Attentats en France: le point sur l’enquête

ministre de l'Intérieur Bernard CazeneuvDix jours après les attentats terroristes qui ont endeuillé la France, l’enquête policière se poursuit. De nombreuses interpellations ont eu lieu en fin de semaine dernière en région parisienne, et ce alors qu’étaient inhumés deux des trois assaillants tués lors des attaques. Sur le plan politique, le gouvernement s’active pour répondre aux nombreuses conséquences politiques et sociales des attentats. Le point sur l’enquête.

Neuf des douze personnes interpellées dans la nuit du 15 au 16 janvier en région parisienne ont vu, dimanche 18 janvier, leur garde à vue prolongée de 48 heures. Les enquêteurs s’intéressent toujours à huit hommes âgés de 22 à 46 ans ainsi qu’à une compagne de l’un d’eux, âgée de 23 ans. Les policiers cherchent à déterminer le possible soutien logistique, armes, véhicules, qu’ils sont susceptibles d’avoir apporté à Amédy Coulibaly, le tueur de Montrouge et de Vincennes.

Ces neuf gardés à vue ont été interpellés dans trois départements de la petite couronne parisienne, la plupart étaient déjà connus pour des délits de droits communs. Ils ont donc également été en lien avec Amedy Coulibaly, mais pas avec les frères Kouachi. Pour l’instant, aucune mise en examen dans l’entourage des frères Kouachi n’a eu lieu.

Vendredi, Saïd Kouachi, l’aîné de la fratrie, a été enterré à Reims, où il résidait. Sa tombe est anonyme et le nom du cimetière est également tenu secret pour éviter que cette sépulture ne devienne un lieu de « pèlerinage ». Chérif Kouachi a lui été enterré dans la nuit du 17 janvier à Gennevilliers, commune où il vivait, là encore avec un grand souci de discrétion. Lorsqu’il a été mis en terre il n’y avait personne, pas même son épouse, qui n’a pas souhaité assister aux obsèques. Quant à Amedy Coulibaly, son lieu d’inhumation n’est pas encore connu.

Premières réponses aux attaques terroristes des 7, 8 et 9 janvier derniers, sur le plan judiciaire : le gouvernement a choisi de réprimer durement tout acte ou message faisant l’apologie des attentats ou de leurs auteurs, en multipliant les procédures. Le gouvernement a aussi lancé une « mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République », après que de nombreux élèves ont refusé de se joindre à la minute de silence pour les victimes. La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem doit, cette semaine, faire de premières annonces.

Enfin, mercredi 21 janvier, le gouvernement va présenter ses mesures pour renforcer le renseignement après les « failles » révélées par les attentats – les trois terroristes français étaient connus, parfois de longue date, par les services. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve doit proposer un renforcement de la Direction générale de la sécurité intérieure, notamment pour surveiller Internet et les réseaux sociaux. Quant au Premier ministre, Manuel Valls, il a aussi promis la création d’un fichier des personnes condamnées pour terrorisme ou membres d’un groupe de combat.

Avec ces annonces, le gouvernement espère ainsi perpétuer l’unité nationale qui règne depuis les attentats. En revanche, Bernard Cazeneuve a opposé une fin de non recevoir à une proposition phare de l’UMP, l’interdiction de retour en France de jihadistes même s’ils sont Français, car cette proposition est jugée contraire à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme.

Source : RFI

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