Au nom de Dieu de la justice et de la patrie. (1)

Mohamed HanefiJe n’ai jamais été d’accord avec Darwin. La raison simple est qu’avec sa théorie, il prétend par son« évolution », que l’homme descend du singe. Si ce grand savant était encore en vie, je lui aurais posé la question: pourquoi alors ces singes qui nous entourent et nous côtoient depuis des milliers d’années ne se sont-ils pas transformés en hommes. Et pourquoi cette évolution s’est-elle brusquement arrêtée.
Je me contenterais donc aujourd’hui de me poser des questions sur l’évolution mauritanienne. Nous sommes une société bien singulière, à nulle autre pareille. Je ne suis personnellement pas pour une évolution trop radicale. Certaines de nos« dé-évolutions », me sont d’ailleurs très chères.
Elles n’existent nulle part ailleurs et constituent donc pour nous les ainés un trésor irremplaçable. Je me souviens d’une fois ou dans la même réunion autour d’un thé, un chef d’état major, un premier ministre, un ancien esclave, un professeur et un tekoussou (chômeur), se taquinaient amicalement, comme au temps ou ils gambadaient dans les profondes forêts, aujourd’hui décimées du Brakna.
Comme il était au bout de la natte, c’était l’officier qui tendait le verre de thé à l’esclave. Ce retard là m’est très cher. Mais les choses ne sont pas toujours aussi amicales, ni aussi simples.
La civilisation a mis le monde sous haute surveillance. Et nous pouvons et devons nous demander en cette période est ce que nous sommes civilisés, comme les peuples, ou « si-vils-aisés », comme le soutiennent certains.
Les soleils se lèvent et se couchent depuis longtemps, bien longtemps, trop longtemps, sur des problèmes, qui semblent vouloir faire partie incurable de notre histoire.
Si nous attendons un système de signalisation, pour nous guider sur le chemin de notre destin, nous risquons de perdre le train du monde, et l’appartenance au monde s’entend.
L’esclavage, l’exclusion, le racisme, le passif humanitaire, les événements de 89 et les 89 événements, l’injustice, sont venus se greffer sur notre histoire, se coller à notre conscience collective, pour nous badigeonner d’histoires, qui nous créent tant d’histoires. Une mauvaise herbe que personne ne veut, ni ne daigne arracher.
La mauvaise foi, la mauvaise volonté et le dilettantisme, ont fait périr tant de peuples. Nous ne connaitrons vraiment notre ignorance de la chose, et les graves dangers qui pèsent sur notre existence, que quand nous lisons ce que les autres disent de nous.
Nous avons tant parlé de ces graves maladies sociales, que je me limiterais, dans ce long texte à proposer quelques solutions. Il est bien entendu que toute évolution mauritanienne, non darwinienne, requiert et implique un rôle déterminant et déterminé de ceux qui nous gouvernent. Ne serait ce que pour ne pas évoluer dans le sens contraire de l’évolution.
On ne peut jamais réussir en pratiquant le contraire de ce qu’on dit. Je me rappelle souvent, devant pareille occasion, de cet homme, qui un jour se présenta devant une femme et lui déclara: « Tu es Tout pour moi ». La femme lui dit alors « Si tu dis vrai, je suis Tout e à toi, mais, regarde derrière toi, il y-a ma sœur qui est beaucoup plus belle choisi » et quand le pauvre se retourna, le « Tout » tomba et une paire de claques s’ensuivit.
« Tu prétends m’aimer et tu te tournes vers une autre? »
Combien prétendent aimer leur Seigneur? Allah yestour.
Ne mentez pas à vous-mêmes. Rien ne vous y oblige. Regardez votre pays en face et en aparté. Toutes les vérités surgiront d’elles-mêmes. Et toutes les solutions s’imposeront par la sagesse et par la raison.

A- Pour le passif humanitaire.

