Aziz, l’armée et l’Etat en campagne contre des fantômes…

Vote-moutons vote ou couteau

Il y a quelque chose de grotesque d’entendre parler d’un directoire de campagne pour aller convaincre des électeurs alors qu’en face il n’y a aucun candidat ne serait-ce que pour donner l’air d’avoir une dimension quelconque. En 2009, Aziz avait en face de lui des noms qui au moins donnaient l’impression de représenter encore quelque chose mais là avec en face le Bodiel, le Birame, le Sarr et la Lalla, il y a quelque chose de grotesque dans cette campagne. Si la COD participait avec les ténors qui ont au moins une existence symbolique car ils sont connus, cela allait avoir l’air de quelque chose au moins dans les médias mais là c’est Goliath contre David dans un désert sans caillou où tout est vent…

Vivement que l’élection passe, qu’on parle d’autre chose.

Aziz va en campagne dans une Mauritanie en chantier de pacotille comme Dubaï en haillons sauf que les travailleurs misérables ne sont pas philippins mais bien mauritaniens. Il aura réussi en un mandat, on ne sait comment, à tout anesthésier. Il a dépossédé les intellectuels mauritaniens de tout pouvoir sur la politique, du moins la sienne en faisant ce qu’il veut quoi qu’ils disent, ce qui eut pour résultat de les faire taire. Au niveau de la presse, il a promu via la HAPA tout ce que ce pays compte de peshmergas et d’amateurs jusqu’à ridiculiser la presse car aujourd’hui personne ne peut dire «  j’ai lu ça ici donc c’est vrai ». Pire, internet qui devait être le terrain de la vérité est devenu le terrain du mensonge et de la propagande à telle enseigne que le vrai et le faux se mélangent sans que les lecteurs ne puissent faire le tri, persuadés désormais que internet n’est pas sérieux. 

Comble du comble, les marionnettistes du pouvoir font désormais dans le trafic d’enfants qu’ils appellent la relève médiatique et ils les envoient insulter leurs ennemis en les aidant à écrire et à se renseigner exactement comme dans les guerres armées, on donne des kalach à des gosses. Au niveau des hommes d’affaires, c’est pareil, le pouvoir a voulu fabriquer ses nouveaux hommes d’affaires sortis de nulle part et gavés comme des oies. C’est la relève des hommes d’affaires exactement comme le pouvoir a voulu créer la renouvellement de la classe politique toujours selon le procédé militaire qui consiste à prendre des soldats du rang et en faire des gradés promus à être des généraux en brûlant toutes les étapes et en étant entièrement sous tutelle militaire qui leur donne les moyens d’exister, de nuire et de prospérer. 

Medias, affaires, politique, c’est l’heure du renouvellement forcé, non pas en laissant la place aux bonnes graines mais en choisissant les plus dociles pour servir le pouvoir à tous les niveaux. Ne reste plus qu’au niveau scolaire et là aussi les écoles militaires fleurissent. Tout est fait à tous les niveaux pour créer une monarchie militaire, les guerriers, avec leurs marabouts, les nouveaux politiques, les nouveaux hommes d’affaires, leurs griots, les nouveaux médias, leurs hratines à savoir la classe moyenne et leurs esclaves à savoir le reste des misérables.

C’est une incroyable œuvre de manipulation à tous les niveaux qui laisse hébétés ceux qui y assistent. Le changement en cours est en train de redessiner la Mauritanie à jamais, créant à tout jamais des dynasties qui seront définitivement établies dans les dix ans à venir au rythme où vont les choses.

Demain les vieux politicards vont être obligés par l’âge à se ranger et derrière rien n’a été prévu malgré des héros encore propres dans quelques partis mais que personne ne connaît. 

Dans un régime pareil, la vraie opposition n’est pas celle de l’extérieur, elle est à l’intérieur de cette majorité qu’on appelle majorité présidentielle car ceux qui y sont n’y sont pas par amour quelconque d’Aziz ou de son prédécesseur mais ils savent qu’un système est en place, c’est le plus fort, c’est un système sans pitié même s’il est devenu civilisé aussi vaut-il mieux être de son côté que contre lui, c’est tout. Cette majorité a pu berner quelques chefs mais Aziz lui la méprise totalement car il sait qu’elle ne l’aime pas mais n’aime que celui qui la tient par quelque chose. Il gère cette majorité comme on gère des mercenaires un peu lâches qui n’ont pas le choix de toute façon que de rester là.

En face, il s’agit de quelques gens qui pour x raisons pensent encore pouvoir changer les choses par la politique ou par la rue comme des fous ayant une idée fixe ou comme des héros refusant de pactiser avec le diable tout simplement. Ceux qui encore aujourd’hui sont dans l’opposition et qui n’ont jamais flirté avec le pouvoir sont certainement les vrais héros du pays mais ils peuvent se le permettre car ils exercent souvent des professions les mettant non seulement à l’abri du besoin mais aussi à l’abri des coups durs du pouvoir qui ne va pas jusqu’à exterminer tout le monde. De là qu’il laisse cette poignée d’opposants impuissants en paix.

Autour de ce monde-là, un peuple misérable et ignorant, surveillé de très près car ne représentant finalement qu’une population très faible qui peut être maitrisée facilement par des forces de l’ordre bien équipées et qui de toute façon ne connaît que la soumission depuis la nuit des temps. De là qu’elle va voter avec plaisir car on lui demande son avis et on semble la courtiser, ce qui la fait sourire.

Voilà où Aziz va aller en campagne demain : un terrain vague peuplé de misérables pour vaincre des fantômes. 

Il va devoir combattre Bodiel, Sarr, Birame et Lalla.

A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…

« La gloire khroujou, mouhim pas de périls et beaucoup d’argent car la Mauritanie est foutue pour longtemps. Il faut penser à ceux qui vont naître demain, pour les autres il  n’y a rien à faire qu’à les occuper en les divisant. Pour l’instant pas de vagues tov… » disent-ils.

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