Attentat du Bardo à Tunis: les dirigeants tunisiens outragés

Bardo à TunisLe président Essebsi et le Premier ministre tunisien Essid, ainsi que de nombreux autres responsables tunisiens ont réagi à l’attaque qui a fait 19 morts, dont 17 touristes étrangers, ce mercredi 18 septembre à Tunis. D’autres dirigeants internationaux, dont François Hollande, ont témoigné leur soutien aux Tunisiens.

De son côté, le président tunisien Béji Caïd Essebsi, a assuré lors d’une visite à l’hôpital Charles-Nicolle de Tunis que « les autorités ont pris toutes les mesures pour que de telles choses n’arrivent plus ». Un peu plus tard, dans une brève allocution télévisée, le chef de l’Etat a déclaré : « Je veux que le peuple tunisien comprenne que nous sommes en guerre contre le terrorisme et que ces minorités sauvages ne nous font pas peur. Nous allons les combattre sans pitié jusqu’à notre dernier souffle. »

Pour Habib Essid, le Premier ministre tunisien, en visant le musée du Bardo, les assaillants entendaient frapper un secteur vital pour la Tunisie : le tourisme. « Cette attaque est lâche, a-t-il condamné. Elle vise l’économie tunisienne et elle vise un secteur sensible. C’est pour cela que le peuple tunisien doit, dans cette période difficile, se rassembler, s’unir, car la guerre contre le terrorisme va prendre du temps. (…) C’est pour cela que je demande à tous les partis, tous les courants, à la société civile, à tous, de se rassembler pour faire face à ce fléau qui menace la stabilité et la sécurité de notre pays. »

Par ailleurs, le ministre tunisien des Affaires étrangères, Taïeb Baccouche, en déplacement à Paris ce mercredi, a noté que cet attentat ne survient pas n’importe quand : « Ce crime abominable commis en Tunisie nous a surpris parce que nous avons reçu beaucoup de menaces pendant la période électorale, mais pendant plusieurs semaines rien ne s’est passé. Nous étions très confiants. Nous sommes surpris mais nous savons aussi que ce coup qui frappe la Tunisie, la frappe au moment où le Parlement tunisien était en train de discuter d’une loi de lutte contre le terrorisme. Ils n’ont pas pu le faire au Parlement, ils ont visé le maillon faible qu’est la culture, les musées et les touristes. C’est un coup dur pour la Tunisie, mais nous voulons aussi que tous nos amis comprennent que le terrorisme peut frapper partout (…), mais il n’aura aucun avenir. Il faut être solidaire dans la lutte contre le terrorisme. »

Les députés tunisiens se sont réunis en séance pleinière ce mercredi soir à l’Assemblée nationale, pour dire que « la Tunisie reste debout, solidaire et unie contre cette barbarie ».

Rassemblement spontané dans le centre

Parallèlement à ces premières déclarations des plus hautes autorités tunisiennes, plusieurs centaines de Tunisiens se sont rassemblées mercredi soir à Tunis en signe de révolte contre cet attentat, rapporte l’Agence France-Presse.

Réunis face au théâtre de l’avenue Habib-Bourguiba, artère principale du centre-ville, des manifestants de tous les âges brandissaient des drapeaux tunisiens, scandant des slogans hostiles aux « terroristes » : « La Tunisie est libre, les terroristes dehors », « Dégager les terroristes est un devoir », « Avec mon âme et mon sang, je te défendrai drapeau », ont-ils notamment repris en choeur. Les manifestants chantaient aussi à intervalle régulier l’hymne national tunisien.

François Hollande : « La France doit être solidaire »

Le président français François Hollande a manifesté son soutien lors d’un entretien téléphonique. « Le président a parlé au président tunisien pour lui témoigner de la solidarité de la France avec lui-même et le peuple tunisien dans ce moment très grave », a fait savoir l’Elysée.

« Chaque fois qu’un crime terroriste est commis où que ce soit, nous sommes tous concernés. Il y a effectivement de la douleur aujourd’hui. Je pense à ces hommes et à ces femmes une fois encore lâchement assassinés. Je pense à ces touristes qui venaient comme pour admirer la Tunisie (…). Je pense aux Tunisiens qui accueillent déjà beaucoup de réfugiés venant de Libye et qui ont réussi une transition démocratique exceptionnelle, pays du printemps arabe. Oui, la France doit être solidaire de tous les peuples frappés par le terrorisme, solidaire aussi de tous les peuples qui veulent leur liberté », a déclaré François Hollande.

Son Premier ministre, Manuel Valls juge que « cette attaque terroriste (…) illustre cruellement les menaces auxquelles nous sommes tous confrontés en Europe, en Méditerranée, dans le monde ». En déplacement à Bruxelles il a recommandé « la plus grande prudence » aux ressortissants français et adressé un « message de solidarité ».

Toujours en France, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius estime que « le terrorisme touche aujourd’hui – et ce n’est pas un hasard – un pays qui représente l’espoir dans le monde arabe. L’espoir de paix, l’espoir de stabilité, l’espoir de démocratie. Cet espoir doit vivre. »

Rappelons que deux Français ont été tués dans l’attentat et sept autres blessés, dont l’un serait dans un état grave. La justice française a ouvert une enquête.

Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a condamné « avec la plus grande fermeté » l’attaque « terroriste ».

Source: RFI

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