Je commence par demander pardon à tous mes frères et mes sœurs, qui ont été brulés par les feux de cette haine satanique qui a soufflé en ces temps de miséricorde et de bénédiction sur notre pays et jusqu’au Sénégal voisin.
Je demande pardon à feu ma mère. Je lui avais peins la cohésion nationale en rose. Elle n’est pas morte avant d’avoir vu ce qu’elle avait vu, en cette période de malédiction. Pourtant j’étais de bonne foi. Profondément désolé ma mère, je ne pouvais imaginer qu’un jour la Mauritanie pouvait être si terrible.
Que nos principes, seul capital national, qui ne pouvait souffrir aucune dévaluation, pouvait être balloté si brutalement par la main de l’homme. Je remercie, tous les mauritaniens, qui ont été victimes et qui par pudeur et par considération de l’intérêt suprême du pays, n’ont pas tenu à cultiver la vision horrible de ces crimes.
J’exhorte tous les mauritaniens, toutes ethnies et toutes tendances confondues à engager immédiatement une collecte massive de solidarité nationale pour changer sans théorie inutile les conditions de vie de nos rapatriée et nos victimes.
Il est inhumain de voir encore, qu’un plus des atrocités vécues, des concitoyens continuent à vivre à la marge de la scène nationale dans des conditions dégradantes.
Un documentaire circulant sur le net, montre des familles astreintes à vivre avec un sac de blé pour six personnes et deux litres d’huile, des vaches maigres, qui n’ont pu survivre à ce climat de misère et de désolation, dans lequel nos frères de sang et de religion sont confinés.
Mauritaniens qu’est ce que l’amour du bien et des conforts a fait de vous? Ou est notre fraternité? Notre foi? Notre hospitalité? Vous n’aurez auprès de Dieu que ce que vous auriez avancé avant votre mort.
Acceptez vous que des concitoyens, des frères et des parents se plaignent sur les ondes du monde et continuent, après le calvaire que vous savez, à souffrir la faim le manque d’abris décents, les rigueurs du climat et la soif? Si vraiment vous êtes ainsi, vous n’êtes certainement plus ce que vous étiez. Quelle mauvaise évolution Malheureusement.
Je propose, sans discours, sans boubous gommés et sans ventres proéminents que les commerçants, les hommes d’affaire, les intellectuels dans toutes leurs spécialités, les cadres à l’intérieur comme à l’étranger, créent une instance ou ils verseront tout ce qu’ils peuvent verser comme biens, pour nourrir, loger et rehausser nos frères au même stade que tout le monde.
Indépendamment du gouvernement. Sauf s’il faut lui demander une autorisation pour cette opération. Que deux ou trois postes soient d’office attribués à nos victimes sans concours dans tout recrutement public ou privé.
Les nominations aussi. Elaguez nos nominations! Dans les hautes sphères, il y-a du pain pour tous. Je ne parle pas de compétence, du simple fait que je sais pertinemment quelle incidence a cette dernière sur les recrutements.
Que leurs enfants aient des places dans ces écoles d’excellence. Ou que ces dernières soient supprimées, pour une équité réelle avec tous les autres enfants du pays.
Mauritaniens soignons nous avant que d’autres viennent le faire pour nous. Ils nous feront ingurgiter le médicament qui leur plait et régleront notre convalescence à la mesure des critères qui versent dans leur conception des choses.
Nous ne serons alors qu’une misérable matière première, malléable et corvéable, à la merci de qui la pétrit.
Mauritaniens. Nous allons tous quitter ces fastes. S’adressant à l’envoyé (psl), Dieu a dit : « En vérité tu mourras et ils mourront eux aussi; ensuite, au jour de la résurrection, vous vous disputerez auprès de votre Seigneur. » Azzoumar (Les groupes)-30.
Que vaudront ce Jour les richesses, qui vous ont fait perdre la raison? A quoi vous serviront les villas de Tevraq Zeina et les voitures allemandes ou japonaises. L’amour, les bénédictions et les prières de vos frères, protégés par Allah, puis par vos soins, représentent un bonheur beaucoup plus durable que vous n’imaginez.
