants des deux parties.
Depuis lors, il n’y a jamais eu d’opérations de l’armée mauritanienne contre les groupes jihadistes ni d’incursions jihadistes dans le territoire mauritanien pour commettre des attentats ou enlèvements de ressortissants occidentaux. Les deux camps se livraient pourtant une guerre sans merci avant cela.
On se rappelle encore de l’incursion de l’armée mauritanienne à Hassi Sidi où s’y était déroulée une bataille féroce entre les deux parties. Cette bataille a été suivie, quelque temps plus tard, par la bataille de la foret Ouagadou où l’armée mauritanienne soutenait avoir chassé les groupes armées jihadistes de cette base de repli, jadis impénétrable.
Il y avait eu encore l’opération menée conjointement par l’armée mauritanienne et un commando des forces spéciales françaises qui visait à libérer l’otage français germano qui était retenu en otage par le redoutable et impitoyable chef militaire d’Aqmi Abdel Hamid Abouzeid qui sera tué plus tard par l’armée française dans les montagnes de l’Adrar des Ifoghas au cours de l’opération Serval.
Depuis ces opérations, il n’y a jamais eu d’escarmouches entre les deux camps. Du côté mauritanien, on explique à celui qui veut l’entendre que l’effort d’armement (acquisition d’avions militaires, réorganisation des renseignements militaires, désignation de points de passage obligés pour rentrer dans le pays) et d’entrainement des troupes mauritaniennes a porté ses fruits dans la mesure où des troupes combattantes et souples ont été mis sur pied et ont réussi à repousser la menace jihadiste hors des frontières.
A ce dispositif militaire, jugé efficace, s’y est ajoutée une politique de deradicalisation des jeunes tombés dans le filet des jihadistes à travers l’ouverture d’un dialogue avec eux mené par les plus célèbres oulémas du pays.
Cette action a eu pour conséquence le repentir de plusieurs dizaines de jeunes qui s’étaient faits embarqués, par ‘’ignorance du Livre et de la Sunna du prophète’’,dans l’aventure du Jihad. Après leur rencontre avec les érudits du pays, ils ont renoncé à l’idéologie jihadiste et sont rentrés dans le rang.
Un seul élément parmi cette bande avait récidivé en rejoignant les camps d’entrainement des groupes armés dans le nord du Mali avant de tomber de nouveau entre les mains des services de la sécurité mauritanienne.
Très peu de gens se laissent convaincre par cette thèse mauritanienne, tant il est établi que la plus forte armée de la région, l’armée populaire algérienne, continue de subir les assauts parfois meurtriers des groupes jihadistes.
Ce qui veut dire qu’il est difficile d’accepter que quiétude relative dont jouit la Mauritanie ne puisse être expliquée par une prépondérance militaire sur les groupes du Jihad qui se foutent éperdument des rapports de forces.
Cela est d’autant plus vrai que ces groupes constitués de personnes folles croisent le fer quotidiennement avec les armées les plus fortes de la planète. Sans se soucier outre mesure des résultats de leurs batailles sur le terrain.
Quant à la politique de dialogue, elle a été expérimentée par l’Algérie sans pour autant mener à des résultats spectaculaires. Par rapport à l’action des savants religieux mauritaniens, il faut tout de même accepter que leur réussite et leur aura, quelque soit son efficacité, ne pourrait influencer que les mauritaniens et non les jihadistes, plus nombreux, originaires des autres pays.
Alors qu’est qui explique donc ce fait tout même avéré : la Mauritanie a jusqu’ici échappé aux attaques jihadistes. Certains observateurs vous expliquent que le président Aziz a passé des accords secrets avec les jihadistes à travers des activistes de l’Azawad qui vivent en Mauritanie et qui possèdent d’excellents relais chez les groupes terroristes.
C’est ce qui expliquerait le fait que Aziz n’ait pas accepté d’entrer aux côtés de ses alliés français dans la guerre au Mali. Cette analyse est largement partagée par les services de renseignements des pays de la région. Il reste maintenant à savoir, si cette entente existe réellement, jusqu’où ira-t-elle ?

Amine Lazrag

Source : RMI Biladi

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