Bissau est sous haute tension. Quelques heures après que José Mario Vaz a nommé Baciro Dja au poste de Premier ministre jeudi soir, l’armée a été déployée devant le palais présidentiel, situé à quelques mètres seulement du siège du PAIGC, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale.

BissauBissau est sous haute tension. Quelques heures après que José Mario Vaz a nommé Baciro Dja au poste de Premier ministre jeudi soir, l’armée a été déployée devant le palais présidentiel, situé à quelques mètres seulement du siège du PAIGC, le parti majoritaire à l’Assemblée nationale.

L’accès à la place centrale de la capitale a en effet été interdit par les militaires, vendredi 27 mai, selon de nombreux témoignages sur place. Objectif : empêcher les militants du PAIGC de manifester leur colère suite à la nomination controversée à la primature de Baciro Dja, qui doit être investi ce vendredi.

Le gouvernement de Correa refuse sa démission 

Une désignation « inconstitutionnelle », fait valoir le PAIGC, vainqueur des élections législatives de 2014. Selon la Constitution bissau-guinéenne, il revient en effet au parti majoritaire à l’Assemblée nationale de proposer le nom du Premier ministre. Cette décision suscite d’autant plus la colère du parti au pouvoir que la Cour suprême avait déjà déclaré inconstitutionnelle la désignation de Baciro Dja au poste de Premier ministre en août 2015.

Conséquence, l’équipe gouvernementale de Carlos Correa, renvoyée par le président le 12 mai dernier, refuse de démissionner. Tous les ministres déchus étaient ainsi réunis au palais du gouvernement vendredi après-midi, à environ 6 kilomètres du palais présidentiel. « Tous les membres du gouvernement sont présents avec des députés de PAIGC, nous sommes très nombreux », témoigne Agnelo Regala, président de l’Union pour le changement (UM) et ministre de la Communication de Carlos Correa.

Les forces de l’Ecomib déployées 

Pour assurer leur protection, des membres de la garde présidentielle et de l’Ecomib (la mission de maintien de la paix déployée par la Cédéao en Guinée-Bissau) étaient déployés devant le palais du gouvernement.

« Nous avons reçus quelques garanties de sécurité, mais on nous a aussi dit qu’on pourrait en être chassés. Tout peut arriver si le président persiste dans l’inconstitutionnalité », poursuit encore Agnelo Regala.

Claire Rainfroy

Source: Jeune Afrique

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