Birame est dépassé : le Dr Saad Ould Louleid remportera la mise au nez de Messoud et consorts…

HARTANI-saad sur biramNous assistons là à une prise de pouvoir en règle comme on le voit souvent partout dans le monde quand une révolution s’annonce ou se déclare : toujours un troisième larron sort au bon moment poussé par le destin, son mérite personnel et son opportunisme pour remporter la mise. Deux exemples tout simples : en France lors de la révolution de 1789 en gros,  on assista à un soulèvement des gueux contre l’aristocratie ce qui fit le lit d’un empereur nommé Napoléon mais surtout s’installera jusqu’aujourd’hui un troisième larron qui prospérait entre les gueux et l’aristocratie à savoir le système bourgeois définitivement en place sur les cendres de l’aristocratie.
Sans aller plus loin, juste à côté, les révolutions arabes d’abord laïques contre les tyrans ont profité ensuite à des mouvements islamistes mieux organisés pour finir en Egypte par exemple par être écrasés par la loi du plus fort avec l’avènement du radical et implacable général Al-Sissi.
En Mauritanie, il se passe des choses mais qu’on ne se trompe pas, le système militaro-tribalo-ethnique qui tient ce pays ne dort pas et il a des longueurs d’avance en terme de génie politique et son lot de manipulations cyniques. En face pour le faire fléchir ou le renverser, rien de sérieux jusque-là. Toute opposition sérieuse a été domptée ou neutralisée avec la force brutale à une époque qui céda la place aujourd’hui à la force politique, économique aux mains du pouvoir militaire civilisé et ses ramifications civiles dont les avantages grattés profitent de près ou de loin à la majorité des têtes pensantes de ce pays quelles qu’en soient les origines ou la race, le tout au milieu d’une misère généralisée et une atmosphère politique, économique, raciale étouffante qui ne promet aucune marche décisive vers un progrès quelconque sinon l’éternelle mutation du statu quo archaïque vecteur d’un gâchis permanent d’énergie et de talent au seul profit d’une coutume généralisée du mensonge politique, de la captation pour une minorité avec quelques miettes pour ceux qui végètent à sa périphérie et la misère pour le reste de la population condamnée à l’ignorance, au fanatisme et toujours sujette à toutes les manipulations de l’élite pour en diviser éternellement les forces dans des tensions raciales et autres nationalistes sans tête ni queue sinon celles des marionnettistes premiers responsables de leurs conditions de vie précaires.
Ainsi, après le problème négro-mauritanien réglé par la force et réduit à néant depuis, il suffit pour s’en convaincre de voir le triste sort des flamistes qui sont rentrés au pays avec à leur tête monsieur Samba Thiam qui n’arrive pas malgré son discours conciliant à recevoir un récépissé pour son parti les FPC ( dans sa descente au royaume de l’humiliation, le voilà qui dit qu’il est d’accord pour participer au dialogue alors que le pouvoir ne le reconnaît pas ), après le problème des forces  civiles progressistes multi-culturelles que sont  quasiment tous les partis traditionnels des plus anciens aux plus récents anesthésiés et ridiculisés à force de les  avoir vidés de leurs cadres qui ont rejoint le pouvoir définitivement ou font régulièrement la navette entre le pouvoir et l’opposition au gré de la crise économique dans leurs poches jusqu’au FNDD en passant par le FNDU qui rassemble quelques milliers de sympathisants à eux tous, voilà le problème hratine en passe d’être réglé et ce n’est pas plus mal.
Ainsi, on pourra dire ce que l’on veut de Birame et de l’IRA, reste que c’est lui avec son discours radical, ses opérations spectaculaires, qui a réveillé le problème H depuis longtemps endormi dans les mains et postes juteux de l’illustre Messoud. Petit à petit à force de discours radicaux, de prix à l’étranger, de postures sans concessions, de séjours en prison, Birame et les siens méprisés jusque-là par le pouvoir ont réussi un coup de force sans précédent à savoir faire de leur lutte contre l’esclavage l’un des soucis majeurs du pouvoir indexé de partout dans le monde pendant que ce discours et cette posture radicale distillaient dans le monde hratine qu’un Mandela s’est levé, incorruptible et courageux.
