Birame et codétenus de la prison d’Aleg : Isolement total

Birame Dah Abeid et Brahim Bilal,Lauthentic : Birame Dah Abeid et Brahim Bilal, président et vice-président d’IRA ainsi que leur compagnon d’infortune, Djiby Sow, président de Kawtal, sont des prisonniers en régime préventif, selon leurs avocats. Ils seraient encore innocents, jusqu’à ce que leur sort soit définitivement scellé. Le constat fait par certains observateurs est que les autorités judiciaires semblent d’ores et déjà avoir scellé leur sort et les traiteraient comme des criminels. « Le délit d’opinion, si délit il y a, serait-il plus grave aux yeux des autorités pénitentiaires mauritaniennes que le crime terroriste ou l’assassinat crapuleux, dont les auteurs jouissent de plus de confort », se demandent leurs partisans ?

Jugés au cours d’un procès, qualifié par certains observateurs de parodie de justice, et par les avocats, de règlement de compte politico-judiciaire, Birame Dah Abeid, Brahim Ould Bilal, ainsi que Djiby Sow ont été transférés à la prison d’Aleg. C’était le 15 janvier 2015, date à laquelle le verdict les condamnant à 2 ans de prison fermes a été rendu à Rosso. Leur transfert a été d’ailleurs qualifié d’illégal par leur défense, lors d’une conférence de presse, car leur nouveau lieu de détention serait situé hors de la juridiction de leurs juges naturels.

Après plus d’une semaine d’incarcération, leurs avocats ont été enfin autorisés à leur rendre visite. La rencontre a eu lieu vendredi 23 janvier dernier. L’occasion pour Me Ahmed Ould Ely, Me Ould MBareck et Me Zekaria, de rencontrer leurs clients. Les prévenus ont déclaré être incarcérés dans des conditions inhumaines, cloîtrés dans des cellules individuelles et sans autorisation de promenade. Dans un isolement total, chacun des prévenus serait surveillé par un garde en faction devant sa cellule, « comme s’il s’agissait de dangereux criminels » commentent leurs partisans. Ces derniers trouvent que le régime carcéral qui leur est imposé est digne des goulags. Il ne serait même pas appliqué aux Salafistes auteurs d’actions terroristes sanglantes en Mauritanie, « ni aux violeurs assassins de Penda Sogué et de la petite Zeynab », selon leurs appréciations. Sur le récit de leur aventure, entre Rosso et Aleg, les prévenus ont raconté avoir voyagé séparément, chacun dans un véhicule, encadré par deux gardes, deux menottes aux poignets et une autre paire de menottes les liant à la voiture. Privé de tout accès aux soins, l’état de santé fragile de Birame, habitué à un régime familial, se serait détérioré, selon les informations rapportées par des sources de presse.

Pire serait encore les conditions dans lesquelles les prévenus ont été autorisés à communiquer avec leurs épouses, les seules, hormis les avocats, à avoir pu les rencontrer jusque-là. La première fois où l’occasion lui a été offerte de rencontrer Birame, son épouse Leïla Mint Ahmed aurait boudé la séance. Leurs échanges auraient eu lieu dans le bureau du régisseur, dans une salle envahie par des dizaines de gardes à l’écoute. Quant à Djiby Sow, sa conversation en Pulaar avec son épouse aurait été entièrement traduite, au fur et à mesure de leurs échanges.

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