Au nom de Dieu de la justice et de la patrie. (suite et fin)

Mohamed HanefiUn homme croisa le calife Omar et lui demanda:
– O prince des croyants! Je porte ma mère sur mon dos, je la nourris de mes mains et je lave ses mains et ses pieds. Crois-tu que je me suis acquitté de ses droits ? ».
-Wallahi! Répondit le calife tu ne t’es pas acquitté de ses droits. Tu fais ce que tu fais attendant qu’elle meure. Et elle faisait ce que tu fais en espérant que tu vives. N’est ce pas notre situation avec notre mère patrie aujourd’hui?
Les esclaves ont existé, peut-être qu’ils existent encore. Mais le puzzle inextricable, ce sont les défenseurs des esclaves, et les conservateurs de l’ancien système d’esclavage. Je ne peux oublier les défenseurs des morts, des vivants de tous ceux qui respirent sur cette terre, et de ceux qui naitront dans l’avenir. Défendre est devenu source de profit et de revenu.
Comme les défenseurs de la religion. Personne ne cherche à défendre quoi que ce soit à part une autorisation licite pour être tuteur d’une entité humaine donnée.
J’ai vécu dans une société, ou chaque famille avait ses esclaves. Même les Harratins avaient les leurs. Mais je peux dire, en prenant Dieu à témoin que cet esclavage là est totalement différent de l’image qu’on en fait aujourd’hui.
Ce n’était pas les chaines autour du cou, les galères, les transferts vers lePortugal, l’Espagne ou les Etats-Unis d’Amérique. Ce n’était pas les plantations de cannes à sucre, ou les corvées inhumaines. Loin de là. Il y avait l’esclavage enMauritanie. Un esclavage injuste, honni et criminel.
Mais un esclavage familial, fruit d’une société archaïque, bédouine et imbibée d’une interprétation religieuse, souvent opérée par des soit disant « connaisseurs », ayant l’œil fixé plus sur le profit que vers la volonté divine. Des tribus vivant de razzias et de démonstration d’une force relative au plus faible et au plus rusé.
Qu’est ce qui n’a pas injuste dans ce monde?
Puis-je me référer incessamment au temps ou en Arabie les pères enterraient leurs petites filles vivantes, pour éviter le déshonneur, pour juger les arabes de nos jours?
L’humanité évolue. Et chaque époque maudit sa précédente. Les humains sont mauvais de nature. C’est la seule espèce ou l’on tue par plaisir. Regardez les fourmis et les abeilles. Des sociétés desquelles nous devons apprendre beaucoup de chose.
Il y a la reine de la ruche, les soldats, les travailleurs et les guerriers etc. tout le monde a sa place et personne ne conteste le rôle de personne. La reine ne refuse de féconder les œufs d’aucun membre de la colonie.
Il n’y-aura jamais une société ou tout le monde sont égaux. Allah a donné plus de santé à certain, plus d’argent à d’autres, plus de belles femmes, d’enfants mieux éduqués, une meilleure santé etc.
Ce qui en revanche est important et vital pour un groupe humain c’est le respect des droits de chacun. Un gouvernement doit avoir assez de sagesse de force et de justice pour veiller à ce que toute personne ou qu’elle soit sur son territoire et quelle que soit sa position sociale ait ses droits.
En premier lieu son droit à la différence. Nous ne sommes pas des stéréotypes. Ceux qui veulent frapper les autres à leur image propre sont des gens de mauvaise foi. Ils cherchent à créer exactement, les conditions de ce « tutorat », dont j’ai parlé plus haut, pour avoir non seulement le droit de vie et de mort sur les autres, mais surtout, pour trôner sur le fauteuil combien convoité de la chefferie du privilège et de la priorité sur les autres.
Que veut dire vider une personne de tout ce qu’elle a d’authentique?
Quand Allah nous a crée, Il a choisi de nous faire différents. Nous n’aimons pas la même nourriture, nous ne portons pas les mêmes vêtements, nous ne parlons pas le même dialecte, nous n’avons pas les mêmes coutumes, ni les mêmes façons de nous marier d’élever nos enfants etc.…Pourtant, si Dieu avait voulu, il aurait fait de nous une seule communauté. C’est Lui qui veut et c’est Lui qui décide.
Cette différence est une richesse, que nous n’avons pas su exploiter. Pourtant ce sont ces diversités qui ont fait la grandeur de L’Amérique, du Canada, qui est en passe de donner le plus bel exemple de richesse culturelle à l’humanité toute entière, et bien sur de l’Australie.