C’est ensuite que les choses se sont gâtées pour Birame. Malgré de nombreux conseils venus de partout de la part de maures et de hratines lui demandant de quitter ce discours radical et souvent mensonger à propos de l’apartheid et de l’esclavage en Mauritanie pour prendre la voie d’un discours rassembleur pour la cause des hratines frères des maures, Birame a persisté dans cette voie de la déchirure jusqu’à ce jour.
Pourquoi a-t-il fait cette erreur qui sera mortelle pour sa trajectoire politique, lui réservant certainement pour l’avenir un rôle mineur à l’intérieur du pays s’il ne change pas de dynamique et de rhétorique… C’est difficile à cerner quand on ne connaît pas l’homme. Ce qui est sûr c’est qu’il a peut-être été emporté par son premier élan celui de ne parler que de l’esclavage en Mauritanie conforté par des rapports d’organismes internationaux notamment celui de la Walk Free Fondation qui donna à la Mauritanie le premier rang mondial en pourcentage d’esclaves sur son territoire.
Ensuite Birame aveuglément soutenu par l’ambassade des USA en Mauritanie, certainement désinformée par des sources internes peut-être des agents mauritaniens militants contre la domination maure, Birame n’a pas pu aller contreun rapport radical du département d’état à propos de la situation des droits de l’homme en Mauritanie où ce sont toujours les arabo-berbères les premiers indexés alors que le monde négro-mauritanien fut tout aussi raciste et esclavagiste.
D’ailleurs, à ce jour  en Mauritanie francophone, nous sommes les seuls à avoir parlé du dernier rapport de Global Slavery daté du 31 Mai 2016 qui ne parle pas comme Birame et ses soutiens de 20% victimes de l’esclavage moderne mais de 1% soit 43000. Plaçant d’ailleurs la Mauritanie au 7 rang derrière le Soudan, le Qatar, l’inde etc.
http://www.chezvlane.com/2016/06/desintox-le-dernier-rapport-de-global.html
Toujours est-il que Birame a insisté sur cette voie injustifiable du discours à propos d’esclaves pieds et mains liés introuvables avant d’opter pour le discours à propos d’esclavage domestique en indexant toujours les arabo-berbères et en préservant les négro-mauritaniens pourtant la littérature scientifique pour l’instruire est gratuite et disponible d’un clic…
Le rapport d’Alston dont une phrase inventée de toute pièce a servi à la propagande d’état pour dire que de l’étranger on cherche à déstabiliser la Mauritanie en se servant des hratines notamment bien entendu du nouveau Mandela alors en prison. Il a fallu agir pour trouver une issue à cette tension raciale qui n’a jamais atteint un tel seuil entre maures et hratines dans les médias jusqu’au citoyen lambda car l’opposition radicale se sert de ce sujet comme de tout bois pour embêter un pouvoir méprisant, arrogant, roublard et cynique.

Dans un autre pays, au Tchad par exemple, ou en Egypte, certainement au Maroc de  Ben Barka, en Algérie, en Libye et partout dans le monde arabe, Birame aurait été liquidé dans l’œuf d’une façon ou d’une autre depuis longtemps car un accident est si vite arrivé ou brisé en prison à force de maltraitances psychologiques qui peuvent ne laisser aucune trace physique mais verser le sang ou créer des martyrs n’est pas dans la politique de cette nouvelle génération de militaires coutumiers des coups d’états sans victimes et des condamnations à mort sans suite.

