Au commencement fut la réaction…

 

 

aziz vote1B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Quand, il a perpétré son coup d’Etat, contre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, Mohamed Ould Abdel Aziz, alors général, commandant du BASEP, a dit que c’était une réaction. Une réaction. Un coup d’Etat en réaction à son limogeage. Il n’aurait pas été limogé par le chef suprême des armées, le président de la République, il n’aurait pas exécuté son putsch. C’est génial. Mais, plus génial, beaucoup plus génial, c’est la raison, qu’il justifiait par une réaction. Il est donc devenu un chef d’Etat, puis un président élu, grâce ou à cause, on ne sait, à, et ou, d’une réaction. Peut-on dire qu’un homme  est réactionnaire, quand il  devient président à lui suite d’une réaction ?

C’est un débat, peut-être, un peu long, très long, pour être exposé, ici, entre ces lignes. Mais, on ose dire que la réaction ne l’a jamais quitté, depuis. C’est comme s’il n’avait pas de projets pour le pays. Et cela se comprend bien. Lui-même, il l’a dit. C’est une réaction. Une réaction par rapport à une mesure qui le touchait, lui-même, en personne. Une démarche, dit-on, personnelle. Qui ne concernait pas les Mauritaniens. Même si une construction à postériori s’est greffée par la suite sur la raison première, qui était, on ne le dira jamais assez, la réaction. Pour donner, dit-on, dans ce qu’on disait, une portée rédemptrice au coup de force. Une rectification. La lutte contre la gabegie et tout le tralala qui s’en suivra. Quand, il a lâché le mot réaction, le putschiste de l’époque était sincère. Le mot était sorti, malgré sa dimension irréfléchie et déraisonnable. Les choses intimes, pour dire, les secrets les plus inavoués, naissent de la spontanéité.
B’…

De la réaction à la réaction…

A l’époque, il était spontané. Il l’est toujours, peut-être. En tout cas, la réaction demeure assez présente dans la démarche la plus quotidienne de l’homme. Et depuis lors, le pays se gère en réaction. On attend et on réagit. La lutte contre la gabegie s’était d’abord marquée par une approche sélective. On visait ceux qui étaient contre le régime. L’ancien premier ministre de Sidioca.  Et d’autres opposants hommes d’affaires et dignitaires de l’époque Maaouya. On luttait contre la gabegie, mais en réaction à l’opposition de certains, on les vise et les place derrière les grilles. Puis c’était devenu tellement évident que les gens ne parlaient que de règlement  de comptes. Et comme on a un président sensible, on réagit alors à ses attaques, pour se faire dans la réaction contre la réaction. Ça devenait tellement compliqué que la lutte contre la gabegie allait en subir une mort tragique. Les réactions, elles sont toutes pareilles. Qu’elles soient chimiques, physiques, politiques, ou autres, le résultat est un, et un seul. Il a un nom. Il s’appelle le chaos.

Donc. Pas de stratégies. Pas d’études. On attend. Et on réagit, en conséquence. Le président a horreur des études. Toutes. Et quand on n’aime pas vraiment les études, on est tout préparé à la réaction. C’est pourquoi le pays fonctionne depuis août 2008, par réaction.
Quand on compte un peu trop sur la réaction pour agir, on perd la vision d’ensemble. Et on perçoit les choses d’une manière fragmentaire. C’est ce qui arrive, dans tous les domaines. Des solutions partielles.

Forcément partiales. Au moment, où la grande marche des Haratines se prépare, le pouvoir, adopte, sans surprise, ses approches fragmentaires. Il fait appel aux wolofs, donnant au passage une prime pour le communautarisme, aux mouvements, qu’il ne reconnaissait, pourtant pas, tels Touche Pas à Ma Nationalité, Covire et autres, pour contrer une marche pacifique, dont les initiateurs exposent la question haratine d’une manière claire, précise et avec des propositions de solutions raisonnables.

Sinon, discutables en tout cas,   pour dire qu’on peut discuter. Or, le pouvoir préfère nourrir l’adversité radicale à l’adversité raisonnée et raisonnable. L’état actuel de l’opposition démocratique  en dit long et bien large sur ce penchant du pouvoir vers le radicalisme. Le pouvoir n’aime pas les discours intelligibles. Ils le dérangent. Puisqu’ils sortent de sa logique d’exercice et de pratique du pouvoir. Quand on nait d’une réaction. On devient naturellement son petit fils. Et on grandit, se nourrit de son lait de réaction. Et une réaction, c’est toujours, et c’est connu, la démarche la plus terrestre, la plus terre-à-terre, la plus réductrice qui soit.
B’…

A la fin sera la réaction…

Les panarabistes, l’aile baathiste de Mohamed Yehdhih Ould Breïdelleïl, qui ont été charmés, disent-ils dans ce qu’ils disent,  par le discours réformiste d’Ould Abdel Aziz, ne se sont pas vraiment attardés sur l’aspect réaction de la chose. Or, ils  parlent, tout de même,  dans un communiqué-opinion, qu’ils viennent de rendre public, d’une inconnue. Un ennemi inconnu, qui risque de surgir de son terrier et de causer le pire. Ils évoquent l’amateurisme, l’improvisation et la marginalisation des partenaires politiques, dans la prise de décision. Un président sans système, ni vision, ni rien du tout.

Le népotisme, qui gagne du terrain. La crise morale, qui gangrène tous les domaines publics. Cinq ans après son élection, Mohamed Ould Abdel Aziz n’arrive pas à rassurer ni ses partenaires politiques. Ni ses adversaires. Le danger se situe au niveau de cette inconnue que les baathistes comparent à la révolution tunisienne. A la dernière vraie-fausse profanation du Saint Coran, qui a failli engendrer un embrasement social des plus désastreux.

L’inconnue, c’est aussi un peu, si l’on ose comprendre, très connue sous nos cieux. Voulaient-ils vraiment laisser entendre celui-là. Pour une élite, qui a toujours, été adepte du salut militaire, c’est un peu un clin d’œil tout militaire. Les changements, ici, s’opèrent, toujours, au sein de la majorité, qui gouverne. Et la majorité, depuis 78, s’est toujours constituée autour d’un militaire. Même sous Sidioca, l’aile militaire était tellement présente qu’elle s’était retrouvée contrainte, dit-elle, sur la langue de son général, le plus en vue, de réagir par un coup de force. Dans l’exégèse des coups d’Etat, le communiqué-opinion des amis de Breïdelleïl est un argumentaire de la postériorité. En serait-on déjà là ?

B‘…

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