Non!! C’est nous et seulement NOUS, qui devons imposer ces comportements anachroniques à la raison et à l’entendement. Comme si nous n’avions pas une constitution. Aucune garantie de liberté ou même du droit à être fier de son pays et confiant en lui.
Chacun voyageur de chez nous, scrute le monde et revient portant des règles et des coutumes que nous ne savions pas, que nos pères et nos grands pères ne savaient pas, et avec la bénédiction de notre gouvernement commence à imposer ce qu’il veut au citoyens de ce peuple orphelin.
Si Biram Abeid ou Boubacar Messoud, continuent à « déterrer » les esclaves de partout, ou est le rôle du ministère de l’intérieur? Celui de l’administration territoriale?
Et si ces hommes colportent de fausses accusations, pourquoi personne n’ose les contredire?
Pourquoi notre gouvernement ne parle t-il jamais?
Pourquoi les responsables de ce dossier n’ouvrent-ils la bouche qu’à Bruxelles à Genève ou à l’ONU? Je ne demande pas de réponse. Je la sais. Tous vos efforts sont tournés vers la consolidation de votre crédibilité et vos relations internationales. Alors que « l’internationale », habite au milieu de vos tentes.
Aujourd’hui les satellites donnent avec une précision inouïe, la couleur d’un ballon de tennis à partir du ciel. Ne soyons pas si naïfs et si ridicules. La Mauritanie n’est pas plus étouffée par un poids autre que vos concurrences invétérées, pour partager son pauvre corps.
Si le sort des esclaves vous intéresse, pourquoi n’êtes-vous jamais au milieu de ces esclaves? Pourquoi à quelques occasions au moins; comme le Ramadan ou les fêtes religieuses ou nationales, vous ne fournissez aucune aide à ces esclaves.
Ne souriez pas. J’ai obligé mes enfants à vivre et à servir les esclaves et les oubliés de la terre. J’en suis fier et j’en ai la conscience tranquille. La triste réalité, mes frères perdus par la convoitise des biens périssables de cette terre, est que vous avez trouvé dans le sort de ces misérables, le moyen de dormir dans les hôtels de luxe et de convoler en noces avec les ennemis de votre pays dans toutes les arènes internationales. Avec tout mon respect pour ces dernières.
Les esclaves n’existent pas comme a dit Mohamed Ould Abd Al Aziz. Mais il existe des sous-hommes enchainés par un baratin fixé depuis longtemps dans les cerveaux, Trop longtemps pour comme puisse le casser facilement. Le statut-quo est maintenu sur ces oubliés de la république, pour des raisons matérielles et électorales.
Ils constituent des réserves pour tous les charlatans de la politiques, qui tremblent de les voir se regarder réellement dans le miroir de la liberté et de l’égalité entre citoyens et humains.
Le gouvernement se tait de peur de perdre le soutient du notable. Le notable se tait de peur de perdre son poids putride et honteux et l’esclave se tait de peur de perdre une protection misérablement gratuite de l’ancien maitre et nouveau « démocratiquement » ancien maitre. Voilà la vérité.
Cette vérité là, serait restée indéfiniment dans les poubelles du secret, si de nouveaux acteurs n’avaient pas découvert le filon de cette mine d’un Eldorado à bon marché.
Tout le monde a peut-être de bonnes intentions, mais toutes les grandes guerres étaient faites à base de bonnes intentions. Des peuples entiers et naguère prospères ont été décimés par de bonnes intentions. Les Khawarij voyaient qu’Othman n’est pas comme Omar. Ils voulaient destituer le gouvernant pour changer le système, ils ont fait sauter le gouvernant et tout le pays avec lui.
Vous n’avez jamais médité sur les grâces d’une nuit calme!! Nous sommes en droit de nous demander à quoi servent tous ces efforts de la part du gouvernement, des abolitionnistes et de tous ceux qui, sur le net gravitent autour de ces problèmes.
Pour libérer ces hommes et ces femmes, parqués dans les Adwabas, je vous propose une petite solution, qui ne coutera pas cher : envoyez des hommes et des femmes de « bonne », bonne foi, habiter avec eux pour les instruire positivement de ce qu’ils sont. De leurs droits, leurs devoirs.
Leur apprendre que se tourner vers un homme pour en faire un dieu est un « Shirk »et qu’Allah a dit « Certes Allah ne pardonne pas qu’on lui associe une autre divinité et il pardonne ce qui est en deçà ». Que le Moushrik est destiné à la fournaise.