On pourra penser ce que l’on veut de cette génération de militaires fruit du HCE, elle aura au moins su tirer jusque-là profit de la liberté d’expression jusqu’à un certain point car son échec le plus dramatique est l’atmosphère détestable dans laquelle vivent les mauritaniens et surtout l’incapacité pour le pouvoir à déjouer le travail de sape des opposants radicaux qui ont réussi à salir l’image de la Mauritanie dans le monde croyant naïvement que cela allait pousser les occidentaux à traiter différemment avec leur meilleur allié militaire dans la région jusque-là…
Dans cette atmosphère, soudain on apprend  l’interview explosive qu’un certain Dr Saad Ould Louleid inconnu du plus grand nombre et surtout des nouvelles générations sinon comme personnage politique de second ordre depuis plus de 30 ans avec des apparitions au FNDD contre le putsch d’Aziz avant de rejoindre l’IRA de Birame pour finalement en être exclu comme un vulgaire militant alors qu’il rappelle lutter pour cette cause depuis plus de 30 ans à une époque où Birame croyait en un avenir politique chez les arabo-berbères.
On a pu voir un peu partout l’extrait de ce passage à la télé où le Dr Saad Ould Louleid accuse noms à l’appui l’IRA d’être un fonds de commerce soutenu par l’étranger pour déstabiliser le pays. Il donne les noms et la mécanique de circulation de l’argent en oubliant que ce n’est pas un crime de recevoir des fonds de l’étranger pour soutenir une cause marginalisée de partout par le pouvoir. Quelle organisation ne reçoit pas des fonds même de l’étranger, il faut demander à certains de nos frères musulmans pour ne citer qu’eux. Faut-il rappeler le nom de tous ceux qui ont fait allégeance à Kadhafi yarahmou, était-ce gratuit ?
Mais pire que tout, le Dr Saad explique que l’Ira allait racketter certains riches maures même des marabouts sous la menace de voir devant leur porte des militants les accusant d’esclavagisme. Dr Saad dit mille choses contre l’IRA, il devra certainement en répondre devant la loi car on imagine mal Birame et Brahim rester silencieux mais cela finalement n’est pas si important même si les journalistes devraient sous-titrer toute la sortie du Dr Saad pour bien comprendre comment il a réussi à renverser durablement la vapeur de son côté.
J’ai écouté entièrement cette sortie d’une 1H13min et j’imagine facilement non seulement le dégât impossible à surmonter pour l’Ira mais surtout comment ce monsieur a eu tout loisir de se présenter aux mauritaniens qui ne le connaissaient pas et cela vaut le détour…
Même on si on peut regretter souvent une façon méchante de regarder ce pauvre journaliste maure ce qui donnait une image mauvaise des hratines comme force violente, on ne peut qu’être admiratif du sens politique et de la rhétoriquede ce monsieur qu’on aimerait bien entendre face à Birame ou d’autres gens de sa génération qui le connaissent bien afin de savoir définitivement à quoi s’en tenir.
En attendant il a tiré tous les profits de l’atmosphère actuelle et il va cueillir le fruit mûri par Birame et abandonné par la classe politique traditionnelle qui n’a jamais voulu faire du problème H un sujet à part de tous les problèmes des mauritaniens. Une erreur terrible car l’opposition traditionnelle dont les partis sont quasiment tous tenus par des zouayas comme le faisait remarquer Bodiel l’autre jour, cette opposition a perdu la dernière arme contre le pouvoir : l’arme H !
Une arme que Birame va perdre à cause d’erreurs de jeunesse politique et d’occidentalisation à outrance de sa lutte en oubliant que pour rassembler les hratines pauvres, sous-éduqués et pour ne pas se mettre à dos l’élite H intégrée et leurs descendants, il ne faut pas couper les hratines de leurs fantasmes à propos d’identité arabo car ce serait alors les renvoyer brutalement à des racines négro-mauritaniennes. Un choc culturel psychologique où l’égo n’y survivrait pas.
