B’il a dit : L’Adieu de Ould Tah

Sidi Ould TahAu moment où le citoyen tire le diable par la queue pour joindre les deux bouts, voici le ministre du développement économique, Sidi Ould Tah, qui sort de ses tiroirs une étude qui, selon lui, atteste le recul de la pauvreté dans notre pays. Etranges conclusions quand on sait que les mendiants pullulent dans les rues de Nouakchott et voient leur nombre augmenter jour après jour.
Que le nombre de jeunes gens sans emploi croit jour après jour. Que les commerçants passent le clair de leur temps à scruter l’horizon en quête de clients qui n’arrivent pas. Que les importations ont enregistré une baisse drastique au niveau du port de Nouakchott. Que le secteur des mines connait une déprime sans précédent illustrée par une chute spectaculaire des cours du fer et de l’or.
Que des centaines de travailleurs de la mer sont réduits tout simplement au chômage après le non renouvellement de l’accord de pêche Mauritanie/Union européenne… Comment après tout cela peut-on dire que la pauvreté a reculé dans le pays ? Comment peut-on donner du crédit à cette étude qui sonne comme une volonté de donner l’impression de finir sa mission en beauté ?
Ce n’est pas, en effet, la première fois qu’on nous brandit, chiffres à l’appui, de grandes performances de l’économie mauritanienne. Chaque année, le gouvernement annonce un taux de croissance nationale qui ne cesse de grimper sans pour autant avoir d’incident sur le quotidien du citoyen. Où va le fruit de la croissance supposée ? Pas quand même dans le panier de la ménagère toujours moins garni que par le passé.
Demandez à n’importe qui dans la rue, il vous dira qu’il n’a jamais connu de conditions plus difficiles que celles que le pays a connues pendant le règne du président des pauvres et rectificateur en chef de la Mauritanie ‘’nouvelle’’. Celle qui fait plus de bruits que de réalisations.
Celle qui ne profite qu’à une petite poignée de privilégiés sortis de l’anonymat par un pouvoir sans vergogne et sans scrupule qui déclare haut et fort sa volonté de renouveler la classe d’affaires. Ce qui veut dire, comme on le voit faire, appauvrir des gens pour enrichir d’autres.
Les dégâts économiques provoqués par la rectification ne s’arrêtent pas là. Les générations futures n’ont pas été épargnées. Elles auront à payer une dette colossale qui a été multiplié par deux au cours des dernières années. Celles du pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz.
On parle aujourd’hui de plus de quatre milliards de dollars de dette consentie essentiellement auprès de créanciers privés exigeants. D’ailleurs le délai de grâce est arrivé à terme et le pays doit commencer à honorer ses engagements. Un fardeau supplémentaire qui ne doit pas contribuer à améliorer les conditions de vie du citoyen. Alors, attachez les ceintures, nous traversons une zone de forte turbulence…

B‘…

Officiellement, pas de pollution

Le ministre des pêches est catégorique, comme il l’a toujours été. Selon lui, il n’y a pas de pollution dans nos eaux territoriales. Des tortues de mer, des dauphins et des espèces de poisson ont échoué sur le littoral sur un espace de 200 kilomètres situé entre Nouakchott et Ndiago au sud.
Des falques de gasoil étaient répandues tout au long de cette zone. En dépit de tout cela, le ministre des pêches demeure intraitable : il n’y a pas de pollution et il n’y a aucun risque qui pèse sur notre mer… Peut-on donner du crédit à ces déclarations du ministre dont les services n’ont même pas encore pu déterminer l’origine de ce qui s’est abattu sur une partie de nos eaux territoriales ?
La logique pousse sincèrement à douter des capacités du pays à cerner les différentes facettes d’un dossier qu’il ne maitrise pas du tout. Il n’a ni les moyens techniques ni logistiques ni scientifiques pour émettre des conclusions fiables sur une situation qui parait vraiment le dépasser.
D’ailleurs le ministre n’est pas à sa première approximation. On se rappelle tous de son fameux communiqué rassurant qui excluait tout risque de contamination des eaux territoriales après le naufrage d’un géant bateau de pêche aux larges des Iles Canaries. Pourtant l’hypothèse la plus possible est que les flaques de gasoil qui ont envahi une partie de nos côtes parviendraient bien de ce bateau…
Alors comment peut-on accorder du crédit aux affirmations d’un ministre dont les services n’ont même pas été capables de nous alerter sur la pollution avant qu’elle atteigne nos côtes et qu’elle provoque les dégâts incalculables au niveau de la faune et de la flore marines ? Que Dieu nous protège…

Source : RMI Biladi (Mauritanie)

 

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