Aziz, l’UPR et ‘l’autre Majorité’.

C’est la confusion générale aujourd’hui. On ne sait plus vraiment qui est qui ni qui fait quoi. Le rais absent,  » pour raison de maladie « , le pays est-il encore gouverné ? Qui donne les ordres ? Le rais, depuis son lit d’hôpital – ou sa suite d’hôtel parisien, si l’on en croit les versions les plus optimistes ?


Le général Ghazouani chef d’état-major de l’armée qui devient ainsi de facto le président  » intérimaire  » non déclaré ? Et le Gouvernement (qui ne s’est pas réuni depuis trois semaines) dans tout ça ? Et le parti au pouvoir ? Et la Majorité ?

Oui, la majorité ! Sans tenir compte du discours, congénitalement critique de l’opposition, le citoyen lambda ne peut cacher sa surprise de voir disparaître de la scène politique cette majorité qui dit soutenir le président Aziz.

Qui doit le soutenir en ces moments difficiles où son pouvoir est menacé non pas par les manifestations d’une opposition radicale brandissant son  » Aziz dégage  » mais par l’incertitude qui plane sur sa capacité à récupérer son fauteuil présidentiel.

Laissant l’Union pour la République (UPR) seule face à l’adversité née de la nouvelle situation pour répondre à l’opposition, l’attitude de  » l’autre majorité  » est comme une sorte de  » sourde protestation  » contre la mise à l’écart de partis comme le PRDR, le RD, le MPR, Adil et AJD/MR qui regardaient des ministres du parti-Etat jouir des privilèges de la fonction la plus convoitée en Mauritanie alors qu’eux attendent toujours une redistribution des rôles qui n’arrive toujours pas.

Même quand tout le monde se met à évoquer l’approche des élections municipales et législatives propices au resserrement des rangs de la majorité. Même si, encore une fois, la nouvelle donne est propice à l’incertitude.

Sur la manière dont le pouvoir sera géré après  » l’incident « , et dans l’hypothèse d’un retour aux affaires du président Aziz. Ce dernier va-t-il continuer sur la démarche et le style de gouvernance, fait au pas de charge, qui ont pris au dépourvu une classe politique qui mesurait le soutien qu’elle apportait à tout pouvoir à l’aune de son adaptabilité au contexte ancien.

Oui, la  » vacance  » du pouvoir, même pour quelques semaines de  » soins complémentaires à l’étranger « , donne la mesure de cette politique qui ramène tout à la personne du Président de la République alors que, dans les faits, certains cherchent à faire revenir le Système. Cette fameuse gouvernance qui donne aux hommes politiques qui gravitent autour du pouvoir depuis trois décennies la latitude d’en profiter comme ils le faisaient sous Ould Taya.

Nouvelle  » fronde  » ?

L’incident  » présidentiel  » qui fait l’actualité aujourd’hui fera-t-il naître une  » fronde  » au sein de la Majorité contre Aziz ? Comme le refus de ce changement prôné par le rais et qui devait mettre à la touche tous les acteurs politiques de l’Ancien Régime !

Car, de plus en plus, l’on se rend compte que ce n’est pas seulement l’opposition qui est ignorée par le système né sur les décombres de celui de Taya (Sidi n’ayant pas duré au pouvoir) mais aussi cette majorité silencieuse à telle point qu’elle se confond avec l’UPR, seule formation qui semblait encore avoir du crédit auprès d’un président de la République plus que jamais sûr qu’il devrait mener son combat seul. Avec peut-être un changement radical dans la manière de voir et de faire s’il arrive à reprendre les choses en main.

Le combat qu’il doit mener, à deux ans de la fin de son quinquennat, doit être mener contre ceux que ses projets contrecarrent et qui sont probablement plus nombreux dans le camp de la majorité !

Etrangement, une fronde d’une autre facture pourrait bien justifier ce qui se passe aujourd’hui. Pour corroborer cette thèse posons-nous cette question : où se trouve la majorité ? N’existe-t-elle que quand la crise est le résultat d’une confrontation avec l’opposition ? Pourquoi ne fait-elle rien pour venir en aide à l’UPR, tentant vaille que vaille, de prouver aux mauritaniens que le pouvoir continue en l’absence même du président Aziz ?

Ne pas pouvoir répondre à cette question laisse supposer que la majorité (excepté l’UPR) agit en ce moment comme elle l’a toujours fait, étant peut être bien contente de voir le gouvernement se débattre dans les problèmes. Un gouvernement qu’elle voudrait bien voir changé mais ne pouvant en faire la requête au président (qui ne l’écoute apparemment pas), elle choisit de le laisser couler par ses propres erreurs.

Cette contradiction flagrante qui n’échappe peut être pas au président de la République lui-même, est confortée par une simple observation de cette majorité qui disparaît, comme par enchantement, à chaque fois que le pouvoir a besoin d’elle. Comme en ce moment où son  » discours  » ne porte pas très loin pour soutenir celui de l’UPR !

Source:Cridem

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