B’il a dit : Grand rendez-vous… raté!

Mohed_Ould_m_azz_0_14Mardi dernier, nous étions devant le petit écran, pour suivre, avec nos yeux et nos oreilles, le président Mohamed Ould Abdel Aziz se produire devant la presse. Personne ne voulait rater aucun détail, fut-il minime, de la prestation présidentielle.

Cette fois-ci, disait-on, c’est la bonne… Incorrigibles, on continuait, donc, de spéculer quant à la nature des annonces ‘’très importantes…’’, ‘’capitales’’ dans la vie de la nation, que le premier citoyen du pays s’apprêtait à révéler au public de la chaine publique. Même si celle-ci se fout, et s’est toujours foutu, de ce public en s’obstinant à lui servir –excusez le terme- que des ‘’merdes’’.

Pour le ‘’grand rendez-vous’’, les initiateurs –pour ne pas dire l’initiateur, car il y a une seule et unique personne qui initie, prend les décisions et agit sur la planète azizienne-, tout en conservant le même décor, ont décidé de changer au niveau de la forme en supprimant le journaliste de la télé publique qui distribuait la parole avec zèle et servitude à ceux qui, à son sens, devrait échoir le ‘’privilège’’ de poser des questions au chef.

Ce rôle –on est jamais mieux servi que par soi-même- est revenu à l’interviewé, le chef d’état. Un homme qui chérit l’action et, dernièrement, la parole, et tient à être au devant de la scène. Il ‘’gère le pays en direct, de vive voix et à toutes heures de la journée…’’ C’est lui l’auteur de la ‘’rectification de 2008’’ qui continue de revendiquer la prouesse d’avoir mis fin au pouvoir civil de Ould Cheikh Abdallahi. Et se croit, depuis, tout permis. Y compris de se produire publiquement sur la chaine nationale pour ne rien dire. Ou dire des ‘’demi’’ vérités ou carrément des contre vérités.

C’est l’exercice auquel s’est livré le premier citoyen, mardi dernier, au cours de son point presse. Il ainsi évoqué le fameux (vrai-faux ?) dossier de Ghanagate. Il a omis de parler de son envoyée à Accra et de son agent de Bamako. Un oubli qu’on peut justifier par le fait que le président, apparemment plus à l’aise à l’oral qu’à l’oral, ne prenait pas de notes et faisait confiance à sa mémoire, trop sélective.

Et même si on dépasse les oublis et omissions de l’affaire, notre rectificateur national semble ignorer que le passé d’un homme public, même s’il est devenu ‘’homme public’’ par accident de l’histoire, concerne les citoyens au même titre de son présent et son avenir.

En tant que tel, il n’est pas acceptable de sa part d’évacuer les dossiers avec le revers de la main et avec si peu de simplicité. Objection, Mr le rectificateur ! On vous prend au sérieux parce que vous occupez la fonction suprême dans le pays. Vous évoluez dans le ring qui n’est certainement pas le vôtre, mais vous êtes tenus de se conformer à ses règles. C’est tout.

Autre annonce donnée comme une vérité par le président rectificateur au cours de son show, et qui s’est révélé inexacte, pour ne pas dire carrément fausse : la réponse du pouvoir à la plate-forme revendicative du FNDU.

Le ministre secrétaire général a agi à posteriori pour arrondir, comme on dit, les angles. Il s’est pressé, le lendemain, à contacter le FNDU afin de leur expliquer que la réponse était en cours… Qu’est-ce qui a poussé le président, le cas échéant, à propager des contre vérités en disant que ‘’la balle est dans le camp de l’opposition’’. Difficile à en savoir…

On sait tout de même que la rectification a habitué l’opinion à de fausses annonces comme les grands projets qui n’ont pas encore vu le jour – qui ne verraient peut-être jamais le jour- et qu’on continue d’énumérer parmi les réalisations du président… Alors, attachez les ceintures, l’avion Mauritanie traverse une zone de turbulence qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

B‘…

Langue de baobab…

A l’issue de la dernière réunion du gouvernement, certains ministres se sont produits devant la presse. Une coutume démocratique banale ailleurs où les gouvernants sont contraints de rendre des comptes à leur opinion.

Là, l’appréciation ou non de l’opinion est généralement faite à partir des prestations publiques des membres du gouvernement, obligés de faire appel à tous leurs talents et à tous les arguments logiques susceptibles d’améliorer l’image de leur pouvoir. Exactement comme un produit qu’on cherche à écouler sur un marché exigeant où la concurrence est une règle absolue qui s’impose à tous.

Chez nous où tout est dévoyé et détourné, les ministres, choisis n’importe comment, donnent l’impression, juste l’impression, de faire comme les autres. Les pauvres sont souvent obligés de défendre l’indéfendable. Le moment qu’ils passent avec la presse, le jour où ils y vont, n’est autre que de la torture.

La semaine passée, la ministre des Affaires étrangères et de la coopération, l’élégante Mint Soueyn’e, était contrainte de jouer ce jeu. Elle devrait ainsi, la pauvre, presque jurer, sans preuves à l’appui, que nos relations avec l’Algérie, du reste inaltérables aux yeux ‘’fermés’’ du pouvoir, sont excellentes. Exit l’expulsion réciproque de diplomates, exit les déclarations parfois menaçantes de diplomates algériens, exit la campagne menée contre notre pays dans la presse algérienne…

A écouter l’obligée Mint Soueyn’e, les relations entre les deux pays n’ont subi aucune altération et demeurent au beau fixe. Le problème, comme disait un malade à son psychiatre, ‘’n’est pas de me convaincre que je ne suis pas un œuf, mais de convaincre l’œuf’’… Est-ce que les algériens, réputés rancuniers et diplomatiquement féroces, sont-ils prêts d’oublier l’incident sans contre partie? Et surtout sans le faire payer à ses auteurs ?

B‘…

Source: RMI Biladi

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