Ainsi Messoud qui connaît la boutique l’a encore redit l’autre jour : « je ne suis pas beïdane car je ne suis pas blanc, je suis hartani mais je suis arabe ! Les hratines sont des arabes ! Nous sommes arabes par notre langue, par notre culture, nous habitons sous la tente, nous montons à  chameaux etc ». Ce discours est ce qui permet à beaucoup d’arabo-berbères de se rattacher à la grande civilisation arabe qui a cessé de briller depuis le 12ème siècle mais c’est toujours mieux que rien surtout que les arabes ont achevé d’apporter l’islam. Se déclarer autre chose que des arabes ce serait se dire berbères ou négro-mauritaniens lambda sans origine précise. C’est là un redoutable effort individuel qui ne peut libérer que les esprits d’une certaine trempe, ce qui ne peut être demandé à tout le monde. 
 
D’ailleurs chacun n’a qu’à décider d’être ce qu’il veut vu qu’en Mauritanie on laisse chacun croire ce qu’il veut surtout en terme d’origine. C’est là l’humour cynique des sachants qui ne partagent pas ces choses sensibles surtout qu’un sachant n’est pas l’abri lui-même d’être chassé sur ses terres-là…
Dr Saad Ould Louleid est un nationaliste de cette arabité, un peu islamiste sur les bords, parlant parfaitement l’arabe, citant à tout bout de champ des versets ou des hadiths et surtout accusant l’IRA d’être noyautée par des Kwars ( négro-mauritaniens ). Voilà bien un discours qui marque des points chez la société maure sur la défensive là où Birame ne parle que de s’en éloigner, s’éloigner de l’arabité errante, s’éloigner des arabo-berbères.
Quiconque maure ou hratani a entendu ce discours ne peut qu’être émerveillé par l’aplomb, la maîtrise de la rhétorique car il faut croire que ce monsieur est sincère. Je n’en sais rien ne le connaissant pas mais il dit certaines choses auxquelles j’adhère à savoir la nécessité vitale pour tous les mauritaniens, toutes les forces vives, les militaires en premier, de cesser les jeux politiques contre ce pauvre peuple, jeu où toutes les trahisons sont permises, tous les nomadismes.
Le Dr Saad dit clairement que Tawassoul a refusé de parrainer la candidature de l’IRA aux présidentielles et qu’il a fallu que cela vienne de l’UPR via le nouveau ministre des affaires étrangères en personne, ainsi que du parti de Mint Mouknass et d’autres de la majorité.

Dr Saad Ould Louleid semble prendre sa revanche sur le destin qui lui a toujours réservé un second rôle. Le pouvoir, les maures et même les hratines éduqués devront choisir face  à la tension H populaire qui avoir comme interlocuteur surtout face à Birame. Messoud est à l’âge de la retraite et sa trajectoire politique en berne s’achève au conseil économique et social qui coûte pour rien à l’Etat 340 millions par an.Boubacar Messoud a été placardisé dans le nouveau mécanisme de lutte contre la torture. 

Que reste-t-il ?
Il reste Brahim Ould Bilal Ramdane, vive-président de l’Ira,  je ne l’ai jamais entendu tenir des discours radicaux mais son silence derrière Birame vaut consentement pourtant quelque chose chez lui me le rend sympathique, une intuition peut-être une erreur.
En attendant quelqu’un d’autre, Dr Saad Ould Louleid semble l’unique candidat acceptable par la société maure et les hratines se réclamant de l’arabité et de la fraternité maures/hratines  déterminée à ne jamais faire le jeu des négro-mauritaniens contre ce qui les unit. L’homme semble un mélange de Messoud des origines, du meilleur de Birame et du sage Bodiel à propos de ces histoires avec une différence d’époque car aujourd’hui quelques nominations symboliques ici et là ne peuvent plus faire taire une communauté, il faut aller de l’avant sans jouer au plus fin dans la fraternité avec un souci de justice or à ce chapitre les faits restent têtus. Il suffit de lire les chiffres du manifeste du hartani marginalisé pour comprendre que la fraternité a besoin de preuves en matière de représentativité or elles se font attendre….
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