Aziz, homme de paix et de justice

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Quand le président de la magistrature suprême se sent interpellé par la souffrance et l’injustice faites à des orphelins et leur mère pendant dix huit ans…

Je m’adresse ici à tout ce qui ont pris d’assaut notre domicile à la vue d’une annonce signé par le« Cadi » du Ksar, affiché dans tous les lieux publics, prévoyant la vente aux enchères de nos maisons pour la date du 10 octobre 2014. Je vous remercie : parents, amis, connaissances, sympathisants, confrères de Maître Chein- paix à son âme.

Chacun à sa manière, à son niveau, commentait l’événement : sidéré, dépassé, je dirais même dégouté. Notre passivité devant la situation les surprenait. Ils ne savaient pas que nous étions habitués aux multiples tentatives illicites de dépossession de nos bien immobiliers, perpétré par nos deux tantes paternelles (Dehbi et Vavit) et leurs époux et ce des les premières semaines qui suivirent le décès de notre père. 

Ceux-là même que mon père a épaulé, chéri, élevé, encadré moralement et soutenu financièrement dans toutes les circonstances difficiles au vu et au su de la Mauritanie entière.

« Était il nécessaire », avait dit l’un de nos visiteurs choqué « d’en arrivé là ? » « La mémoire honorable de feu Maître-Chein ne mérite pas d’être traité de la sorte, encore moins ses enfants après lui. » À quelqu’un d’autre de rétorquer : « le linge salle se lave en famille »

Malgré tous les biens faits dont elles ont joui de notre père, mes tantes et leurs avocats avaient soumis au cadi de l’époque, chargé de l’héritage, de nous imposer un loyer mensuel de 250,000 mille ouguiya sur notre domicile familial jusqu’à la fin du litige. Autre exemple, quand mes frères et moi étions à l’école primaire alors que nous demeurons inconsolables et n’avions pas encore sécher nos larmes après le décès brusque de notre père, leurs avocats avaient exigé une saisie conservatoire sur nos véhicules qui nous déposaient à l’école. Selon eux, l’utilisation quotidienne de nos véhicules ne pouvait être tolérée que si un versement mensuel nous était imposé par le tribunal. A leur avis, l’emploi quotidien des voitures diminue de leur valeur. Le cadi rejeta leur demande.

Mes tantes ont même demandé la vente des costumes du défunt. Ses vêtements représentaient à leur yeux une monnaie marchande qu’il fallait exploiter. Imaginez, on a voulu nous retirer l’odeur de la garde robe de notre père . En août 1996, voulant nous rendre en France avec notre mère en vacances, nous avons été informé par la police à l’aéroport qu’à la « demande » du procureur général nous n’avons pas droit de quitter le territoire. 

Mes tantes et leurs avocats craignaient l’existence d’éventuel biens de Maître-Chein en France et s’inquiétaient de nous voir s’en accaparer. Après une minutieuse enquête, nous avons découvert ce qui était en fait qu’une nouvelle intrigue de la part de mes tantes et leurs avocats ; car le procureur général de l’époque a démenti et déclinait toute responsabilité dans cet acte odieux. Comme la vérité triomphe toujours, nous avons pu voyager Dieu merci le même soir.

Vous êtes tentés de vous poser la question : « mais d’où leur vient ce droit ? Sont elles héritières de Maître-Chein ? » Je vous répondrais que non. Elles agissaient et décidaient au nom de ma chère grand-mère encore vivante (à l’époque) sans l’avis de cette dernière qui était sous surveillance médicale.

En 1999, après le décès de notre chère grand mère (paix à son âme) dont l’héritage nous revenait (ses petits enfants) et à ses deux filles (mes tantes paternelles) ; nous nous sommes vu privé de notre part sous un prétexte d’acte de donation manuscrit non notarié fait à son nom. Pour tout couronner, aujourd’hui en 2014, nos loyers font l’objet de saisie conservatoire par le cadi du Ksar sur des maisons qui nous appartiennent sur acte de donation de Maître-Chein et au final possédant des titres foncier. 

Tous les faits mentionnés plus haut ne sont qu’une infime partie du calvaire que nous avons enduré mes frères et moi et qui nous a volé notre enfance et notre jeunesse. Et c’est aussi le cœur en peine que je me vois obligé de m’exprimer ici sur l’espace publique, mais je considère qu’il est temps de rétablir la vérité et de contribuer à l’impulsion d’une culture d’écoute de l’opprimé. Les tabous naturels et les règles de bienséances hérités de l’éducation de nos parents nous ont réduit au silence toutes ces années.

C’est devant cette injustice qui perdure depuis trop longtemps que j’ai du recourir aux plus haut niveau de la magistrature. J’ai eu l’honneur et le privilège de rencontrer son excellence Monsieur le président Mohamed o/ Abd El-Aziz pour le tenir informer de la spoliation de nos biens et des torsions à la loi que nous subissons.

Nous jeunes étudiants Mauritaniens de l’étranger, certains d’entre nous après dix ans d’absence, avons pu découvrir un président proche et à l’écoute de son peuple lors de son entretien télévisé avec la jeunesse. Le message de ce débat nous a semblé être conçu sur un esprit de citoyenneté et de créativité pour un développement durable. Cet entretien, avec la jeunesse, nous paraissait basé sur une intention visible, d’échange, et de rassemblement incitant à des réalisations concrètes. Tel est le message que nous retenons.

Sachant que tout entreprenariat ne peut se réaliser que sur une base saine partant d’une justice fiable qui garantit les intérêts des uns et des autres, le président nous démontre qu’il fait de la justice son premier cheval de bataille et sa préoccupation quant à l’éradication de l’injustice. C’est ainsi que les témoignages de plusieurs victimes remis dans leur droit m’ont incité à opter pour rencontrer Monsieur le président.

Nous avons tenu à le voir en sa qualité de président de la magistrature suprême et tuteur légal des orphelins de la nation. Nous avons été entendu par un personnage écoutant attentivement et avec beaucoup d’intérêt notre récit. Et malgré son programme qu’on imagine aisément surchargé, Monsieur le président nous a accordé le temps qu’il fallait en posant des questions précises ; nous surprenant agréablement par sa simplicité et son étonnante attention mettant son interlocuteur immédiatement à l’aise.

Je tiens à souligner que nous avons tenté plusieurs fois dans les années précédentes de rencontrer les autorités compétentes concernées mais en vain…

Après avoir pris connaissances des tenants et des aboutissants de ce dossier renfermant tous les vices de procédures de fond et de forme contraire à la lettre de l’Islam, nous sommes convaincus que le président de la république prendra certainement les dispositions qui s’imposent. Nous demandons tout simplement que justice soit faite et dite loin de toute manigance intra tribale.

Pour reprendre les propos d’un sage d’Afrique, Amadou Hampaté Ba, à qui un journaliste demandait au terme d’un entretien : « Parmi les qualités humaines, laquelle vous surprend le plus ? » La réponse fut : « un homme reconnaissant »

Mon cher père, je sais que tu as été généreux envers les tiens… j’espère que durant ta vie tu as rencontré parmi eux des hommes reconnaissants, car nous derrière toi nous en avons vu très peu…

Sid´Ahmed o/ Mohamed-Chein o/Mouhamadou

photo : Maitre Mohamed Chein Mohamadou : Ancien Bâtonnier, Sénateur deBababé ; Président de la commission des affaires étrangères et de la défense au Sénat Mauritanien ; Avocat au barreau Mauritanien et Parisien ; Conférencier invité ; Père du mouvement des Lkadihin. 

Source : Sid’Ahmed M’hamed Chein

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