B’il a dit…Trafiquer la bonne influence ou croupir en prison…

 

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Trafiquer la bonne influence ou croupir en prison…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Hbib Ould Ahmed Salem Ould Sidi a été arrêté dans le cadre de ce qu’on appelle aujourd’hui l’affaire du stade de Nouadhibou. Sans revenir sur les tenants et les aboutissants de cette affaire, on s’en tient au chef d’accusation retenu contre lui : Trafic d’influence.

Trafiquer l’influence. L’influence qu’on reproche à Ould Ahmed Salem Ould Sidi d’avoir trafiquée est, bien entendu, celle de son épouse, ministre de la culture des sports et de la jeunesse.

L’affaire a été portée, ou rapportée, plutôt, dit-on, au premier enregistreur de la République, et a lui-même donné instruction de mettre tout le monde sous les verrous.

Pour Mohamed Ould Abdel Aziz l’affaire aurait été tout simplement insupportable. Par ce qu’il s’agirait du trafic de la petite influence. De l’insignifiance du trafic. De l’insignifiance de l’influence. Et qu’elle serait – trafiquer une petite influence- passible de la peine la plus lourde. Sacrilège et blasphème de la vertueuse action de trafiquer, en se livrant à des petits trafics. C’est-à-dire trafiquer des influences sans influences.

De l’espèce, la plus dérisoire, la plus vaine. A savoir l’espèce ministérielle. C’est un négoce plombé, voué à la faillite certaine. Il y a par contre une influence trafiquable. Celle du premier citoyen du pays. Celle de son entourage le plus intime, forcément. Tout autre commerce d’influence conduit à la prison. A la misère des geôles et la déchéance.

C’est comme si on place sur le marché un produit de mauvaise facture, traficotée, en plus nocif et nuisible à la santé publique. Et un président soucieux de l’hygiène publique de ses compatriotes n’ira jamais les abandonner à la nuisance de la petite influence. C’est comme s’il leur suggère une influence saine, porteuse et bénéfique.

Un peu le genre du commerce de la bonne influence, qui d’un statut d’un vendeur de frigos d’occasion, fait monter son entrepreneur dans les hautes sphères des affaires. D’un régime frigorifié, on passe à un plus vivifié. Le régime bancaire, minier et des tas d’autres régimes, gagnés, exceptionnellement, tous, grâce au commerce de l’influence de première facture.

Aucune justice de la Mauritanie Nouvelle n’ose arrêter Feil Ould Lehah, pour trafic d’influence. Puisque c’est un peu une manière de mettre en cause la supériorité qualitative de la gamme d’influence qu’il commercialise. Et, c’est -c’est évident – une profanation.

Les blessures du blé…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Lors du dernier conseil des ministres, le président de la République, est revenu à ses anciennes ires. La victime n’est autre que le ministre du développement rural. Le président venait tout juste d’achever une visite au Trarza, où la naguère généreuse chemama était une étape importante. Là-bas, le président a entendu des choses et des choses. Qui ne font pas vraiment gloire, ni honneur à l’action du département en charge du monde rural et de l’agriculture.

Au cours de la réunion hebdomadaire, Brahim Ould Mbareck allait lever son petit doigt pour prononcer à peine un demi-mot. Il sera interrompu par le courroucé de président, qui lui aurait dit : ‘’ Tais-toi, je suis au courant de toutes tes escroqueries.’’ Bien entendu que la polémique n’aura pas lieu. Non seulement le ministre va se taire, mais tous les autres ministres vont plonger dans un silence éternel.

Brahim Ould Mbareck allait se résoudre tout de même à agir. Il vient chez le directeur de cabinet du président, Isselkou Ould Izid Bih, pour pleurnicher, verser quelques larmes, dans l’espoir d’un apaisement de la tempête présidentielle. ‘’ Je me suis investi corps et âme au sein de ce ministère. J’ai fait le blé.

Tous les blés. Le riz, qui rit et qui fait rire des âmes bien austères. J’ai octroyé marchés en me protégeant solidement par la très bonne et première influence de la République. J’ai acheté les engrais aux prix forts, en doublant la mise, à chaque fois, que l’influence était de notoriété première.

J’ai acheté le ‘’Rakel’ aliment de bétail, qui a anéanti des milliers de têtes de bétail, parce que le fournisseur a usé du bon trafic d’influence. Et moi, je sais respecter, et vénérer même la bonne influence et son trafic. Le directeur de cabinet écoutait, enregistrait les lamentations du ministre. Et l’envoie d’un revers de) la main paître dans des espaces peut-être moins généreux que la vallée du fleuve.

Le collier du dircab…

B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Isselkou Ould Izid Bih n’en a cure. Lui, il lorgne du côté de la primature. L’évanescent de premier ministre, qui occupe le poste ne tient pas vraiment la demeure. C’est peut-être la déduction, qu’il s’est fait à la suite de ses rencontres quotidiennes avec le président, dont il dirige le cabinet.

Sans doute, il entend, chaque jour, le président sortir vannes et avanies à l’adresse, ou maladresse du PM. Ould Izid Bih prendrait ses sorties pour argent comptant. Comptant pour lui. Et des misères et une décente aux enfers inéluctables pour Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf. C’est pourquoi, Ould Izid Bih s’essaie à jouer dans toutes les cours. Toutes les arènes.

Et s’emploie à se donner un rôle déterminant dans les nouvelles alliances, qui débarquent chez Aziz. Il a connu plusieurs ratages dans ses intermédiations politiques. Un peu de parti-pris. Un peu de zèle. Et, les aspirants à la majorité reculent à mille lieues.

On essaie, au niveau de la présidence, de confier une partie de son boulot à des conseillers moins prétentieux, moins ambitieux et moins belliqueux. Plusieurs négociations avec des jeunes, des redoutables – n’exagérons rien- opposants dans l’hier récent à Ould Abdel Aziz se font désormais par le truchement de quelque conseiller plus discret. C’est pourquoi, Ould Izid Bih se reconvertit dorénavant dans la politique locale.

Et concocte une liste, une motion de soutien pour Mohamed Ould Abdel Aziz et son action. Déjà, une liste de plus deux cents personnes est mise en ligne depuis quelques jours sur des sites d’information inféodés au directeur de cabinet du président.

En tête de liste, le frangin d’Isselkou Ould Izid Bih. Peut-être bien que le ministre du développement rural n’est pas au courant des petits soucis de l’homme auprès duquel il a pleuré son sort. Le fameux et légendaire ‘’Samba’’ ! Celui-là ! S’il avait un chaînon, il l’aurait enfilé dans un collier et l’aurait pendu dans son cou.’’

B‘…

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