Au Yémen, les rebelles Houthis s’attaquent aux ONG et aux opposants

YémenLe gouvernement yéménite du président Hadi et les rebelles Houthis devraient entamer le 15 décembre, à l’invitation des Nations unies, des négociations de paix prévues en Suisse. A la veille de cet événement, Human Rights Watch dénonce les violences commises dans la capitale Sanaa par les miliciens houthistes.

En préalable aux pourparlers de paix parrainés par l’ONU, un cessez-le-feu d’une durée de sept jours éventuellement renouvelable, devrait intervenir dès le 14 décembre à minuit, selon les termes d’un accord entre les belligérants. Les combats au Yémen ont fait plus de 5 800 morts.

Les combats se sont intensifiés

Mais, à quelques heures de la rencontre prévue en Suisse entre les représentants du gouvernement yéménite du président Abd-Rabbou Mansour Hadi et ceux des rebelles Houthis, les combats se sont intensifiés samedi en plusieurs points du pays, rapportent des sources militaires. Au moins 44 personnes, dont 12 civils, ont été tuées dans la journée de dimanche lors de frappes aériennes et de bombardements au canon, selon des sources médicales.

La guerre civile qui déchire le Yémen oppose des rebelles chiites Houthis aux forces loyales du président yéménite appuyées depuis mars 2015 par une coalition de plusieurs pays arabes sunnites menée par l’Arabie saoudite. Les miliciens houthistes contrôlent depuis septembre 2014 la capitale Sanaa, située à l’ouest de ce pays de 26 millions d’habitants.
Malgré de nombreuses alertes des ONG sur la situation humanitaire au Yémen et la saisie du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, aucune enquête internationale sur les violations des droits de l’homme commises dans le cadre du conflit n’a été à ce jour décidée.

Campagne d’arrestations

Human Rights Watch (HRW) fait état le 13 décembre des résultats d’une enquête menée à Sanaa. L’organisation de défense des droits de l’homme a pu ainsi constater que les rebelles Houthis ont fermé des dizaines d’ONG dans la capitale. De plus, HRW dénonce la vaste campagne d’arrestations dont sont l’objet les opposants depuis la prise de contrôle de Sanaa par la rébellion houthiste.
L’organisation a pu contacter des militants de quatre ONG qui ont été autoritairement fermées à Sanaa par les Houthis en avril dernier. Selon leurs informations, ces mesures étaient la conséquence des liens entretenus par ces ONG avec le parti islamiste sunnite Al-Islah, en opposition aux miliciens chiites soutenus par Téhéran.
Le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a par ailleurs précisé à HRW que depuis l’entrée des Houthis dans la capitale yéménite en septembre 2014, les locaux de 33 groupes avaient été fermés et pour plusieurs d’entre eux, leurs équipements confisqués. Depuis, la plupart de ces ONG avaient été empêchées de reprendre leurs activités et plus particulièrement celles affiliées à Al-Islah.

Près de 6 000 tués en quinze mois

Ces opérations de fermetures autoritaires se sont doublées « d’une campagne d’arrestations et de disparitions forcées de militants, de figures de l’opposition et de journalistes », rappelle le directeur adjoint de Human Rights Watch pour le Moyen-Orient.

La guerre civile a fait depuis septembre 2014 près de 6 000 tués et 28 000 blessés dont de nombreux civils, selon l’Organisation mondiale de la Santé.

Source: RFI  

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