B’il a dit… : Aziz, les Maires et les réalisations

Aziz   _n_1Le président Aziz est un homme qui aime être, ou paraitre, toujours en action. Tout juste rentré de son périple à l’intérieur du pays, qui l’a conduit dans trois régions (Brakna, Trarza, Guidimagha), il est allé au palais des Congrès pour donner le coup d’envoi de la sixième édition du congrès de l’Association des maires de Mauritanie.
Une entité présidée par un proche parmi les proches : le très visible et controversé maire de Zouerate. Cet ancien officier de la Marine nationale qui ressemble, même physiquement, à Ould Abdel Aziz se définit, exactement comme son maître, en tant qu’homme du peuple qui aime les faibles et les démunis et ne supporte pas les forts et les riches.
Ceux qui le connaissent vous disent qu’il est très généreux envers ses aimés, les pauvres, mais qu’il ne rate pas d’occasion pour déclarer la guerre aux riches et hommes forts du passé. Particulièrement dans le secteur de la pêche où des armateurs bien établis ont été réduits à compter, comme on dit, les poteaux.
Personnalité haut en couleurs de la rectification, le maire de Zouerate et président de l’Association des maires de Mauritanie est pressenti par ses amis et par plusieurs observateurs de la politique nationale comme probable dauphin du président Aziz déjà hanté par la perspective de quitter le gouvernail au terme de son second mandat qui n’expire pourtant qu’en 2019.
Sur ce point, Aziz hésite encore. Il ne sait pas s’il faut, comme le réclament les laudateurs, chercher à rester, d’une manière ou une autre, aux commandes du pays ou s’il faut sortir par la porte et s’infiltrer à travers la fenêtre en plaçant un fidèle qui accepte d’être une marionnette entre les mains de celui qui l’a, pratiquement, nommé dans cette fonction. L’heure de prendre une décision à ce sujet n’a pas encore sonné, mais cette question demeure présente dans tous les gestes et pensées du chef.
A l’ouverture du congrès des maires, cette question n’a pas été évoquée publiquement même si elle taraude tous les esprits. Le premier orateur, le président de la République, s’est contenté de dire aux maires qu’il a pu constater sur le terrain les énormes réalisations du gouvernement par rapport à l’accès des populations aux services d’eau, d’électricité, de routes… Il leur a demandé de trouver les moyens pour faire profiter le peuple de ces services.
Mais le discours du président devant les élus locaux n’a à aucun moment évoqué leur bilan, eux, à la tête de leurs mairies. Soit il a oublié d’en parler, soit, et c’est le cas le plus probable, le président estime que les maires affichent tous des bilans négatifs et qu’ils ne méritent pas d’être félicités.
D’ailleurs, l’homme de la rectification du 6 août 2008 n’accorde que très peu d’intérêt à la décentralisation dans sa vision stratégique pour gouverner le pays. L’histoire d’un ancien représentant de l’Union européenne avec Aziz est édifiante par rapport à ce qu’il pense de la décentralisation.
Dans un entretien en 2009 avec le président Mohamed Ould Abdel Aziz, un ancien ambassadeur représentant de l’Union européenne à Nouakchott cherchait d’attirer, diplomatiquement, son attention sur l’intérêt qu’accordent les bailleurs de fonds européens au renforcement de la décentralisation en Mauritanie. La réponse du président est tombée rapidement : ‘’pourquoi s’intéresser à la décentralisation alors que ce qui est central ne marche pas’’.
Face à cette réponse cinglante, le diplomate européen n’a plus pipé un mot et a tiré la conclusion que ce dossier est foutu. A-t-il changé d’appréciation ou d’idée avec le temps et la gestion des affaires publiques sur ce sujet ? Rien n’est moins sûr. Surtout que le président continue de gérer la Mauritanie à sa manière : ‘’De vive voix, en direct et à toutes les heures de la journée…’’.

B‘…

Affaires islamiques : Régime sec

Le mois béni du Ramadan est un mois qui n’est pas comme les autres dans les pays musulmans. La Mauritanie n’en fait pas exception. Bon an mal an, les gouvernements mauritaniens ont pris l’habitude de mettre en place des programmes d’aide pour soulager les plus démunis des croyants.
Parmi ses programmes, celui appelé ‘’Iftar Essaïm’’ qui consiste à distribuer dans les mosquées des denrées alimentaires comme le riz, le sucre, les dattes, le lait… Le budget alloué à cette opération du Ramadan se chiffrait, généralement, en centaines de millions d’ouguiyas.
Le ministère des Affaires islamiques aurait informé ses usagers que l’opération Ramadan n’aura pas lieu cette année. Officiellement, cet effort devrait profiter aux Adwabas, les villages d’anciens esclaves. C‘est-à-dire s’inscrire dans la lutte contre les ‘’séquelles de l’esclavage’’.
Une explication ne semble pas être convaincante dans la mesure où les coupes budgétaires ont affecté, cette année, encore l’Association des Oulémas de Mauritanie à laquelle l’Etat versait cent millions ouguiyas comme budget annuel.
Si cette décision de suppression de l’effort financier public consenti pour la rupture du Jeûne allait se confirmer, cela voudrait dire que les rumeurs qui circulent sur les difficultés budgétaires sont bien fondées. Bon Ramadan même s’il faut s’accommoder du régime sec auquel seront soumis ceux qui l’observent.

B‘…

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