Donner leur, leur part de ce butin national que tout le monde convoite. Donnez-leur des dispensaires, des écoles. Le reste ils le feront eux-mêmes. Je les ai côtoyés pour une longue période et je peux vous assurer qu’aucun mauritanien n’est plus laborieux, plus courageux, plus hospitalier ou plus honnête qu’eux. Ils constituent par leur état la plus grande perte que ce pays n’a jamais subi. Malheureusement.
Ainsi nous économiserions notre encre et nos salives. Nous garderions nos langues à chaud. Rien ne détruit mieux que les langues. C’est pourquoi l’envoyé (psl) vous dit : « Le musulman est celui qui a épargné aux autres le mal de sa langue et sa main. »
Pour conserver le bonheur, il faut le partager avec les autres.
Faites de vos expériences passées une provision pour vous prémunir contre Satan, ses insufflations et contre vous-mêmes. Réparez ce qui est réparable et amorcer le vol vers des avenirs plus justes, mais surtout plus francs et plus sincères avec vos frères.
Allah donne des délais, mais ne néglige rien. Ses soldats sont inconnus sauf de Lui. Ils peuvent être des maladies incurables, des enfants perdus et criminels, des maisons emportées par des eaux qui surgissent de partout et de nulle part, des famines atroces, des hypertensions mortelles, un diabète, des tumeurs malignes embusquées dans des parties de votre corps et que vous aurez honte de dévoiler. Retournez à Dieu.
Les nationalités, ne voulant pas être arabes sont libres d’être ce qu’elles sont. Un simple concours semestriel ou annuel assaisonné de prix conséquents, poussera tout le monde à faire la course effrénée pour apprendre la langue de tout le monde. Parlez aux mauritaniens dans un langage qu’ils comprennent.
Parlez-leur de leurs problèmes. Éclairez-les ou suggérez les solutions. Voila ce que ceux qui veulent vraiment le bien doivent faire. Ceci ne veut pas dire que la moindre toux nationale, doit impérativement traduite dans toutes les langues nationales. Imaginer combien de temps un imam va passer de temps à réciter sa Fatiha en wolof, puular, en soninké et en hassanya. C’est ridicule.
J’ai vu des africains en Europe, de tous les pays et de toutes les ethnies africaines, mais qui se comprennent parfaitement. Mais nous, nous sommes particuliers. Nous couvons nos chers problèmes. Tout simplement parce que sans eux, nous n’aurons aucun sujet autour de nos séances de thé, ni raison d’être importants.
A quoi sert de passer les journées entières à farfouiller dans les dictionnaires de l’antiquité, pour étaler ses muscles sur un peuple dont la plupart ne savent ni lire ni écrire? Si vous tenez à parler dans la langue de la période préislamique, faites-le.
Mais dans la place adéquate et devant les personnes qualifiées pour cela. Mais quand vous vous adressez à des paysans qui récitent à peine la Fatiha, descendez un peu sur terre, pour qu’ils comprennent l’essentiel de votre érudition.
Ceci est aussi bien valable pour les fans de Molière et de Montesquieu. Pensez à la mort, elle vous aidera à tempérer vos ardeurs négatives, morigénera vos appétits insatiables et vous protégera contre les tares de l’arrogance et de la vanité.
Une bonne initiative est de nommer tous les défenseurs, bons et mauvais des droits de l’homme, dans des postes de droit de l’homme. Nous aurons ainsi la possibilité de mettre leur bonne foi à l’épreuve; et de séparer la graine de l’ivraie.
Les griots, les forgerons et les autres. Qui vous oblige à « être inférieurs » sinon vous-mêmes? Celui qui vous méprise, méprisez-le. Celui qui refuse le mariage avec vos fils, refusez lui le mariage avec vos filles.
Tout le monde a raison, quand il a confiance en sa raison. Vous êtes la crème de l’intelligence dans cette société. Profitez-en. Inutile de faire des coalisions qui disloquent le tissu social. Traitez vos frères comme ils vous traitent, si vous êtes inaptes à pardonner. C’est bien simple.
Un dernier mot : Mauritaniens, parlez vous en toute franchise, plutôt que de franchir la frontière pour vous barbouiller les visages de tourbes et de dévaluer à jamais votre pays. Cette mère qui vous avez tout donné et à laquelle vous avez tout pris. Y compris le pagne qui cache sa nudité. Ne croyez surtout pas que Dieu soit inattentif à vos actions et à vos exactions.
J’ai mis en garde! Mon Dieu soit témoin.

Mohamed Hanefi. Koweït.

Source : Mohamed Hanefi

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