Bloc-notes : Renvoyer l’ambassadeur de Bachar!

La crise syrienne s’envenime. Et au-delà du martyre du peuple syrien, les forces régionales et internationales s’en mêlent selon un positionnement contributionpolitique et idéologique, voire religieux, partisan. Maintenant, la situation ne prête plus au désistement. Et un positionnement claire et sans équivoque s’impose.

Devons-nous cautionner un régime qui se permet de bombarder ses propres citoyens par les plus redoutables avions de chasse, tels les Mig et les Soukhoi? La réponse est, me semble-t-il, certainement pas. Doit-on garder une représentation diplomatique pour un régime de cet acabit? La réponse est aussi non.

L’histoire s’écrit et, comme toujours, elle sera sans pitié pour tous ceux qui, lâchement, se bouchent les oreilles pour ne pas entendre les cris et les adjuration d’un peuple supplicié. Et pour lequel on hésite pas à faire venir toutes les milices confessionnelles et obscurantistes de la région.

De ce fait, le Peuple mauritanien demande solennellement aujourd’hui au Président Aziz de mettre fin sans tarder à cette relation qui est désormais synonyme de complaisance dans l’une des plus grandes boucheries de nos temps modernes et qui nous lie encore au bourreau de Damas.

Bourreau qui, décidément, n’est rien d’autre que le chef d’une bande alaouite, haineuse et confessionnellement revancharde. J’en suis certain, cela aura pour conséquence première de rappeler au Peuple mauritanien une autre rupture, avec un autre régime assassin, qui, individuellement et collectivement, nous a tant honorés.

Voilà, en somme, une nouvelle cause commune autour de laquelle la majorité du peuple mauritanien, tous clivages politiques confondus, semble s’accorder et qui, sans aucun doute, sera porteuse dans toutes les élections futures.

Le Campement et l’Etat
Le Campement, pour nous Mauritaniens, représente le lieu mémoriel par excellence. Un lieu, certes, transhumance oblige, variant mais néanmoins bien figé dans les esprits et les cœurs. Comme une maison en pierre transportable, que nous ramènerons avec nous là où le pâturage est plus fertile et verdoyant.

Autour de ce lieu-dit, on a pensé et repensé nos conditions : humaines, économiques, sociales et même politiques. Pour les conflits, par exemple, le Campement professe les palabres et les médiations tous azimuts qui, souvent sous une redoutable contrainte morale, trouvent des solutions négociées. Ce fut ainsi, pour longtemps, du moins jusqu’à notre Indépendance et la réalisation de notre grand défi, toujours en cours, d’un Etat digne de ce nom.

Les grandes villes, ont vu donc le jour. Et sans surprise, nous avons ramené le Campement en ville, avec tout ce que cela représente en anarchie, en absence d’ordre et d’autorité et surtout en permissivité sans borne permettant à certains de compter sur les Médiations pour s’en sortir sans expiation de leurs moult méfaits.

Seulement, l’État moderne est un autre campement, différent du notre. Avec ses moyens, ses règles et ses notables. Et à chaque fois que l’on fait appel aux méthodes de l’ancien Campement, nous affaiblissons l’État en l’opposant à son éternel rival qui sommeille dans chacun de nous. C’est-là, en somme, le redoutable défi que l’État devait affronter. Passer, sans regret, de la culture du Campement à celle de l’État.

Cide

Source : cide

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