Attitudes atypiques, valeurs asymétriques

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Personnellement, je ne crois pas qu’il puisse y avoir, dans l’absolu, des valeurs universelles. Les différences culturelles, sociologiques, spirituelles, ainsi que les disparités économiques et écolo-géographiques, rendent cette tendance illusoire, utopique et chimérique.

Pour ne pas trop sombrer dans l’idiomatique, nous pouvons citer un exemple qui a pour l’occident, et pour nous, le même sens, mais pas du tout la même signification : le mariage pour tous. Mieux que les français, nous sommes activement favorables au mariage pour toutes. C’est pourquoi nous sommes polygames, parfois officiellement, tantôt officieusement.

Je vais éviter d’évoquer ici certains aspects théologiques qui, bien que je ne les maitrise pas assez, ne peuvent être considérés comme valeurs universelles, faute de compromis à leur sujet. Le foulard qui, à tort, est qualifié d’Islamique, et considéré, par incompréhension par les occidentaux, comme une dévalorisation et une humiliation de la femme musulmane, est très beau aux yeux de ceux qui le préconisent, attrayant, voire…érotique pour ceux qui l’apprécient.

Les exemples ne manquent pas, mais je vais me limiter ici à trois qui m’ont semblé suffisamment significatifs, pour montrer que ce qui est, pour certains, universellement valorisant, est pour d’autres, totalement stupide.

Au premier, j’avais déjà consacré un billet, intitulé « France : désaccord, en nombre, sur le genre », lorsque, à la suite d’une initiative parrainée par le ministère français de l’Education, l’académie de Nantes avait demandé aux garçons lycéens de porter des jupes à l’école durant la journée de vendredi 16 mai 2014.

Bien que largement controversée dans l’opinion française, la journée eut effectivement lieu, et j’avais jugé que les femmes, dans leur combat pour l’égalité, ne demandaient plus moins que notre assimilation. J’ai eu aussi le sentiment qu’elles voulaient, désormais, évoluer de leur féminisme de femmes à notre féminisation d’hommes.

Les deux autres exemples, je les ai trouvés, fouineur de nature que je suis, positivement curieux d’habitude, en cherchant à inscrire à mon agenda toutes les journées à célébrer durant le mois de janvier en cours.

J’avoue que j’en ai trouvé d’autres. Mais avant d’aborder avec vous les deux plus incongrues, je ne peux que vous énumérer, brièvement, quelques unes, qui m’ont paru mériter une mention particulière:

  • Ceux qui aiment les pizzas, ou adorent les pâtes et escalopes milanaises, doivent se préparer pour la journée de la cuisine italienne célébrée le 17 janvier.
  • Les Messieurs et Dames qui ont le sens de la bienfaisance, ou tout au moins celui de la compassion, qui veulent compatir avec les lépreux, ou louer les efforts de l’association Raoul Follereauet l’Ordre de Malte pour l’éradication de cette horrifiante maladie, devront, d’ores et déjà se préparer pour le 31 du mois en cours.
  • Célébrée, en principe, le 26 de chaque mois de janvier, la fête de la Douane et de l’Ethique, risque de ne pas trouver, en 2015, beaucoup de fêtards en Mauritanie. Le chômage des jeunes ayant atteint des proportions que je ne peux livrer, étant contestées par les pouvoirs publics, le dernier concours pour recruter 60 (soixante) unités n’a vu se présenter que 15 000 (quinze mile) candidats. Question éthique, n’étant ni opposant, ni opposé, je ne me prononce guère.
  • Si la France a retenu la date du 27 janvier, anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, pour célébrer la « Journée de la mémoire de l’holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité« , personne n’a retenu, jusqu’à présent, une journée mondiale pour le calvaire (Nakba) des palestiniens.

Vous ayant livré ces quatre anniversaires pour leur programmer ce qui vous semble idoine comme activités festives, je m’en vais maintenant vous prier de retenir votre souffle, pour prendre connaissance de mes deux exemples qui, je l’espère, m’auront permis de garder un semblant de suspense :

Ø  La journée internationale des câlins

Ø  La journée mondiale sans pantalon

Plus connue sous son nom anglais « Hug Day« , la journée internationale des câlins est célébrée le 21 janvier de chaque année, et ce depuis les années 70 du millénaire passé.

Paradoxalement, c’est un révérend (Kevin Zaborney) qui eut l’idée de la première journée des câlins. Il avait constaté que le début d’année et jusqu’à la St Valentin (14 février) était une période de plus forte tendance à la déprime. Les fêtes de fin d’année passées, un grand nombre de personnes souffriraient en effet d’un manque de contact émotionnel.

L’idée de libérer son affectivité sans attendre et recevoir des marques d’amour était née sous la forme d’un mouvement vers le « câlin gratuit ».

Le principe est simple : un individu propose, dans un lieu public, une accolade sans contrepartie à une personne choisie au hasard et le manifeste par une petite pancarte sur laquelle il est écrit « câlin gratuit ».

Je vois mal cette « valeur » transposée chez nous. Allez essayez devant l’un des grands marchés de Nouakchott, ou l’une des mosquées à la sortie de la prière d’un Vendredi !

Pourtant, les adeptes de ces généreux câlins leur trouvent beaucoup d’avantages, dont je vous fais ici l’économie de l’inventaire. Nous, question tendresse, on n’y perd pas beaucoup de temps. Question salades et autre entrées, ne sont pas de notre goût, et ne cadrent pas avec notre tempérament. On prend toujours les raccourcis, en passant directement, comme disait l’autre, au grand plat.

Quant à la journée sans pantalon, bien que d’apparence idiote, elle semble de plus en plus suivie. A titre d’exemple, elle aurait été suivie en 2013 dans 59 villes de 27 pays. Nôtre et nos villes, naturellement, ne font pas partie de ces statistiques. Nos femelles n’en portent jamais, et elles ont déculottés les mâles depuis les indépendances.

La tradition de la journée sans pantalon serait née il y a 8 ans à l’initiative du groupe new-yorkais Improv Everywhere. Ainsi, durant une journée, les usagers du métro sont invités à voyager sans pantalon, mais aussi sans aucune raison.

La consigne des organisateurs est claire et nette : « Dès que les portes se ferment à l’arrêt avant le vôtre, enlevez votre pantalon (…). Si quelqu’un vous demande pourquoi vous avez retiré votre pantalon, dites-lui qu’il vous gênait ou que vous aviez trop chaud« .

Par contre, costumes et uniformes, mais aussi vélos, sacs et attaché-cases sont privilégiés pour amplifier le décalage et mettre en valeur la partie du corps située sous la ceinture. Les participants ne doivent sous aucun prétexte se parler. Au contraire, ils sont invités à vaquer à leurs occupations habituelles (lecture papier ou sur tablette, couture, etc…).

Le collectif Improv Everywhere s’est fait remarquer par l’organisation de « flash mob humoristiques« .

Bon, puisqu’ils nous disent que c’est de l’humour, regardons si ces images vont nous faire sourire, ou nous attirer davantage vers « les valeurs universelles ».

Toute reprise partielle ou totale de cet article doit faire référence à www.rimweb.net

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