Une solidité incassable de votre pays et de votre maison. Une sécurité pour vos enfants et pour votre destin. Savez vous que ceux qui iront en Enfer, quand on leur demandera « Qu’est ce qui vous a mis dans le Saqar (Enfer), ils répondront : « Nous n’étions pas de ceux qui priaient et nous ne nourrissions pas le pauvre. » Al Mouddathir-43-44.
Ceci, dans notre cas n’est pas une aumône, mais plutôt une restitution de ce que nous avons pris à nos frères (le terme voler répugne.) : leurs vies, leur dignité et leurs biens.
Une autre urgence est d’ouvrir tous les medias et tous moyen de communication à notre disposition devant les mauritaniens pour qu’ils discutent de leurs problèmes en toute franchise, en toute intimité familiale. C’est la meilleure psychothérapie, pour exorciser les horreurs qui nous hantent, et pour que tous se délestent de ce qui pèse sur les cœurs. Allah sera avec nous et nous serons plus grands et plus forts que ce malheur.
Ce sont les choses cachées et couvertes qui pourrissent, avant d’empester les environs. Inutile de trop gratter la plaie, pour cultiver la haine et la rancune.
Le musulman ne peut être rancunier. Il sait que l’épreuve est une source de récompense. Il pardonne avant tout pour l’amour de son Seigneur qui le voit et l’entend et qui a dit « Annonce alors de bonnes nouvelles à ceux qui auront fait preuve de constance! Qui proclament quand ils sont frappés d’un malheur: « Nous appartenons à Allah et vers Lui, nous retournerons. »Coran I-155-156.
Une étape importante est que tout maure, blanc ou noir ait le courage de demander pardon, en toute occasion à ses frères et dépense l’effort en son pouvoir pour couvrir le mal par le bien. Je vous rappelle le Hadith du prophète (psl) : « Faites suivre le mal par le bien, il l’effacera. »
Apprenez à sourire à vos frères. Nous sommes un peuple qui ne sait pas sourire.« Ton sourire pour ton frère est charité » Hadith. Que vous coute d’être une image de joie de bienvenue, au lieu de considérer tout celui qui n’est pas vous ou les vôtres, comme une source de menace? Reconsidérez votre foi. Sinon, vous allez vous perdre pour sur.
Le ministère de l’agriculture doit jouer un rôle, dépourvu de politique pour aider ces frères à améliorer les terres qui doivent leur être restituées par l’état. Nous avons assez de terre pour que personne n’aille en Enfer pour avoir spolié les terres d’un autre.
Libérez l’option à tout mauritanien d’étudier ce qu’il veut. L’oppression culturelle est une cocotte-minute, qui explosera inévitablement. On ne peut, malgré l’effort, obliger un chat à être un chien.
Aucun effort national, aucune idée ou proposition ne doivent être écartés, en ces jours pour que la Mauritanie se débarrasse de ces images cauchemardesques et de ces divisions idiotes.
J’entends des cris perçants et malveillants qui revendiquent la division du pays, et que la frontière naturelle entre les mauritaniens doit être la route de l’espoir, que« Bruxelles » demande de séparer les harratins des maures. Quel sadisme et quelle méchanceté. Pourquoi séparer les mauritaniens, sinon pour les affaiblir? Et pourquoi les affaiblir sinon pour les démolir? Cela peut-il être pour un bien?
« La mort frappe à ta porte, O! Négligeant de la prière. »
Pourtant la Mauritanie, malgré toutes ses injustices internes, n’a jamais demandé la division d’un pays, ni celle d’un peuple.
Enviez-vous le sort du Soudan, de la Syrie? De l’Irak?
Avez-vous envie de faire comme ces « combattants de malheur », qui se sont rendu licites les cœurs et les corps de leurs concitoyens au point de les dévorer encore palpitants? Allez-y!! Il y-a encore des stocks et des stocks de malheur pour ceux qui ne savent remercier Dieu de ses grâces, ni préserver ses dons.
Les vrais changements se font avec le cœur, la langue, les comportements, la bonne volonté et la foi. Le reste relève du domaine du cinéma. Je m’excuse de la longueur du texte, mais nos soucis ne le sont pas moins. Dans le second volet, je partagerai avec vous mes réflexions sur les harratins, Lekwar, les autres et l’esclavage en Mauritanie.

A suivre…
Mohamed Hanefi. Kuwait.

Source : Mohamed Hanefi

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