Bilan du gouvernement: Le premier ministre jouera-t-il son avenir ce jour là?

Bilan du gouvernementDans deux jours , le chef du gouvernement s’adressera aux élus de la nation pour, à la fois, défendre le bilan de l’action du gouvernement et exposer sa déclaration de politique générale pour l’exercice 2016.
Le gouvernement deYahya Ould Hademinejouera-t-il son avenir ce jour ? La présentation Du bilan du gouvernement se tiendra mardi prochain à l’assemblée. Ce sera le chef du gouvernement en personne qui se collera à la tâche pour présenter, et surtout défendre les réalisations de chaque ministre durant l’exercice écoulé.
Le Nouvel an qui est traditionnellement la période du remaniement, l’exercice ressemblera inévitablement à un examen de passage, qui pourrait être déterminant pour une éventuelle reconduction de chaque ministre, voire du locataire-même de la primature.
Deux ans se sont déjà écoulés depuis que le gouvernement Hademine , dans ses deux versions, a succédé à celui de Moulaye Ould Mohaled laghdaf.
Que s’est-il passé depuis, sur le strict plan économique ? Sans vouloir dresser un bilan de son action, peut-être est-ce le moment, à ce stade , de marquer une halte, de scruter le travail accompli ou non accompli, de pointer les réussites comme les échecs.
Arrivé avec, dans ses bagages, de fortes ambitions, comme tous les gouvernements qui s’installent, celui de M. Yahya Hademine a dû, deux ans après, se rendre compte que la réalité est beaucoup plus complexe qu’on ne pouvait l’imaginer avant de mettre la main dans le cambouis. Il n’est pas le premier à faire cette «découverte», il ne sera sans doute pas le dernier.
Ainsi de la croissance par exemple : l’objectif fixé dans la Déclaration gouvernementale de janvier 2015 était de réaliser un taux moyen de progression du PIB de 5% .
On en est loin pour le moment. La croissance ne fut pas au rendez-vous, et les créations d’emplois à leur plus bas en 2014 et 2015 et les difficultés financières que connaissent certaines entreprises publiques sont sources de stress budgétaires aux conséquences lourdes sur le plan social. . les finances internes et externes tardent à se redresser.
Indicateurs en berne
Les chiffres qui circulent sur l’économie traduisent une réalité difficile. Depuis la contraction des cours dans le secteur minier, les indicateurs économiques et sociaux n’arrivent pas à décoller et à retrouver, au moins, ceux de l’année de référence, 2014: croissance faible, chômage en augmentation et une inflation toujours galopante.
Les dernières données de conjoncture publiées à la mi-septembre, sont sans appel : un taux de croissance en berne de 2%, un taux de chômage de 30,2% et un indice des prix à la consommation familiale en croissance de 0,8%, par rapport à juillet 2014.
Pour les experts économiques, il ne s’agit nullement d’une surprise. Au regard de la crise dans le secteur minier et le tarissement des financements extérieurs , il est tout à fait loisible que la croissance du PIB soit très faible. Certes c’est une croissance molle, mais jusqu’ici, le pire a pu être évité.
Cependant, les indicateurs de l’ensemble des secteurs d’activité économique, sont dans le rouge, à l’exception de l’agriculture et de la pêche, qui a enregistré une croissance de 6%. Par contre, le secteur des industries a connu une régression tout comme celui des services qui a baissé de 5,5%.
La loi de Finances 2016 a prévu pour l’année une croissance de 3%, un objectif réaliste, mais qui ne permet guère de desserrer les nombreuses contraintes économiques et sociales, mais sa réalisation exige, au préalable, une stabilisation de la situation sociale et une reprise de l’activité économique. Un objectif qui ne semble pas à portée de main.
Les économistes observent à cet égard un optimisme mesuré, du fait du risque d’aggravation des facteurs négatifs au cours de l’année en cours..

Croissance molle et chômage en augmentation
Il faut noter que le pays aura besoin d’un taux de croissance d’au moins 7%, pour pouvoir atteindre, ne serait-ce que partiellement, certains objectifs prioritaires et atténuer le problème du chômage et impulser le développement régional.
Cet objectif est aujourd’hui hors d’atteinte dans la mesure où il faudrait restaurer la confiance des opérateurs économiques, parvenir à une paix sociale et remettre les secteurs économiques, qui ont le plus souffert ces dernières années, sur la bonne orbite.
Il va sans dire qu’une croissance molle aura des répercussions néfastes sur la reprise de l’activité, sur la relance de l’investissement et sur l’emploi. En effet, La classe politique, supposée trouver des solutions, n’a fait jusqu’ici que précipiter le pays dans la tourmente par mauvais calculs politiques et une incapacité totale à chercher les voies qui permettent au pays de faire les meilleurs arbitrages entre les exigences de la construction de la démocratie et les impératifs de la préservation des intérêts du pays. .
Si le gouvernement semble encore ménagé, malgré une performance contestable, l’évolution de la conjoncture politique pourrait bouleverser cette quiétude. Aussi ; Le Président en décorant le 28 Novembre dernier ; un seul ministre du gouvernement en place ; a désavoué le reste de l’équipe.

Source : Rimeco

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